Carnet de cave

Changement climatique, quelles solutions pour les rosés de Provence ?

Quel avenir pour le rosé de Provence ? C’est autour de cette question que 400 chercheurs, vignerons et professionnels français et étrangers ont tenté de répondre à Marseille il y a peu, lors de la 5e édition des Rencontres internationales du Rosé, organisées par le Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence (CIVP) et le Centre du Rosé. Réunis au Mucem, ces chercheurs, vignerons et professionnels ont évoqué toutes les questions posées par le double défi de l’adaptation au changement climatique et de la transition écologique. Brice Eymard, directeur général du CIVP (Conseil interprofessionnel des vins de Provence) évoque les évolutions climatiques et les impacts qu’elles peuvent avoir sur les rosés de Provence.

canicule rosés de Provence
Soleil et canicule, comment le vignoble pourra-t-il s’adapter ?

Le Grand Pastis : Mesure-t-on aujourd’hui réellement le changement climatique, la Provence est-elle plus touchée que d’autres régions par ces évolutions ?
Brice Eymard : Clairement, le changement climatique ne fait plus de doute à l’échelle mondiale depuis une dizaine d’années. Cela se traduit par des aléas climatiques qui affectent au moins une région viticole de la planète chaque année. En 2017, par exemple, la récolte a été particulièrement faible en Italie, Espagne et France. En Provence, nous notons une tendance à l’augmentation du degré alcoolique et toutes ces données ne peuvent s’étudier que dans leur globalité sur le long terme. Il est clair que la présence de la mer et du mistral atténuent les chocs de chaleur et minimisent les risques de grêle en Provence et cette année a été particulièrement pluvieuse.

Comme les précédentes, cette nouvelle édition des Rencontres internationales du rosé a été organisée par le Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP) et le Centre de recherche et d’expérimentation sur le vin rosé. Le rosé est la spécialité historique des Vins de Provence, dont il représente aujourd’hui 89 % de la production. Le vignoble des vins rosés de Provence concentre ainsi 42 % de la production française de rosés d’appellation. Cette année, les participants ont réfléchi sur les questions de l’adaptation au changement climatique et de la mise en oeuvre de la transition écologique ainsi que de l’évolution des consommations au regard des problématiques environnementales.
L.G.P. : Quelle influence tout ceci va-t-il avoir sur les cépages ?
B.E. : Ils évolueront ; on voit que les zones tempérées glissent au nord. On devra s’adapter car on prévoit une augmentation moyenne des températures de 2°C d’ici à l’horizon 2050 dans le meilleur des cas… Nos recherches portent sur de vieux cépages qui, jadis, n’étaient pas assez qualitatifs et pour lesquels on ne trouvait pas d’avenir. A charge pour nous de leur trouver de meilleurs terrains d’expression., Nous travaillons avec les conservatoires des vieux cépages qui testent ces vieux pieds de vigne mais ça prend des années.
On croise par exemple nos cépages actuels, le vermentino et le cinsault, avec des variétés plus résistantes aux maladies et à un climat plus chaud et sec. Bien que la génétique nous fasse gagner quelques années, toutes ces recherches prennent du temps. Ces travaux ont débuté voilà 10 ans et on pense obtenir des résultats probants à l’orée 2025-2030.

L.G.P. : Le travail des viticulteurs et des vignerons va-t-il évoluer ?
B.E. : Forcément ! Notre réflexion porte sur les pratiques de la vigne jusqu’à la cave. Le passage en HVE (Haute valeur environnementale) réunit un ensemble de pratiques qui réduisent les impacts sur l’environnement ; avec le bio et la biodynamie, nous entrons là dans des démarches qui visent à diminuer l’influence de l’Homme sur l’évolution du climat. On commence également à planter des vignes sur des parcelles plus élevées avec des expositions au nord afin de limiter les « coups de chaud ».

