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Christine Couderc, elle est la business angel d'Alexandre Mazzia

Il est l’un des cuisiniers phare de l’année 2015 à Marseille et son nom suscite intérêt et curiosité bien au-delà des frontières provençales. Mais qui se cache derrière le succès d’Alexandre Mazzia ? Au-delà de l’homme, un petit groupe
de six Marseillais a misé sur le cuisinier afin de l’aider à “disposer d’un outil d’expression propre”. Des gravats du chantier à l’étoile du Michelin, Christine Couderc a été de toute l’aventure. Elle se raconte pour la première fois…
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“Je le dis à qui veut l’entendre : cette aventure est une affaire de cœur”

Qui êtes-vous ? Je suis normande, parisienne et marseillaise depuis que je me suis mariée à Pierre. Je suis une citoyenne du monde car, pour accompagner la carrière de mon mari, j’ai vécu de l’Argentine jusqu’au Mexique. J’ai 3 garçons, deux jumeaux, Charles et Olivier, nés à Mexico, et Martin, né à Bayonne.

Comment avez-vous connu Alexandre Mazzia ? Lorsqu’il travaillait au Ventre de l’Architecte. Moi qui avais bourlingué, sa cuisine m’a émue car elle ne ressemblait à rien de ce que je connaissais. J’y ai déjeuné d’abord avec une amie puis j’y suis retournée avec mon mari 15 jours après pour être sûre que je ne m’étais pas trompée lors du premier repas.

C’est vous qui avez financé le restaurant de la rue Rocca ? Je ne suis pas seule ! Nous avons eu l’envie d’aider un talent mais au départ, il a fallu que je convainque d’autres amis de s’embarquer dans l’aventure. Nous ne sommes pas des mécènes, nous sommes des amateurs qui ont tenté de travailler comme des pros. Nous sommes sept personnes, dont Alexandre Mazzia lui-même, à nous impliquer dans l’histoire.

Qui sont, outre vous, les cinq autres partenaires ? Je ne vous le dirai pas ; mais ils sont tous marseillais. Je parle en mon nom seul.

La dotation de Gault-Millau (lire ici) a dû vous faire plaisir… Quand le guide lui a attribué une bourse, je me suis dit que j’avais flairé un talent. Par la suite, lorsque Michelin lui a donné un macaron, c’était une confirmation supplémentaire. Cette étoile, c’est une consécration pour le chef. Pour nous, gens de l’ombre, c’était important d’installer un cuisinier, de l’aider à se sentir bien dans son univers, on veut qu’il soit aussi un chef d’entreprise.

Combien de temps encore comptez-vous marcher à son côté ? Je n’en sais rien, nous n’en savons rien. En fait, tout débute à peine. Ce n’est pas facile pour un cuisinier d’être chef d’entreprise, alors plus longue sera la route ensemble…

Il a coûté cher ce restaurant ? Je ne peux pas vous le dire, vous vous en doutez bien mais nous avions une enveloppe très serrée et ça a été un parcours du combattant de créer un lieu respectant l’esprit d’AM avec ce budget. Face aux embûches, mes amis et mon mari m’ont souvent regardée avec incompréhension. Mais parallèlement à l’avancement du projet, nous avons rencontré à chaque étape des gens merveilleux qui avaient le sentiment de partager cette aventure. Même les assureurs ont été géniaux, c’est dire !

Il y a certaines nuits où je n’ai pas dormi…”

Comment avez-vous su que vous aviez raison de miser sur ce chef ? J’ai mangé seulement trois fois la cuisine d’Alexandre Mazzia : deux fois au Ventre de l’Architecte et une fois chez moi. Le repas chez moi, c’était pour convaincre d’autres amis de se lancer dans le projet avec moi. Mais je suis très claire : nous n’avons pas “fait” Alexandre Mazzia, il avait déjà son talent.

Combien de cafés buvez-vous chaque jour ? Trois au moins le matin et puis quelques uns dans la journée… Vous savez, cette rencontre, ce partenariat, cette aventure ça a été une belle histoire d’hommes. Nous avons toujours eu la volonté d’aider quelqu’un. J’ai conscience que pour mon époux, certains jours ont dû être difficiles.

Si c’était à refaire ? Je le referais dès demain, cette aventure me passionne. Je crois que nous tous voulions quelque chose de beau pour notre ville et que nous avons apporté quelque chose. L’un de nous travaille à Chicago et pour lui, ce restaurant est aussi un point d’ancrage dans sa ville d’origine.

