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Marseille

► A lire.- « Qui aurait pu croire qu’un talus puisse être aussi appétissant ? » Cet ouvrage pose une question et la tient jusqu’à sa dernière page : plutôt qu’un guide de cueillette classique tourné vers la forêt ou la campagne lointaine, « Zones à cueillir » reste délibérément urbain. Il apprend à repérer et récolter des plantes sauvages comestibles à deux pas de chez soi (bas d’immeuble, jardin, pelouse municipale, trottoirs) puis à les cuisiner : salades fleuries, cocktails aux plantes, plats du quotidien revisités avec la cueillette du jour. Deux tiers de l’ouvrage sont consacrés à la reconnaissance des plantes, le tiers restant aux recettes. A la manœuvre, il faut aller chercher Caroline Decque qui découvre les bienfaits de la nature en entretenant un potager autonome lors d’un service civique. En 2015, elle fonde l’association marseillaise Bigoud’ et aménage une parcelle maraîchère dans le parc d’un Ehpad de la ville. Co-auteur, Camille Gasnier, titulaire d’un CAP cuisine, découvre l’autosuffisance et les plantes sauvages comestibles et médicinales auprès du Mouvement d’Action Paysanne (MAP), en Belgique. Au sein de Bigoud’, les deux femmes cueillent et livrent à vélo plus d’une centaine de plantes par an aux chefs et commerces de bouche marseillais.
• « Zones à cueillir », Caroline Decque et Camille Gasnier, Ulmer Ed., 192 pages, 18 €

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La Civette Sainte-Anne, le bar-tabac en mode bistrot de bonne famille

bar de quartier, la Civette à Sainte-Anne, Marseille
C’est Adel Dakkar qui nous a soufflé cette « bonne petite adresse » du quartier de Sainte-Anne. C’est dans cette fameuse civette que l’on retrouve le samedi, le chef du NhowMarseille, attablé en famille, devant une belle assiette. « De la cuisine familiale » assure-t-il, qui lui apporte réconfort et détente. Sur une placette en patte d’oie, la terrasse de la Civette Sainte-Anne s’étale à l’ombre d’un platane et d’un tilleul. A midi, voisins et habitués (souvent les mêmes) s’y retrouvent, voisinant avec quelques commerçants et gens de passage qui ignorent leur chance.

Conformément à ce qu’on trouve dans un bar-tabac, l’ardoise aligne des tentacules de poulpe-polenta et légumes, une salade de saint-marcellin-magret et champignons, une noix d’entrecôte (300g) frites et salade, un tartare de bœuf, une escalope milanaise spaghetti, un filet de daurade-crème basilic et riz. Pas de salamalecs, le service doit être rapide, même si on devra attendre 25 minutes le foie de veau à la vénitienne, car ici tout est travaillé et envoyé dans l’instant. Sarah est au service, hyper souriante et dévouée.

La cuisson du foie, une belle pièce d’environ 250 grammes, est parfaite, nappée d’une compotée d’oignons mêlée à un jus de viande réduit, salé, en totale harmonie avec la purée. Très banale au demeurant. Les desserts aussi jouent la carte de l’efficacité : flan, crème caramel, tiramisu spéculoos ou classique, tout fait envie. On pioche la carte du baba au rhum : un gâteau à pâte allégée plus imbibé de sirop que de rhum, qui déborde d’une crème montée parsemée de baies de cassis rouge compotées. Le dessert festif comme on les aime, un bonheur sur toute la ligne.

Alors faut-il aller à la Civette Sainte-Anne ? Oui d’abord pour son ambiance village et le bonheur qu’on a de voir tout le monde se dire bonjour et se sourire. Oui pour cette carte de bistrot bien menée, cette cuisine fraîche et inspirée, familiale en un mot. Oui pour les desserts, gourmands, certes sucrés, mais canailles comme on aime.

La Civette Sainte-Anne, 416, avenue de Mazargues, 13008 Marseille ; infos au 04 91 77 94 65. Déjeuner 30 €.
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