A lire

Avec Couscous connexions, 50 recettes qui ont du grain, le chef Abdel Alaoui signe un livre-manifeste : le couscous comme carrefour plutôt que patrimoine figé. Aux classiques poulet, légumes, keftas, il mêle des variations qui débordent le Maghreb, entre thiéré et attiéké, clins d’œil à l’Afrique de l’Ouest, et des versions sucrées aux agrumes et à la mangue. L’ouvrage déborde de l’assiette principale : entrées, boissons, pains d’accompagnement, et une attention maligne aux restes de semoule, recyclés en tartes, farces ou gâteaux. La sortie a coïncidé avec le festival Kouss•Kouss, dont Alaoui est une figure familière : le 4 septembre, sur la terrasse des Grandes Tables à la Friche la Belle de Mai, il proposait trois couscous, harissas et sauces aux herbes maison, en écho direct à son livre. Une manière de prolonger sur le papier ce qu’il défend en cuisine : le couscous comme langue commune, capable d’accueillir toutes les influences sans jamais perdre son grain.
• « Couscous connexions, 50 recettes qui ont du grain », La Martinière Ed., 192 pages, 29 €

Tendance

Au deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires de la restauration traditionnelle a reculé de 6,9 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur par rapport au même trimestre de 2025. Sur les six premiers mois de l’année, la baisse atteint 7,3 %. Ces données sont issues du nouvel Observatoire économique de la restauration réalisé par l’Umih avec l’Ordre des experts-comptables.  Le recul touche cinq des six départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur : Bouches-du-Rhône : -10,3 % au deuxième trimestre et -10,9 % sur six mois ; Alpes-de-Haute-Provence : -8,8 % au trimestre et -8,9 % sur six mois ; Var : -7,6 % au trimestre et -8,5 % sur six mois ; Alpes-Maritimes : -4,7 % au trimestre et -4,6 % sur six mois ; Vaucluse : -3,3 % au trimestre et -4,4 % sur six mois. Seules les Hautes-Alpes résistent, avec une progression de 5,3 % au deuxième trimestre et de 1,9 % sur les six premiers mois de l’année. La restauration rapide recule elle aussi de 3,8 % en Paca au deuxième trimestre et de 4,7 % sur six mois. Ces résultats reposent sur les déclarations de TVA de 3 329 entreprises de restauration traditionnelle et de 1 937 entreprises de restauration rapide en région Sud.

Cassis

► Pierre Hermé rejoint les Vendanges Étoilées de Cassis pour leur 14e édition.- Du 25 au 27 septembre 2026, Cassis célèbre la 14e édition des Vendanges Étoilées, rendez-vous désormais incontournable de la gastronomie  française. Pendant trois jours, chefs étoilés, producteurs, artisans et passionnés se retrouvent autour des savoir-faire, des produits du terroir et du plaisir de la transmission et cette édition 2026 s’offre une signature de choix en la personne de Pierre Hermé. Promu Officier de la Légion d’honneur en 2024, Hermé compte parmi les figures qui portent la gastronomie française à l’international. Sa venue enrichit une programmation placée sous le signe de l’excellence, du partage et de la convivialité : démonstrations culinaires, cours de cuisine, dégustations, marché de producteurs et rencontres avec les chefs rythmeront ces trois jours entre mer et vignobles.
Du 25 au 27 septembre 2026 à Cassis. Infos en cliquant ici.

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Marseille Restaurants en Provence

Le Grancafe rue Jean-Mermoz, à partager ou à savourer en égoïste

Grandcafe

C’est typiquement une adresse de voisinage, celle dont on pousse la porte quand, le soir venu, personne n’ayant fait les courses, on se dit que c’est ici qu’on va pouvoir dîner. De ces adresses, où l’on réserve une table pour un déjeuner entre amis ou pour un repas de travail dont on veut qu’il soit réussi. Le Grancafe est entré dans le patrimoine de son quartier, certes avec moins de bling bling que ses voisins, mais avec un surplus d’amitié sinon d’amour, rares dans le périmètre.
Celà fait 18 ans que Laurent Guigui est à la manœuvre, un beau pied de nez à tous les aigris qui ne lui donnaient pas plus de 6 mois lorsqu’à 25 ans, il s’est lancé dans l’aventure. Laurent a appris le métier sur le terrain, auprès de Jacques et Laurent Pourcel, une année durant au Jardin des Sens pour commencer puis à la Compagnie des Comptoirs, toujours à Montpellier.

Dans un décor qui réunit les codes du bistrot (tables en bois et plateaux en marbre, comptoir) et ceux de la brasserie (cocktails Batman ou Volverine), évoluent des plats « rassurants » comme les carbonara guanciale-pecorino, effilochée d’épaule d’agneau de Sisteron cuisson longue et gnochetti gorgonzola du Piemont-speck et noix. L’ardoise invite à partager des assiettes de carpaccio d’artichaut-citron et parmesan, une burrata pugliese tout en trinquant à l’apéritif.

Laurent est sur tous les fronts, allant de table en table : – Vous voulez goûter une huile d’olive de folie ? » dit-il aux voisins qui se régalent de ces magnifiques beignets de blettes de pays, croustillants et légers à la fois. L’assiette de homos parsemé de viande hachée grillée et de grenade étonne par son côté aromatique (cumin) et tonique. Epater avec du pois chiche écrasé ? Très fort ! Place à l’escalope fine de veau aux champignons que la cuisine a eu l’idée de travailler avec un peu d’amaretto pour secouer la sauce. La salle est pleine et Laurent veille sur chacun comme il le ferait pour des amis.

Laurent Guigui
Laurent Guigui

Un tiramisu classique au café qu’on soulignera d’un expresso vient clore le match. Alors faut-il réserver son couvert au Grancafe ? Oui d’abord pour le patron, un type très cool et souriant dont personne ne pourra remettre en cause ni la passion ni l’envie de bien faire. Oui ensuite pour l’équipe souriante qui emmène les clients dans un joyeux tourbillon. Oui pour la terrasse extérieure aussi confortable que les différentes salles et l’esprit italiano-marseillais de l’adresse. Oui enfin si on souhaite déjeuner ou dîner pour 30-35 € avec le sentiment d’avoir été respecté. Et oui, enfin, parce qu’ici la clientèle est joyeuse, discrète et amicale et ça compte pour beaucoup.

Le Grancafe, 158, rue Jean-Mermoz, Marseille 8e ; infos au 04 91 22 70 84. De 30 à 35 €.