
« On a vécu le métier avec passion. Depuis quelques jours, nous recevons des témoignages tellement touchants »... Le 26 janvier 2026, Frédéric Zamantian et son épouse Christiane, ont annoncé officiellement la vente et la fermeture de Nouchig. Depuis, les plus fidèles clients viennent une dernière fois dans ce qui fut, 36 années durant, le haut-lieu de la dragée et du chocolat de dégustation de qualité. Une aventure à deux, une réputation qui a largement dépassé les frontières hexagonales et un savoir-faire unique, trois atouts qui expliquent le succès et la renommée d’une si belle maison.
« Nous avons changé l’approche de la dragée en sortant des sentiers battus en proposant des emballages sur-mesure, des bijoux décoratifs, des rubans… Tout était réalisé par des artisans français qui façonnaient les pochettes, les porcelaines et les packagings selon les demandes des clients », explique Christiane Zamantian.
Au mitant des années 1980, Marseille découvre l’amande avola, du nom du village sicilien qui produit une amande délicate en goût et plate de forme. L’engouement est immense, « et puis l’industrie s’en est emparée et l’a recouverte d’une couche de sucre trop épaisse, déplore Frédéric Zamantian. Alors on s’est mis en quête d’une autre amande, produite non loin de Syracuse, afin de garantir un produit toujours aussi fin mais pas galvaudé par les industriels ». La recherche permanente du meilleur pour une clientèle pointue.
« Nouchig, ça veut dire ‘la petite amande’ en arménien »


Chaque année, Nouchig proposait deux collections, en février et en juin, « des styles, des couleurs, des thématiques, des boîtages, des accessoires », toujours pour personnaliser les chocolats et dragées. « Le marché a beaucoup évolué en 20 ans. Désormais, beaucoup de cérémonies juives sont célébrées en Israël. Chez les chrétiens, si les baptêmes et communions marchent fort, les mariages sont à la peine ».
Les chocolatiers « qui ont fait » Nouchig
Connu pour ses chocolats, Nouchig doit sa réputation à deux artisans exceptionnels. Jean-Claude Charpentier d’abord, qui, depuis 1989 à 1997, a travaillé pour les Zamantian (« c’était un créateur fou »), Fabrice Gillotte ensuite, dont Frédéric dit que « ce furent 25 ans de partenariat et de confiance magnifiques ». Les rôles étaient définis : Christiane s’occupait de la création, du choix des tissus pour pochons, aux breloques, des timbales aux rubans. Frédéric gérait les ventes, le sourcing, les relations avec les fournisseurs. « Nous partons heureux et tranquilles comme nous l’avons souhaité », dit Christiane. « Nous resterons quand même à Marseille, j’adore tellement ce centre-ville », enchaîne Frédéric.


La Baleine à Cabosse en repreneur
Qui mieux qu’un chocolatier pour succéder à un chocolatier ? Ce sont les équipes de la Baleine à Cabosse qui prendront le relais de Nouchig, « un couple à la belle éthique commerciale. C’était très important pour nous de céder les lieux à des entrepreneurs qui partagent nos valeurs ». Quant aux pièces de mobilier les plus emblématiques, signé Padovani, dans leur jus et comme neuves, certaines devraient être conservées. « On nous a aussi proposé de conserver le nom Nouchig mais ce n’est pas possible. Ce nom, nous l’emporterons avec nous, il fait partie de notre histoire ». Une histoire qui a un visage : la fille de Frédéric et Christiane s’appelle Nouchig. Héritage vivant d’un délicieux parcours professionnel.
Nouchig, 45, rue Vacon, Marseille 1er.
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