Carnet de cave

Au château des Creissauds, on trinque haut perchés

chateau des creissaudsOn dit de lui qu’il est perché, c’est peut-être pour ça que Guillaume Ferroni a toujours aimé les cabanes. Et c’est tout naturellement que lui est venue l’idée d’en installer dans les arbres du parc du château des Creissauds, voilà dix ans pile cette année. Le rituel est immuable : dès qu’arrive la belle saison, les barmen du bar clandestin Carry Nation, Luc Litschgi et Jordan Chevassus en tête, quittent leur comptoir de la rue Jules-Moulet (Marseille 6e arr.) pour se mettre au vert. “Au pied des arbres, nous cultivons des plantes qui entrent dans nos recettes de cocktails, explique Ferroni. Verveine-citronnelle, mélisse, absinthe, basilic, menthe-poivrée… Les cultures changent au gré des années”. Et des évolutions de la carte, riche de 10 à 12 cocktails : – Mais rien n’est figé et chacun peut commander le cocktail qui lui plaît”. Pas de verre dans les arbres, les cocktails sont servis dans des poteries, vernissées ou pas, issues des ateliers aubagnais : Ravel, Barbotine, Romain Bernex et Marouane entre autres.

chateau des creissaudsDès 18 heures, le défilé des “buveurs éclairés” du Carry Nation, des touristes et même des familles s’installent dans les cabanes. “On nous demande de plus en plus de cocktails sans alcool ce qui est difficile car l’alcool est un capteur de saveurs, explique Guillaume Ferroni. Pour réussir ces cocktails sans alcool, on part d’une recette traditionnelle et on va insister sur les herbes et le sucre des jus de fruits pour compenser”. Autre tendance forte de l’été 2020 : les cocktails faiblement alcoolisés “pour lesquels nous travaillons généralement sur une base vinique. Cet été, nous proposerons un “gin” titrant à 4 degrés à base de distillat de genièvre”.

Cette année, distanciation sanitaire oblige, des espaces au sol ont été aménagés sur l’herbe pour gagner en fraîcheur et en détente. Au gré des soirées, des food trucks seront également invités pour accompagner des journées thématiques (rôtisserie, brunch, pique-nique). En moyenne, ce sont 120 participants par soirée qui plébiscitent la formule durant chaque été… Et ça fait 10 ans que ça dure !

Château des Creissauds, 13400 Aubagne ; infos au 06 64 12 67 85.

Ajouter un commentaire…

Click here to post a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

pub jeudi

Suis-nous sur les réseaux

Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.