Carnet de cave Vins rosés, vins d'été

Un été en rose et blanc au domaine de Cala

domaine de cala

Méconnu en France, voire inconnu du grand public, Joachim Splichal est une figure de la gastronomie Outre-Atlantique : chef germano-américain étoilé, il a fait fortune aux USA dès l’âge de 26 ans en créant le Patina Restaurant Group, fort de quelque 60 restaurants de New-York à la Floride, en passant par Los Angeles. Il y a 7 ans, le cuisinier s’est entiché de cette propriété varoise de 180 hectares dont 40 étaient dédiés à la seule viticulture ; elle portait alors le nom de domaine de Pourraques, allusion délicate aux petits narcisses blancs qui en tapissaient les terres. La propriété a été rebaptisée domaine de Cala, en référence à l’élégante calla, fleur colorée en forme de calice et, peut-être, en guise de clin d’œil à la Californie et à Los Angeles, ville d’adoption du chef né en Allemagne.

Les attaches de Splichal avec la Provence ne datent pas d’aujourd’hui puisqu’il s’est installé pour la première fois en 1977, à 20 ans, sur la Côte d’Azur, d’abord comme saucier à La Bonne Auberge, à Antibes, à L’Oasis de Mandelieu-La Napoule ensuite. Quatre ans plus tard, Jacques Maximin, le nomme second au Chantecler, le restaurant du Negresco à Nice.
Les 40 hectares de vignes se composent pour partie, de parcelles de grenache, cinsaut, syrah, carignan et rolle plantées depuis près d’un demi-siècle. D’autres, sont composées de plants souvent de sélection massale de grenache blanc, clairette et syrah… La conversion en bio a été décidée en 2020 parce que « rendre à la nature son cycle et son fonctionnement naturels permet à un vignoble de le garder en bonne santé. C’est pourquoi la pratique du pâturage dans les vignes et la préservation de la garrigue, telle qu’elles étaient dans l’entre-deux guerres, sont de nouveau en vigueur au domaine », explique Flavian Maison, le chef de culture de Cala. Toutes ces démarches contribuent à réduire les risques d’incendies, l’enherbement permet une meilleure infiltration de l’eau et une réduction des risques d’érosion. À Cala, c’est Michel Granier qui fait pâturer ses bêtes sur les terres, comme le faisait son père : « Il y a toujours eu des moutons au domaine, preuve que l’environnement est sain », souligne-t-il.

Un rosé et un blanc, à parité
Pour coller à la tendance de l’été 2022, on a sélectionné deux vins, un blanc et un rosé, susceptibles d’accompagner au mieux vos déjeuners et dîners.
Le rosé Prestige 2020 (AOC coteaux varois en Provence) se compose de cinsault (88%), grenache noir (5%), syrah et rolle. Les vignes ont été l’objet de vendanges en vert, c’est-à dire que certaines grappes en formation ont été supprimées, afin de permettre aux baies restantes de mûrir plus facilement et de concentrer les jus. Avec sa robe rose limpide aux reflets brillants, ce vin offre un nez subtil et floral qui s’oriente ensuite sur des notes de pêche blanche. L’attaque est vive, la bouche équilibrée sur la fraîcheur et les arômes minéraux. Un vin servi à 10°C sur des plats à base d’épices comme un tajine, un poulet au safran ou un ragoût safran-fenouil.
Rosé Prestige 2020, dom. de Cala, 14,95 € les 75cl, chez les cavistes.

Le Cala blanc 2020 est issu d’un assemblage équilibré de rolle et grenache blanc vendangés à la main. Ce millésime en conversion bio présente une robe jaune paille pâle et surprend par son nez de fruits exotiques et d’agrumes, accompagné de nuances minérales et légèrement boisées. Vin très frais, équilibré et onctueux, il fera merveille à 12°C avec une sole ou une truite sauce au beurre ou une tarte aux pommes.
Cala blanc 2020, dom. de Cala, 14,95 € les 75cl, chez les cavistes.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.