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Guerre en Ukraine : à quoi ressemblera l’été sans les touristes russes

touristes russes

« Faites votre interview sur ce que vous voulez mais ne me demandez pas de parler de la Russie et des Russes… J’ai beaucoup de clients qui viennent de là-bas et je n’ai pas envie de me mettre les touristes russes à dos ». Cette réaction d’un chef, propriétaire de son restaurant à Cassis en dit long sur l’état d’esprit d’une profession qui, après les affres de la Covid, doit affronter la crise Ukrainienne. Cet été, autant être prévenus, les touristes Russes se feront rares en région Provence-Côte d’Azur. Mais est-ce si grave ?

« La clientèle des touristes russes, on l’a perdue depuis deux ans, constate François de Canson, troisième vice-président, en charge du développement économique, de l’attractivité et du tourisme à la Région Sud. Nous avons perdu 80% de la présence russe chez nous du fait du vaccin Spoutnik qui n’a pas reçu d’agrément de nos autorités médicales. Mais nous nous sommes adaptés pour palier ce manque à gagner avec une grande campagne ‘On a tous besoin du Sud’ d’un montant de 2 millions d’euros destinée à ‘parler’ aux clients français à haut pouvoir d’achat ». Une opération qui s’est ajoutée à la campagne nationale de 10 millions d’euros portée par Atout France, à laquelle s’est associée également la Région, qui avait pour objectif de séduire les Allemands, Suisses, Scandinaves et les convaincre de séjourner chez nous. « Je viens également de recevoir l’ambassadeur d’Autriche en France pour lui parler de notre destination » complète François de Canson, sur tous les fronts pour porter le secteur.
Selon tous les indicateurs, la Côte d’Azur et la Provence ont connu deux étés – 2020 et 2021 – affichant des résultats record depuis 10 ans, « preuve que nos campagnes touchent tous les publics » affirme de Canson. Les professionnels ont assuré avoir reçu +20 % de clients français et la saison a été unanimement qualifiée « d’excellente » par rapport à 2019, déjà une année référence…

La liaison Marseille-Kiev kaput
L’office de tourisme de la ville de Marseille résume la situation à une phrase : « Des Russes, on en accueille lorsqu’on a des vols directs ». Et les cadres de l’office de se rappeler qu’en 2018, un vol direct Marseille-Moscou générait un honorable trafic, « on avait même initié des actions de promotion avec le Sofitel et l’Intercontinental » précise Silvie Allemand. Le 29 avril 2022 devait être lancée la ligne directe Marseille-Kiev avec la compagnie Sky-up. Un vol le vendredi et retour le lundi pour un grand week-end à Marseille, « on avait de très bons chiffres de remplissage, se désole-t-on encore dans les bureaux de la Canebière. On avait même fait une campagne de pub dans le Vogue Ukraine »… Les équipes de Maxime Tissot et Marc Thépot le reconnaissent : des Russes sur le Vieux-Port cette année, il n’y aura pas. Rien d’alarmant puisque cette nationalité ne figurait pas dans le top 10 des visiteurs.
A un restaurateur d’Endoume à qui on demandait comment il « sentait » l’été, ce dernier résume d’un laconique : « La guerre en Ukraine risque de nous faire plus de mal que le Covid »… 

Zoom sur… les touristes Russes et la Riviera

Le marché russe est un marché historique pour la Côte d’Azur qui a explosé dès 1991 atteignant un pic en 2012, avant d’enregistrer un reflux puis un rebond en 2017. Ceci dit, la démographie faiblissante et la croissance économique atone du pays expliquent les limites de ce tourisme victime, en outre, de l’érosion de la valeur du rouble. Ce n’est un secret pour personne, 60% des séjours ont lieu dans des hôtels 5 étoiles ; on note en plus une forte croissance des résidences secondaires russes sur la Côte d’Azur. En Provence, les Russes se concentrent dans des zones haut de gamme, soit les Alpilles et le Luberon, ils séjournent dans des résidences secondaires et des hôtels ; leur durée moyenne de séjour est de 10 nuits. Chiffres Comité régional de Tourisme, région Sud.

Photo OT©OTCM

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