Restaurants en Provence

Château Saint-Roux, les charmes discrets d’une table à la ferme

château Saint-RouxC’est un paysage de carte postale, de ces images qui, bien qu’offrant toujours le même point de vue, changent constamment. Château Saint-Roux porte bien son nom car ici la terre est rouge, les roches dont on construit les maisons aussi. La faute au fer et à la bauxite, très présents dans les sols, qui développent des raisins riches en arômes et produisent des vins profonds et singuliers. La propriété respire les saisons : son coeur bat au rythme des 40 hectares du vignoble qui rougeoie lui aussi en novembre. C’est maintenant que le potager s’habille de chaleureuses couleurs orangées, les courges, potirons et autres coloquintes annonçant le coucher du soleil de l’été et les frimas imminents.

château Saint-RouxVoilà le décor qu’a choisi le chef Guillaume Rigaudias pour mettre en scène sa cuisine de produits. On ne sait si c’est l’homme qui a adopté cette ferme du XVe siècle ou si c’est le bâtiment qui l’a adoubé tant la carte du restaurant fusionne avec son environnement. Rigaudias est arrivé ici en juillet 2018 et n’en est plus reparti, imaginant une ardoise réduite, 2 ou trois entrées, autant de plats et quelques desserts. Le chef laisse parler la campagne en s’inspirant du potager attenant de 3800 mètres carrés ; chaque matin, il va chercher ses fromages auprès de la chevrière qui les fabrique dans un corps de bâtiment voisin, et attend impatiemment qu’un boulanger s’installe à Saint-Roux. Un four à bois est déjà construit et contribuera plus encore à l’esprit “local” qui habite ces lieux.

château Saint-RouxAu déjeuner pris en terrasse, sous les cannisses, un tartare de loup et condiments-salade d’herbes. Le chef s’est amusé à glisser quelques cubes de fraises qui contribuent aux équilibres et tiennent tête à l’assaisonnement à l’huile d’olive verte et herbacée. La cuisse de lapin braisée-penne aux champignons et sauce albufera était engageante mais la pluma de porc rissolée a été la plus forte. La viande fond comme du beurre et se drape d’une sauce aux cèpes-shiitakés et champignons de Paris. Le joli contraste du crémeux et de la viande croustillante répond au plantureux gratin dauphinois dans lequel le chef a eu l’ingénieuse idée de glisser quelques rares fines lamelles de pomme. Le goût et l’amusement encore…

tarte fine au cassisAlors faut-il aller au château Saint-Roux ? Oui car cette variation de chocolats en mousse et crémeux est désarmante de gourmandise. Oui car la tarte au cassis, acidulée et pleine d’énergie, fouette les humeurs en fin de repas. Oui car on accompagnera son repas des vins bio issus des vignes qui sont là, juste sous nos yeux, balayées par le vent et cuites par le soleil. Oui pour le service sympa et jamais prise de tête. Oui, enfin, pour l’excellent rapport qualité-prix, ultime preuve qu’ici, on respecte le client.

Château Saint-Roux, RD17, route de la Garde-Freinet, 83340 Le Cannet-des-Maures ; infos au 04 98 10 02 61. Formules 17, 25 et 35 €. Brunch le dimanche, 40 €.

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Le Mas de Cadenet ouvre ses portes Pour célébrer la fin des vendanges, la famille Négrel vous ouvre les portes du Mas de Cadenet pour un repas champêtre et des ateliers autour du vin le 16 octobre prochain. Accueil à partir de 11h avec des ateliers des cépages (dégustation des mono-cépages tout juste sortis de fermentation) et des ateliers assemblage (jeux d'assemblages à la découverte des équilibres et personnalités des vins). Apéritif et repas champêtre à 12h30 : Cédric Aubert, du restaurant La Place à Puyloubier sera à la manoeuvre avec sa cuisine éco-responsable. Au menu du jour, un spectaculaire agneau rôti sur place, à la broche et au feu de bois et bien entendu du Mas de Cadenet pour l'accord parfait ! Le vignoble est ouvert à ceux qui le souhaitent pour une balade digestive. Mas de Cadenet, D57, 13530 Trets ; infos et inscriptions au 04 42 29 21 59.

Giuseppe Ammendola invité du Môle Passédat Le chef espagnol du restaurant Índigo cocina vegetal à Bilbao répond à l'invitation de Gérald Passédat et vient cuisiner toute la semaine du 11 octobre. Il proposera un menu végétal au tarif de 55 € par personne. Menu composé d'une mise en bouche (Truffe pas truffe, croquette de shiitake, caroube, émulsion à la truffe, salicorne), d'une entrée (betterave et célerie rave au vin rouge et jus d'orange, guacamole et pain grillé au sarrasin), d'un plat (risotto aux légumes du marché et aux algues, crème au beurre d’amande et fenouil, herbes aromatiques) et d'un dessert (caprese cacao et et aux amandes, ganache chocolat, framboise). Photo Richard Haughton. Infos et réservations ici.

A Aix-en-Provence, Jacquèmes tire le rideau. L'enseigne aura tenu 108 ans. Jacquèmes était la plus ancienne épicerie fine-caviste de la cité, implantée en centre-ville. Une boutique plongée dans le formol, un accueil épouvantable et une sélection qui ne répondait plus aux nouvelles tendances de la gastronomie expliquent le déclin de cette maison qui s'apprête à brader ses stocks dans les prochains jours. Si le coeur vous en dit... 9, rue Méjanes à Aix ; infos au 04 42 23 48 64.

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