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Avec Mensa, passer à table devient un événement

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Renouer avec les grandes tablées, les festins et les banquets. Rapprocher le convive de la terre et du producteur, remettre en lumière l’éleveur. Voilà tout le pari de Romain Nicoli et Sébastien Dugast, duo de passionnés qui ont fondé Mensa en 2021. Tout a débuté avec un grand banquet servi le 15 août 2018 avec le chef Emmanuel Perrodin en maître des agapes au sein du MuCem. A l’issue de ce galop d’essai, les deux amis savent que l’expérience est appelée à se renouveler. Avec toujours les mêmes fondamentaux à chaque évenement : une longue table, du pain à partager et du vin servi à discrétion. « La cuisine seule ne suffit plus, justifie Romain Nicoli. Les hôtes attendent autre chose : un lieu, une mise en scène, un décor, des rencontres avec des producteurs, des éleveurs, des vignerons ». Et pour mettre en œuvre leurs grands projets, les deux compères se sont fixé un cahier des charges strict : 90 % des composantes de la fête doivent être issus du lieu même où elle se déroule, dans le respect du menu et de son thème.

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« Je vais toujours chercher mes produits in situ, c’est une belle mise en valeur du territoire et de ces faiseurs », dit Sébastien Dugast. De 40 à 100 personnes prennent part à chaque banquet Mensa et les tarifs évoluent selon la prestation, « avec une moyenne de 65 € comprenant toujours l’apéritif, le repas et les vins à volonté ». Chaque apéro a été pensé pour durer une heure, cette dernière ayant vocation à briser la glace : – Les convives se parlent, rencontrent les vignerons, discutent avec nous. Tout le monde reste debout, ça oblige à créer des liens ».

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Après le dîner « chasse à Barbebelle », puis le repas au domaine de Sulauze, se profile en mai la soirée au château d’If. Entre autres projets, il y aura un dîner immersif avec la Joconde à la chambre de Commerce et un événement chez Terre Ugo-maison de lavande à Puyricard. « Le domaine de Sulauze illustrait bien la vocation locale de nos projets car il y a sur place du vin, une miellerie, une brasserie de bières et un élevage de porcs noirs, poursuit Romain Nicoli. Il y a largement de quoi proposer à manger et à boire ! Et ceci sans parler des anguilles de Saint-Chamas, des maraîchers des Pennes-Mirabeau, des fraises et du caillé d’Aureilles ».

Romain et Sébastien se sont connus alors qu’ils travaillaient pour Gérald Passédat, d’abord au Môle, ensuite, au Petit-Nice. Respectivement directeur-adjoint du Môle et cuisinier, tous les deux ont souhaité « se retrouver et se renouveler » dans leur profession, partager leurs envies avec les clients. La petite entreprise a créé un compte Facbook et une page Instagram le 15 février 2022 dernier, d’abord suivis par la famille, puis les amis et des connaissances ensuite. Petit à petit, la communauté grandit, les producteurs et professionnels rejoignent Mensa. « La comensalité est un très joli mot qui résume bien notre ambition », assurent les deux entrepreneurs qui confessent : – Chaque repas, c’est ouf ! et ça nous pousse à continuer ».

FB @mensafoodevents et Insta @mensa_foodevents

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.