Carnet de cave

Le clos de l’Ours, valeur montante du vignoble provençal

clos des ours le Grand Pastis 1Il a eu plusieurs métiers et plusieurs vies, de l’édition d’un magazine gratuit voué aux sorties et spectacles jusqu’à la vente de bijoux, mais Michel Brotons a toujours cultivé une passion pour le vin et la viticulture. “Ça m’est venu lorsque j’avais 20 ans, je rêvais d’avoir des vignes. Et lorsque mon épouse a été d’accord, le moment était venu de se lancer” raconte ce vigneron, ancien habitant de Cassis et fils de poissonniers aux Pennes-Mirabeau.

“On a trouvé ce domaine dès la première visite, fin 2008. On n’a rien visité d’autre, ce site est magnifique, situé sur la commune de Cotignac dans le haut-Var et les vignes jouxtent le territoire de Carcès” raconte le vigneron pointant du doigt la ligne d’horizon. Avant de signer l’achat de cette terre, le couple demande leur avis à de nombreux experts. Le constat est unanime : un cirque de vignes entouré de bois, un riche sol argilo-calcaire, à n’en pas douter, le terrain offre un beau potentiel. Avec 13 hectares de vignes de 45 ans d’âge moyen, cultivées en bio depuis 2000, Michel Brotons confirme : “On a bien fait d’être pugnaces”. Dès son arrivée au domaine, le couple décide de laisser parler la nature : le clos de l’Ours cultivera en bio. Dans quelques mois, il passera même en biodynamie : “Je ne veux pas faire de la biodynamie comme ça, je veux apprendre, comprendre et après me lancer”, poursuit ce solide gaillard au doux accent arrondi. Il y a peu, un hectare et demi ont été rachetés pour être bientôt plantés et les enfants Brotons ont décidé de rejoindre l’aventure : “Emilie, 24 ans, et Fabien, 27 ans, ont fait tous les deux une école de commerce. Fabien vinifie seul depuis le millésime 2014 et Emilie s’occupera de la partie commerciale” détaille non sans fierté le papa.

Un clos en trois couleurs

Grâce au Bessillon voisin, le clos de l’Ours bénéficie d’un micro-climat avec une grande amplitude thermique jours/nuits qui génère des vins frais et minéraux. “Les rouges doivent accompagner la table, il vaut mieux les aérer ou les carafer” avertit Brotons. Les blancs sont la fierté du vigneron : “La clairette qui pousse chez nous, c’est un trésor. Notre assemblage à parts égales de clairette-rolle offre des blancs très tendus entre minéralité et salinité. Avec une belle longueur en bouche, ce sont des vins pour une cuisine d’influence maritime”. Dans une région où la production de rosé triomphe, elle régresse au clos de l’Ours : “En 2015, nous produisions 60% de rosé, nous passerons à 50% cette année, analyse Michel Brotons. Notre rosé convient moins à l’apéritif qu’aux repas, son nez très discret, sa longueur en bouche et sa structure conviennent mieux à la bonne cuisine”.

clos des ours le Grand PastisLe  secret des bons vins de Michel ? “On laisse parler la nature en intervenant le moins possible. On passe la charrue, on ramasse de bons fruits à la main le matin jusqu’à 11 heures pour éviter les chaleurs et on utilise des petites caisses de 30 kilos maxi. Tout est trié à la main et c’est avec l’addition d’une foule de détails qu’on essaie de faire un bon jus”. Celui dont on disait qu’il était un ours est en réalité un nounours très gentil, ému lorsqu’on dit de ses vins qu’ils sont “généreux et d’expression sudiste”. Sélectionné deux années de suite par la Revue du Vin de France parmi les 1 500 vins de France, le clos de l’Ours se fait un nom en s’inscrivant à la carte des restaurants les plus réputés Au point d’être devenu une marque de bon goût.

Clos de l’Ours, 4 776, chemin du Clos du Ruou, 83570 Cotignac ; infos au 04 94 04 77 69. Maison d’hôtes Château et Hôtels collection, 5 chambres
et un mazet privatif 4 étoiles équivalent hôtelier. Pleine saison de 235 à 335 € la nuit (petit-déjeuner inclus), à partir de 150 € intersaisons.

Le GP sur les réseaux

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Infos express

Gigondas Les mercredis 15, 22 et 29 juillet et 5 et 12 août à partir de 20h soirées wines, food and live music à Gigondas la Cave. Des soirées en musique pour découvrir les vins issus de l’agriculture biologique, les crus et côtes du Rhône villages. Chaque soir, un Food Truck différent sera présent pour vous restaurer et accompagner les dégustations. Une façon agréable de s’initier à la dégustation. Réservations au 04 90 65 83 78. Restauration de 15 à 20 €, 5 € le verre.

Un verre aux jardins à Avignon Tous les jeudis et vendredis, du 16 juillet au 11 septembre, les vins des Côtes du Rhône investissent les jardins du palais des papes pour déguster les vins des Côtes du Rhône et Côtes du Rhône villages. De 18h30 à 20h30, vignerons et négociants font re-découvrir leurs meilleures cuvées dans les trois couleurs et proposent une vente sur place. Ambiance musicale avec DJ les jeudis et groupes live les vendredis). Tarif : 10 et 6,50 € (gratuit pour les -18 ans) ; le tarif comprend : 5 jetons de dégustation Côtes du Rhône + 1 sachet «grignotage». Infos et réservations au 04 32 74 32 74.

Sébastien Cortez chez Charivari Le 18 juillet prochain, la galerie de la rue Fontange propose de participer à un parcours culinartistique né d’une rencontre entre un artiste, Renaud Grizard, une galeriste, Muriel Feugère, et le Collectif DK, représenté par le chef itinérant Sébastien Cortez, l’artiste culinaire Leslie Dorel et la cheffe Axelle Poittevin. Cet événement collaboratif a pour objectif de faire participer l’artiste et la galerie à l’élaboration du parcours. Les convives sont, quant à eux, invités à participer à l’expérience de manière ludique. Ce jeudi soir, cuisine et art se mêleront pour proposer une suite de mets inspirés des œuvres de l’artiste, en stimulant tous les sens. Sortir du restaurant, sortir de l’assiette, telle est l’œuvre de ce premier voyage culinaire…
► Le 18 juillet, 20h30 passage à table. Tarif 80 € par personne, accords vins compris. Galerie Charivari, 17, rue Fontange, Marseille 6e. Réservation au 06 79 70 51 23 et sur mes pages Facebook et Instagram @chefsebastiencortezCharivari, 7, rue Fontange, Marseille 6e arr. Infos au 06 62 39 95 62.