Restaurants en Provence

Une Mémé comme celle-là, ça envoie du lourd !

meme 2Il nous avait habitués à des mises en scène fantasques, à des délires très personnels et contagieux, à des soirées drôles et débridées. Autant dire que l’annonce de l’ouverture de son propre restaurant apparaissait, si ce n’est comme un événement, au moins excitante. Il a baptisé son restau “Chez Mémé”, comme un hommage, un signe des temps de crise qui invite moins le public à l’exploration qu’au repliement sur soi et les valeurs familiales. Vieux meubles de mémé, tables en bois, chaises et fauteuils old style et un incroyable sentiment de bien être accaparent le client dès la porte poussée. Jéjé a demandé à Mitri une collection d’abat-jour Boboboom aux tissus hétéroclites et la magie a fait le reste. Au fil de la soirée, Jéjé sert, accueille, prend les commandes, s’affaire en cuisine aux côtés de l’excellentissime Jérémy Bigou venu lui prêter main forte.

La carte hyper resserrée a recruté les meilleurs produits et les mariages intelligents se lisent en triptyques audacieux : gnocchi/nika/nori, borlotti/burratta/menthe, pigeon/saté/encre et ail etc. Les assiettes, belles et raffinées mettent en scène des gnocchis maison poêlés pour plus de croustillance servis avec un trait de bouillon de légumes monté au beurre. S’y ajoute un whisky japonais émulsionné pour la touche maltée et la magie opère. Idem de ce pigeon brûlé au saté-purée d’ail et encre de seiche ; Jéjé dessine un trait d’union avec un jus réduit de carcasses de pigeons flambées au cognac. Le top. Et c’est là le secret de cette maison : les jus, sauces, réductions et autres émulsions servent de fil conducteur aux assiettes. Ils sont le condiment, le coup de fouet, incarnant cette énergie qui épate les plus blasés. Ils sont bons en cuisine, le savent mais ne se la pètent pas ; ça change… Reste cet étonnant dessert : comme une tarte au citron meringuée mais toute démantibulée et escortée d’une salade frisée !

Alors faut-il y aller ? Oui parce que c’est bon, très bon, bon au point d’être un peu frustré lorsqu’arrive trop vite la fin des assiettes. Mais le repas est maîtrisé, audacieux et respectueux. A l’exception du décor, on se demande ce qu’il reste de Mémé dans ces assiettes !

Mémé, 84, boulevard Longchamp, Marseille 1er arr. ; menus midi 19 et 24 € ; formules soir, 39 et 60 €.

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En bref

Jazz en vignes Pour la 10e édition de Jazz en vignes, Jean-Luc et Elisabeth Dumoutier, propriétaires du domaine de l’Olivette, organisent deux concerts exceptionnels en juillet et août. Précédés par la dégustation de leurs vins accompagnée de produits du terroir, ces deux concerts de jazz auront lieu mercredi 17 juillet (avec Nirek Mokar et ses Boogie Messengers ; un pianiste de 16 ans éblouissant, prodige du Rythm and Blues) et mercredi 7 août 2019 (avec Lluis Coloma , un virtuose du piano, et Sax Gordon, au saxo, avec une fougue et un enthousiasme dévastateurs). Comptez 36 € par personne ; 519, chemin de l’Olivette, le Brûlat, 83330 Le Castellet ; résas au 04 94 98 58 85.

Les Musicales dans les Vignes jusqu’au 30 août, vingt-cinq domaines de renom célèbrent la noblesse du vin en musique avec des concerts uniques au fil de l’été… Des instants musicaux suspendus dans des lieux d’exception. Et il y en a pour tous les goûts : jazz, classique, tango argentin, flamenco, musique tzigane, klemer, russe, etc. Un tour du monde. Infos et inscriptions 06 60 30 32 90 et http://lesmusicalesdanslesvignes.blogspot.com/

Rire en vignes La 6e édition de ce festival épicurien et intimiste sera 100% féminine. Au programme, le 24 juillet, un one woman show désopilant, porté par Doully, personnalité atypique, à la voix particulière et à l’énergie sans faille qui nous raconte, dans “L’addiction c’est pour moi”, son passé en utilisant ses addictions pour en faire une force. Le 25 juillet, Leslie Bevillard, Marie Cécile Sautreau et Vanessa Fery joueront “Et elles vécurent heureuses”, une comédie férocement joyeuse sur les femmes, le bonheur, l’amour, l’amitié… Mais surtout pas sur les contes de fées ! Tarif spectacle : 25 € /personne, 40 € les deux soirées. Château de Saint-Martin, route des Arcs, 83460 Taradeau ; infos au 04 94 99 76 76 et 06 42 10 71 72.

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