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Anthony Micallef : “Je photographie la ville des contradictions”

En ces journées de confinement, il fait partie de ceux qui, carte de presse en poche, courent la ville afin de nous tenir informés. Anthony Micallef est un photo reporter qui s’est installé à Marseille voilà 2 ans. Passé par Paris où il a signé des reportages pour LCI, M6 et NT1, Micallef a rejoint le Sud en quête de temps et de lumière : “Paris vole ton temps, Marseille t’en donne, dit-il avec un sens rare de la formule. Le reportage télé, c’était intéressant mais je trouve que ça manquait de dignité car nous étions toujours en quête de séquences fortes. En télé, on ne raconte ni l’ennui, ni le vide. Moi, je raconte la normalité, parfois le banal”, poursuit ce natif de Montpellier.

De l’image animée à l’image fixe, de Paris à Marseille, le photo reporter aurait pu faire de la vidéo encore “mais mon évolution personnelle me conduit vers quelque chose de plus apaisé“. Insistant sur sa qualification, Anthony Micallef n’est pas photographe car “je ne fais pas de l’image en soi, je cherche la narration”. A 36 ans, il a déjà consacré une année de travail à la question des délogés de Marseille conformément à son ambition de faire du reportage sur le temps long : – Je n’ai pas photographié les effondrements d’immeubles, moi ce qui m’intéresse, ce sont les causes et les conséquences de ces effondrements, je viens en complément des news et de l’actu”. Lorsqu’il a créé  Indignetoit (à voir ici sur le site dédié), le photo reporter n’a gardé que les portraits porteurs de témoignages qui s’adressaient en premier aux mal logés : “La photo libère la parole des gens concernés par le mal logement”.

“Mon ADN, c’est de ne pas laisser deviner ce que je pense, je ne suis qu’un passeur”

La crise du Covid-19 agit comme un révélateur
Anthony Micallef vient de sortir une série de photos sur le thème de “pourquoi tu sors ?”. En ces jours de confinement, le journaliste par l’image s’étonne des formes que prend la peur à Marseille, “la peur est devenue l’alpha et l’oméga, tout le monde se claquemure et cela m’interroge. Ces jours-ci, je vois des gens qui s’en remettent au surnaturel ou au destin. En pleine crise, les gens se révèlent”. Ce jeudi, un portrait de Didier Raoult pour le Journal du Dimanche, des reportages pour Paris-Match, Télérama, Capital, Management, La Croix, The Guardian, Der Spiegel… le journaliste est sur le terrain, sur tous les fronts. Lorsque le vrai visage surgit dans les occasions historiques, Anthony Micallef tente de capturer ce moment.

 Le site du photoreporter ici.

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Notez-le

Le premier livre de Mérouan Bounekraf intitulé Accords, Mets et Vannes est sorti ! Chef trentenaire connu depuis sa participation à Top chef en 2018, et actuellement aux côtés de Julia Vignali, sur M6, en 2e partie de soirée du Meilleur Pâtissier, Mérouan est un cuisinier de talent. Il combine sa passion à un sens de humour prononcé, faisant le show et abordant avec légèreté des recettes sérieuses et techniques. Il se présente comme un cuisinier comique et prouve que dans la profession, on peut être très rigoureux et blagueur. L’auteur est aussi un compétiteur dans l’âme qui manie la langue avec talent, panache et humour. Son péché mignon ? Les jeux de mots qui foisonnent dans l’ouvrage. Dans ce livre joyeux, Mérouan retrace son parcours enrichissant et ses rencontres, il raconte ses débuts, passés 5 années durant, dans une brigade conduite à la dure, dont il garde malgré tout de bons souvenirs. C’est un livre bienveillant comptant 35 recettes classiques retravaillées (avocat-crevettes commis d’office, bi-joues de bœuf, poisson-panais ou encore cigar’misu), un cadeau gourmand et drôle qui se fera une jolie place au pied du sapin.

• Accords Mets et Vannes, Larousse Ed. 144 pages, prix : 16, 95 €.