Magazine

Christophe Verdu, le culte de la discrétion

le cirqueLe Cirque compte parmi les adresses « poissonneuses » de Marseille. Bouillabaisse, loups et daurades en croûte, pêche du jour grillée… Si la réputation du restaurant n’est plus à faire, elle s’appuie essentiellement sur la carte, son propriétaire, par ailleurs chef cuisinier, cultive, lui, le sens du secret. Christophe Verdu est comme ça. Un homme qui se plaît loin des projecteurs, des récompenses et distinctions en tout genre. « Je voulais ouvrir un resto à la cuisine simple, et préserver une continuité dans la qualité de nos plats. Je ne cours pas après les étoiles, ce n’est pas dans mon cahier des charges » explique-il non sans humour.

Baroudeur dans l’âme, ce Marseillais pure souche profite du moindre temps libre pour voyager : « J’aime bourlinguer depuis tout petit, je suis ailleurs tout le temps ! » reconnaît-il. Diplômé de l’école hôtelière de Bonneveine, il a fait notamment son apprentissage dans les brigades du Sofitel aux côtés de Dominique Frérard. A 18 ans, le service militaire le contraint à mettre sa jeune carrière en pause. Il est affecté en tant que cuisinier à bord du porte-avion Clémenceau, où il travaille au mess des officiers. Après des mois passés sur les océans, l’enfant du pays, comme Marius, revient chez lui, à Marseille.

A 20 ans seulement, il ouvre un petit restaurant italien, le Piazza Mare, en plein cœur du quartier de la Joliette : « A l’époque la Joliette n’était pas du tout le quartier animé que l’on connaît maintenant. C’était un accès direct aux ports, avec une multitude de terrain vagues, d’usines et d’entrepôts. En y réfléchissant, je me dis que j’ai été un peu inconscient de monter un resto là-bas ! » dit-il en souriant. Après quatre ans d’activité, il vend l’affaire à un certain Patrick Mennucci, une figure politique bien connue des Marseillais. Pour Christophe il était temps de migrer vers d’autres contrées. Il part s’établir quelques années en Amérique du Sud : « Ces voyages m’ont énormément appris, pour chaque pays je revenais avec de nouvelles idées, de nouvelles recettes, de nouvelles saveurs » raconte-t-il. C’est le moment d’ouvrir le Cirque, il y a un peu plus de 10 ans déjà. La clé de son succès ? Des plats de qualité, qui rendent honneur aux produits. Des plats qui se suffisent à eux-mêmes comme ces spaghettis au homard : « J’essaie de bien faire ce que je fais de mieux. Des recettes simples et savoureuses ». Christophe Verdu garde toujours le même mode de vie. Travail sept jours sur sept, et puis tous les deux mois il prend le premier vol pour une nouvelle destination : « Pour réussir dans ce métier, il faut avoir un certain équilibre de vie ». mais pourquoi christophe Verdu est-il si discret, ne court jamais les mondanités ? « Vous savez dans la vie il ne sert à rien de briller, il faut durer. Telle est ma devise », jolie forme de sagesse.

Kévin Dachez

Le Cirque, 118 Quai du Port, Marseille 2e arr. ; 04 91 91 08 91.

Ajouter un commentaire…

Click here to post a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Suis-nous sur les réseaux

Vite lu

Le Portugal à Marseille. Dans le cadre de la saison croisée France-Portugal de l’Institut français, les grandes Tables ICI vous proposent de (re)découvrir la cuisine portugaise avec deux événements : le grand Marché Bacalhau! et un dîner barbecue le lendemain sur le toit perché de la Friche.
☻ Bacalhau ! Le grand Marché du Portugal adopte les couleurs du Portugal : sélection de vins et spiritueux portugais, les fameuses pasteis de nata, les céramiques typiques et produits d’épiceries fines. Les cheffes Rosario Pinheiro et Jenifer Abrantes mettent à l’honneur la morue en plusieurs déclinaisons, Romain Chartrain (de Azul concept store) proposera des grands classiques de la cuisine portugaise, et Sonia Isidro servira une assiette végétarienne.
• Lundi 4 juillet de 16h à 22 heures à la Friche Belle-de-Mai
­☻ Le lendemain, 5 juillet, participez au grand dîner-barbecue pour 450 personnes ! 80 tables partagées et une vingtaine de barbecues géants seront montés pour cette soirée sur le toit-terrasse de la Friche. Gigantesque. La carte sera élaborée par Rosario Pinheiro, Jenifer Abrantes, Sonia Isidro, Sergio Vaz, Romain Chartrain (de Azul concept store) et Julien Reynouard pour la carte des vins. Le menu sera composé d’une salada de bacalhau com grão de bico, Chips de pele de bacalhau, salada de pimento assado, Pão com chouriço, Frango Assado com piri piri, Arroz Doce, Pudim et Línguas de bacalhau.
• Réservations impératives en cliquant ici.

Du gin en Bib. Le gin de la Distillerie de Camargue, le fameux Bigourdan, est désormais disponible en bag-in-box 3 litres. Et pourquoi un Bib ? Parce que c’est pratique, plus léger, plus facile à stocker, à expédier. C’est écologique, le carton ça se recycle plus facilement que le verre. C’est économique : la preuve : 68 € le litre en bouteille et 185 € le Bib 3 litres. Enfin, protégé de la lumière et de l’oxygène il est moins soumis aux effets de l’oxydation. Et c’est pour qui ? Pour les professionnels de la restauration, du bar, de la nuit, de l’événementiel. Les mariés de l’été, les fêtards, les peinards, les fidèles, les marins à quai, les alpins au chalet, les baigneurs sur le sable.
Dégustation et vente à la Distillerie de Camargue, 12, rue Frédéric-Mistral à Arles. Infos au 06 85 03 71 05.

Street Food festival, le bilan. Le SFF a fait le plein de festivaliers, de bons produits et de bonnes ondes sur l’esplanade de la Major, le week-end des 17, 18 et 19 juin à Marseille.  25 000 personnes sont venues goûter au meilleur des spécialités locales proposées par quelque 50 issus des quatre coins du département : 32 propositions culinaires sucrées ou salées, sourcées avec soin parmi les producteurs  locaux, 8 domaines viticoles, 7 brasseurs, 2 torréfacteurs. Le chef Pierre Reboul était également présent pour un cooking-show des plus étonnants et fidèle à son image, avec une cuisine singulière, énergique et généreuse.

Mazzia au 50 Best Les organisateurs du World’s 50 best restaurants ont annoncé ce 14 juin l’entrée du chef marseillais Alexandre Mazzia dans le fameux classement des 50 Best. C’est lors d’un repas servi ches Heston Blumenthal à Londres qu’AM a reçu le One to watch award, à savoir le trophée de « l’établissement à suivre ». Ces Oscars de la gastronomie sont décernés tous les ans par la revue britannique Restaurant qui a l’humilité de récompenser les meilleures tables du monde.