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  • Félicitations Mme Couderc. Comme quoi, le talent n’est que la base nécessaire pour le succès. Comme le journaliste du New York Times Malcom Gladwell expose sur son bestseller “Outliers”, “si on veux comprendre comment quelques personnes prospèrent, il faut passer plus de temps a regarder autour d’eux…”

  • Bravo pour la démarche à la fois téméraire et sensée, qui a identifié très tôt (comme nombre de gourmets attentifs et discernants) le talent et la signature originale d’Alexandre MAZZIA.
    Néanmoins, sauf à investir pour la seule beauté du geste et du résultat, et on serait alors en situation de mécénat pourtant réfuté par Mme COUDERC, la “bonne action” ainsi présentée mériterait de se voir exposée en totalité, c’est à dire en présentant la réalité du montage, les parts respectives des divers investisseurs ainsi que les perspectives de rentabilité attendue.
    Au mieux, on pourrait rêver que l’engagement soit totalement gratuit mais même dans la pire configuration, ça offre au moins au désert gastronomique (si on compare à Lyon, Strasbourg et bien d’autres) marseillais une table ébouriffante et néanmoins accessible (voyez qui je vise !)

Infos express

Brunches du dimanche À partir du 27 septembre, et jusqu’à la fin de l’année, La Benvengudo propose aux gourmands (et aux lève-tard) un brunch concocté par la chef Julie Chaix. Sous forme de buffet, les hôtes disposeront d’une sélection de mets salés et sucrés, cuisinés à partir de produits locaux et de saison. Une pause gourmande parfaite avant de partir se balader dans le village des Baux-de-Provence. Brunch servi tous les dimanches de 11h30 à 15h, prix : 49 € par personne. Infos au 04 90 54 32 54.

Glenn Viel, chef du restaurant l’Oustau de Baumanière, aux Baux-de-Provence, a été élu « chef de l’année 2020 » par ses pairs à l’occasion de la 34e édition des Trophées du magazine Le Chef ce lundi 21 septembre. Né en janvier 1980 dans une famille de militaires, son aventure à Baumanière a démarré en 2015 quand Jean-André Charial, le propriétaire, l’a appelé pour redonner vie à ce restaurant mythique. Dès son arrivée, Glenn Viel a mis en place une cuisine écoresponsable avec le développement d’un potager bio, de ruches ainsi qu’une ferme pédagogique. En janvier 2020, il décroche sa 3e étoile. Il est aussi distingué au titre de la “gastronomie durable”, lancé par le guide rouge qui honore les restaurants ayant une démarche écoresponsable. Côté pâtisserie, c’est Brandon Dehan du même restaurant qui est distingué. Originaire de Noyon dans l’Oise, il avait été désigné jeune chef pâtissier de l’année en 2019 par le guide Gault et Millau. Ce sont les chefs référencés dans le Guide Michelin qui votent chaque année pour élire les meilleurs de la profession lors de cette 34e édition des Trophées du magazine Le Chef, seule élection des professionnels de la gastronomie française par leurs pairs.

Samedi 10 octobre « Plus beau village de France » du nord Vaucluse, Séguret organise toute la journée, une dégustation des vins du village, une découverte de nombreux artistes et créateurs du village, une découverte de boulange à l’ancienne avec démonstration en direct (confection de pains, de brioches et de tartes au sucre à l’ancienne dans le four banal du village). A 10 h, accueil au portail de la Bise pour la remise du programme de la journée. À 10 h, 11 h, 15 h et 18 h : visites guidées du village médiéval au départ du portail de la Bise. Durée environ 1h (3 € par adulte et gratuit pour les mineurs).
10 h 30 et 15 h 30 : atelier « la vie des Abeilles » suivi d’une dégustation des miels bio de Jérôme Busato au château Cohola à Sablet. A 11 h et 16 h : atelier « les 3 goûts de l’huile d’olive en Provence » à l’atelier les 3 Souquets à Séguret.  12 h : dégustation des bières artisanales de Jean-Pierre Meffre de Chante-Grenouille. A 16 h 30 : cooking show sur le thème des Traditions de Séguret avec présentation de plusieurs mini recettes (au restaurant Le Mesclun – durée 1 h, gratuit, 20 personnes max). 17 h 30 : petit historique sur le métier de santonnier avec explication des différentes étapes de création artisanale d’un santon avec Denis Voeux. Plus d’informations au 04 90 46 91 06.

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