L.G.P. : Et l’irrigation, va-t-elle se généraliser ?
B.E. : Irriguer un vignoble doit répondre aux exigences et objectifs qualité des vignerons et pour nos rosés de Provence, c’est un vecteur évident de qualité. Ça demande un gros effort d’infrastructure au préalable mais nous devons, là encore, tenir compte de l’impact sur la nature, le respect de la ressource en eau par exemple. La Provence offre un terrain favorable au goutte-à-goutte et les apports du canal de Provence permettent cette irrigation.

L.G.P. : Dans quel état d’esprit sont les acteurs de la filière ?
B.E. : Le milieu ne s’affole pas et fait preuve de pragmatisme ; il y a eu une réelle prise de conscience ces dernières années avec un accroissement de la part de viticulteurs qui traitent peu ou sont entrés dans des processus de labellisation bio. Les Rencontres qui se sont tenues à Marseille prouvent qu’il y a une réelle volonté collective, la filière est très favorable aux recherches et travaux que nous menons. C’est un état d’esprit très français, tout le monde se retrousse les manches et les Provençaux ne sont pas plus ou moins vertueux que les autres.

Photo Cedric Skrzypczak-CIVP

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Var

Automne des Gourmands.- Le samedi 8 octobre, la 7e édition de ce festival sera parrainée par Pascal Barandoni, vainqueur d’Objectif Top Chef et chef au Mas du Lingousto. Cette journée mettra à l’honneur la saisonnalité, le terroir local et la découverte du goût à vivre en famille. Rendez-vous esplanade Charles De Gaulle où seront installés la cuisine des chefs, le Bar des Gourmands et le marché de producteurs et artisans. De nombreux ateliers permettront aux jeunes gastronomes de découvrir les saveurs de saison. Entre autres temps forts, l’après-midi, la cuisine accueillera Magali Armando,chef à domicile, et Guillaume Lecomte, chef chez Olives & Beurre Salé à Sanary-sur-Mer. A ne pas manquer non plus, de 10h à 13h, des ateliers peinture avec des ingrédients de cuisine animé par « Avec les mains » (3-6 ans). Et tout au long de la journée, de 10h à 17h, ateliers sur le recyclage alimentaire et confection de pâtes de fruits. Toute la journée, commerçants, producteurs et artisans proposeront leurs produits du terroir à savourer sur place ou à emporter. Au déjeuner, les visiteurs savoureront leurs trouvailles à l’espace pique-nique ou dans les restaurants beaussétans.
Samedi 8 octobre 2022 de 10h à 18h au Beausset dans le Var, accès gratuit, infos au 04 94 90 55 10.

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Marseille

Dimanche 2 octobre prochain, l’équipe de Mensa nous donne rendez-vous sur l’île Degaby, lieu d’exception privatisé pour l’occasion. C’est sur cette île d’Endoume, située à 300m des côtes et aux vues imprenables sur la cité phocéenne, les îles du Frioul et la grande Bleue, que la table sera dressée pour un festin aux couleurs de la mer. De 11h30 à 12h30, embarquement sur le Vieux-Port ; de 12h30 à 15h30, apéritif et dégustation de vins à discrétion (menu en 4 services). De 15h30 à 17h, retour, sieste sur transats ou baignade. Tarif : 95 € par personne.
Pour toute question, téléphonez à Romain, au 06 09 55 25 01

Une mozzarella 100% marseillaise.-  La Laiterie marseillaise reste fidèle à sa vocation pédagogique visant à voir et comprendre comment on fabrique des produits laitiers. Aussi, la boutique s’est-elle dotée d’un laboratoire visible depuis une grande baie vitrée. Nouveauté de la rentrée, la Laitterie lance des ateliers de fabrication de mozzarella et burrata pour adultes. À travers la fabrication de ces deux fromages, toutes les étapes de la transformation fromagère seront abordées et réalisées par les participants. Audelà de l’aspect ludique, c’est une vraie acquisition de savoirfaire qui est proposée : après ces 2 heures d’atelier, chacun repartira avec ses réalisations et un livret récapitulatif. Inscription sur le site web de la Laiterie Marseillaise ou se rendre en boutique !
www.lalaiteriemarseillaise.fr Tarif : 55 € par personne.