► Dior investit les anciens jardins du Cipriani.- La maison Dior a ouvert « Monsieur Dior » et son « Café Dior » dans les jardins qui abritaient autrefois l’établissement Cipriani. Aux fourneaux : Mauro Colagreco, le chef triplement étoilé de Mirazur (Menton), désigné meilleur chef du monde en 2019 ; un choix qui scelle le dialogue entre gastronomie et la maison de couture le temps d’un été.
Marseille
► La Villa est à la vente.- C’est la dernière petite annonce qui anime le Landerneau : situé au 113, rue Jean-Mermoz (8e arr.), le restaurant la Villa est à la vente. Cette institution de la restauration marseillaise a été fondée en 1999. Fort de quelque 53 salariés, le restaurant sert en moyenne 310 couverts chaque jour et accueille ses clients 7 jours sur 7. Qui rachètera cette jeune institution ?
A quoi ressemblait la cuisine marseillaise en 2000 ? Les conservatoires de cet art de vivre ne se comptant plus que sur les doigts de deux mains, il faut courir chez Paul, autrement qualifiée d’auberge du corsaire, aux Goudes. L’ardoise, trimbalée d’une table à l’autre, a pris quelques coups mais respire encore l’acidité d’une tomate dans la pizza royale ou moit’-moit’, l’iode d’un poêlon du pêcheur et l’huile d’olive d’une marinade de sardines. Ambiance cabanon « en haut » ; quelques marches et voici que des tables ont été dressées à même le quai, « en bas » presqu’au milieu des barques. Décor enchanteur pour cette tablée de Britanniques qui trouvent les Goudes « so lovely ». Qu’auraient-ils dit s’ils les avaient connues « avant » ?
A Marseille, ce genre de bistrot marin exige de déboucher un cassis, un Paternel qui présente l’originalité d’être toujours pareil d’un millésime à l’autre. Jamais déçu (!). Les casserons (variété de petites seiches) seront frits et ultra croustillants, associés avec des joels arrosés de jus de citron jaune. Les copains piocheront un saint-pierre de palangre à 1,2 kg et nous, sur des linguine aux palourdes liées au jus de carcasses de gambas. La nuit tombe et le service est toujours aussi agréable, complice et amical presque. Pour ceux qui l’ignorent, à Marseille, ce genre d’établissement propose toujours des profiteroles et celles-ci seront parfaites, nappées de chocolat noir qui durcit sur la chantilly et se casse comme une dentelle en bouche. Chou frais et maison, glace vanille comme il se doit, la tradition sort le grand jeu.
Alors faut-il aller chez Paul ? Oui parce que les années passent et le corsaire reste fidèles à ses premières amours. Oui parce qu’à midi, une simple pizza et des profiteroles suffiront à vous rendre dingues. Oui parce que le quinte gagnant (copains, sunset, Cap Mattei, casserons et joels) suffit à faire oublier la ville pourtant si proche. A 23 heures, les Goudes commencent à s’endormir et les étoiles scintillent dans le ciel pur. Les années passent mais ça, ça ne changera jamais.
Chez Paul, 35, rue Désiré-Pelaprat, Marseille 8e arr. ; infos au 04 91 73 19 26. Déjeuner 30-35 € ; dîner, 60-70 €. Egalement sur Insta
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