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Ginkgo avec Charlène et Raphaël, une table et maison d’hôtes qui revient à l’essentiel

GinkgoUne chambre d’hôtes, un potager, une table à Marseille… « Nous avons voulu un lieu de vie qui prône les valeurs d’un changement qu’on veut voir dans le monde ». Charlène et Raphaël, frère et soeur, ouvrent le portail de cette maison de famille et haussent le ton pour se faire entendre tant le chant des cigales est assourdissant. Tout au bout du chemin, les tables sont dressées sous la tonnelle : « Ici, on montre que l’on peut limiter notre consommation, revenir à l’essentiel, respecter la nature et cultiver son jardin » sourit Raphaël, ancien officier de la marine marchande de 29 ans qui a suivi sa soeur dans l’aventure. Charlène, vous l’avez croisée dans l’équipe des Charlau et leur table éphémère puis en cuisine à la Maison Vauban durant 3 ans. « Je compose une carte qui fait du bien au corps et à l’âme, affirme-t-elle derrière son comptoir. Il y a des vibrations dans chacun de nos plats ».

Et c’est bon ? Jus de légumes, infusions froides, vins nature ou biodynamiques… Charlène assure travailler à l’extracteur. Raphaël se passionne pour les bières de la Brasserie des hautes Vallées à Saint-Paul-sur-Ubaye. Intégristes ? « Je dirai que nous sommes engagés, dit Charlène. Plus jeune, je voulais imposer mes points de vue ; maintenant, je veux faire ce qui me semble juste et tracer mon chemin ». Sur l’ardoise au déjeuner, un ceviche-melon-coriandre et granité concombre parfaitement équilibré, une foisonnante assiette de haricots-figues-poivrons marseillais et jaune d’oeuf, un sage risotto milanaise au safran et bouillon du jardin et des abricots acidulés confits-faisselle du Rove amandes et shizo-basilic et crumble gourmand. Charlène travaille ses assiettes par petites touches, à la façon d’un peintre pointilliste, avec parfois le risque de trop en dire. Mais la générosité est-elle un défaut ?
La carte ne propose pas de viande, « parce que le règne végétal est prodigue. Il y a un peu de poisson de ligne acheté auprès de pêcheurs aux pratiques raisonnées, assurent Charlène et Raphaël de concert. Mais le poisson est envisagé comme un ingrédient parmi d’autres, ce n’est pas l’élément central de nos assiettes ». Chacune des propositions de Charlène est une intention et cette jeune trentenaire confesse être « soucieuse de l’impact que leur démarche a sur les clients, quand ils comprennent ce qu’il y a en amont de nos plats, j’en ai des frissons ». Passionnée de botanique, celle qui a « du mal avec les patrons » a imaginé ce lieu pour faire découvrir des choses et c’est Raphaël qui a tout bricolé de ses mains, « aidé par des amis qui venaient nous aider au gré de leurs disponibilités » dit-il avec reconnaissance.

Tout en rendant hommage à la cousine Marion, étudiante paysagiste qui a imaginé le jardin, le frère et la soeur regardent droit devant eux : « Nous tirons de notre grand-père, médecin obstétricien qui nous a fait naître, la passion des plantes. Cette maison avec ses trois chambres concrétise la joie qu’il avait à accueillir sans cesse du monde chez lui », dit Charlène, l’oeil brillant. « J’ai quitté la marine marchande car les comportements de ce secteur ne respectaient pas le bon et le juste pour la nature » assène Raphaël sans l’once d’un regret. Avec Ginkgo, les voici en accord avec eux-mêmes.

Ginkgo-villa éthique, restaurant-chambre d’hôtes, 3, avenue Frédéric-le Play, Marseille 9e arr. Infos au 06 27 46 82 50. Déjeuner 30 € ; soirées privées à partir de 8 couverts sur devis.

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 La Bête à Bière est la micro-brasserie qu’a fondée Jean-François Marin en 2014. Cet informaticien a aménagé son garage « comme le font de nombreux Américains » et brasse quelque 1500 litres de bières par an. A découvrir dans quelques caves à vins (Sarrians et Pernes-les-Fontaines), à l’épicerie fine d’Estelle de Châteauneuf-du-Pape, ou encore dans le nouveau bar à bières du Pontet : l’Obeers. A sa carte : une blanche, une blonde et une ambrée. Infos au 06 85 49 84 07.

Vendanges 2018 : coup d’envoi varois À Château Léoube, les vendanges 2018 ont démarré ce jeudi 16 août. Depuis quelques années les vendanges sont de plus en plus précoces. L’an dernier elles avaient débuté à la même période.
“C’est assez précoce, mais ce n’est pas exceptionnel. On vendangera autour de ses dates à l’avenir » déclare Jean-Christophe Dumoulin, chef de culture. Contrairement aux années précédentes, les vignes n’ont souffert ni de la chaleur ni de la sécheresse grâce aux pluies du printemps qui ont été bénéfiques et n’ont heureusement pas non plus été touchées par le mildiou. « L’année 2018 a demandé beaucoup de vigilance pour aboutir à ce début de récolte précoce. Nous restons réactifs pour cette vendange qui devrait révéler une très belle finesse » conclut Romain Ott, directeur de production. La récolte devrait durer de 3 à 4 semaines.