Déconfinement, réouverture progressive des restaurants, l’heure est à la reprise mais aussi à la réflexion. Jérôme Richet, représentant en vins, agent commercial multicartes qui connaît l’univers de la restauration dans les Bouches-du-Rhône mieux que quiconque, revient sur la période et milite pour une plus grande solidarité entre tous les acteurs du secteur. Entretien.

Le Grand Pastis : En quoi consiste votre travail ?
Jérôme Richet : Je suis représentant en vins, agent commercial multicartes depuis le 1er avril 2019. Je représente 20 domaines en France, des spiritueux et une marque de bières marseillaise. Je me déplace dans les cafés, hôtels et restaurants, chez certains cavistes et dans certaines entreprises chez qui je propose mes gammes. En résumé : si tu ne viens pas visiter les domaines, ce sont les domaines qui viennent à toi. Nous sommes une petite centaine à exercer ce métier dans le 13, c’est dire s’il y a une grosse concurrence.
Quelles sont les qualités indispensables du bon agent ?
Comme dans tout métier, le plus important, c’est d’avoir et entretenir un bon réseau. Il faut aussi avoir une bonne sélection, des exclusivités et très bien connaître tout à la fois ses produits et ses clients pour viser juste et satisfaire nos acheteurs en leur proposant des produits qui séduiront leurs propres clients. Il faut aussi avoir un minimum de savoir-vivre et être disponible, très disponible.
Y a-t-il une école pour apprendre ce métier ? Quelle formation doit-on suivre ?
Je le répète, il faut un bon réseau et pour se le constituer j’ai commencé comme salarié pour une maison de champagne. On peut aussi débuter son cursus par une école hôtelière et avoir une bonne expérience de terrain en bossant, comme je l’ai fait pour des groupes comme Accor, Intercontinental à Paris. Mon école, ça a été les entreprises premium. Je me suis lancé parce que certains domaines cherchaient un agent et comme j’entamais la quarantaine, je me suis dit qu’être indépendant était un défi intéressant.
Et puis il y a eu la fermeture des restaurants et le confinement…
Immédiatement, j’ai fait un état des lieux des pertes et des emprunts. Que pouvais-je faire quand 90% de mon activité se fait avec les restaurateurs, 5% avec les entreprises et 5% avec les cavistes ? Il fallait continuer à vendre sans porter tort à l’activité des cavistes, alors j’en ai appelé aux entreprises et me suis aussi lancé dans la vente de vin à domicile. En 2 mois, j’ai sollicité mon réseau et commercialisé 2 500 bouteilles. Le maigre bénéfice que j’ai réalisé, je l’ai consacré à acheter des repas à emporter chez des restaurateurs qui sont mes acheteurs en temps normal : 50 € chez l’un, 70 € chez l’autre ; j’ai voulu faire vivre mes clients et entamer une démarche solidaire. J’ai aussi beaucoup communiqué avec Instagram sur leurs offres avec l’espoir d’apporter de la force morale.
Comment voyez-vous l’avenir ?
J’ai contacté les plus gros domaines de mon portefeuille afin qu’ils aident quelques restaurants. J’ai un temps imaginé que tous les agents du département se fédèrent pour récolter une somme qu’on aurait distribuée à des restaurants mais on s’est heurté à des problèmes de logistique et d’organisation. Les mois prochains seront difficiles et il va falloir sérieusement se retrousser les manches. Les bonnes idées seront cruciales en gardant toujours à l’esprit que le client a besoin de sincérité. Nous entrons dans une nouvelle ère, il faudra revenir aux bases : le bon produit, l’échange et arrêter le blabla.

► La fête de la Châtaigne de Collobrières animera la commune les dimanches 11, 18 et 25 octobre, de 9h à 18h. Trois dimanches avec, pour chacun, un programme festif, gourmand et porté sur la sensibilisation aux circuits courts, aux produits de saison et à la valorisation de la filière agricole varoise. Dimanche 11 octobre, un marché réunira une vingtaine de producteurs et artisans varois venus présenter leur savoir-faire : miels de Didier Maiffret, figues blanches et calissons d’Angèle confiserie, vins du Domaine de l’Avellan et du Domaine de Capelude, fromages de chèvre des Caprines d’Eole et de Jo Léone, châtaignes et crème de marrons de Nostre Terraire, huile d’olive des Granges de Sophie, escargots de Callas de l’Espigaou, ou encore agrumes de PME Agrumes. Grenades, gingembre de Hyères, confitures et pistou artisanal complèteront l’offre. Le chef Cyril Aveline, du restaurant Hestia à Bormes-les-Mimosas, cuisinera les produits des artisans présents. Maître de la cuisson à la flamme, il cuisinera en public. Au menu : caillette à la châtaigne, échine de cochon confite puis snackée à la flamme, chèvre frais au miel et au gingembre. Les visiteurs se procureront sur place, le jour même, un pass gastronomie à 15 € pour accéder aux dégustations. A 16 heures, le public participera au premier championnat de France d’épluchage de châtaignes. Avec dégustation à la clef.
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