Sommes-nous à l’aube d’une ère nouvelle ? L’ouverture à Marseille, en juin 2018, d’un Auchan Gourmand au sein même du centre commercial Prado, préfigure peut-être d’un changement dans notre façon d’envisager les grandes surfaces. A la barre de ce supermarché « apparemment comme les autres », deux hommes : Jean-Raphaël Racine-Grisoli, le fondateur, et Bruno Incrociati, le directeur.
« Les standards de la grande distribution sont devenus ennuyeux et ont fait naître en nous une frustration », lâche Incrociati. Intéressés par le concept d’Eataly qui ouvrira le 12 avril prochain dans le Marais à Paris, les deux hommes se sont rapprochés de « Philippe Thomas qui a, entre autres, fondé la Grande Epicerie du Bon Marché à Paris et redessiné le pôle food de Harrod’s à Londres » dixit Jean-Raphaël Racine-Grisoli. Le concept consiste à mixer l’offre produits, gammes et prix d’un supermarché traditionnel, d’où l’association avec le groupe Auchan, et d’ajouter une offre qualitative poussée et sur-mesure pour toute la partie frais. « Nous associons dans un même espace l’offre du quotidien et les secteurs boucherie, fromagerie, marée, cave, cuisine, boulangerie et épicerie dite fine qui se complètent » raconte le fondateur.
Côte à côte, du beurre Président et du beurre Pebeyre à la truffe
Le partenariat avec Auchan permet d’afficher des prix compétitifs comme dans n’importe quel supermarché mais l’offre traditionnelle est assurée par des artisans de métier qui, au lieu d’exercer en magasin, travaillent en corners : « Tous les pouvoirs d’achat se retrouvent, ce n’est pas un concept clivant » poursuit Bruno Incrociati. « Toute la difficulté a été de convaincre des producteurs traditionnels à vendre en grande surface », enchaîne Jean-Raphaël Racine-Grisoli. S’en suit donc une démarche transparence avec des producteurs qui viennent au magasin à la rencontre des clients pour parler de leurs produits et expliquer leur travail : « Nos fournisseurs ont un devoir d’information et d’éducation » sourit Incrociati.

L’exemple marseillais scruté par le secteur
« Notre clientèle est hétérogène, ce n’est pas un magasin élitiste mais il a fait de la transparence son cheval de bataille » assène Jean-Raphaël Racine-Grisoli pour lequel l’expérience client est la seule à même de faire venir le client. « Et nous n’hésitons jamais à faire goûter… Quiconque le demande peut goûter un produit avant de l’acheter, c’est aussi notre engagement ». La grande distribution touche les limites de son modèle et le cas Auchan gourmand de Marseille-Prado est regardé de très très près par le secteur : rares sont les enseignes à proposer un beurre aux truffes Pebeyre, les confitures I Tisori di Mimi, les huiles d’olive Oltremonti, les ketchups tomate verte et moutarde à l’ancienne corse U Mazzeru, les moutardes Fallot etc.
Avec des tarifs sur les produits du quotidien sensiblement moins élevés qu’au Monoprix Prado qui lui fait face, Auchan Gourmand a affûté ses armes et cultive sa différence en proposant une gamme de frais et sur-mesure de qualité au moins comparable si ce n’est meilleure. Le combat des enseignes est lancé.
Auchan gourmand, centre commercial Prado, 41, boulevard Michelet, Marseille 8e arr.
L’incroyable sortie de Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan
Il faut se pincer pour le croire et le lire. Ça s’est passé le 7 mars dernier, à Marcq-en-Bareul dans le Nord, baronnie de la famille Mulliez, propriétaire de l’empire Auchan (Auchan, Decathlon, Leroy Merlin, Cultura, Saint-Maclou, Kiabi, Boulanger, Kiloutou, Norauto…) Devant un parterre de 380 chefs d’entreprises, Gérard Mulliez, 87 ans, patriarche et fondateur de l’empire a déclaré : « Les professeurs aujourd’hui ont constaté que les maladies sont la conséquence d’une malbouffe beaucoup plus que d’autres choses. Aujourd’hui, beaucoup de médecins commencent à comprendre que le meilleur moyen de guérir un cancer, c’est de bien manger de la nourriture saine. Comme aujourd’hui, ça commence à se savoir ». Avec des propos repris par nos confrère de France3 Hauts-de-France, le magnat de la grande distribution a enfoncé le clou : « Tout le monde sera obligé de faire de la permaculture comme les ouvriers il y a 50 ans avaient leurs jardins potagers. On va revenir à ça, on ne peut pas faire autrement ». Mulliez, qui a dirigé le groupe Auchan jusqu’en 2006 et qui avait prophétisé la domination des supermarchés dans les années soixante, annonce le « retour à l’agriculture domestique ». Avertissant au passage qu’il « y a des gens qui vont déposer plainte en disant: – J’ai attrapé un cancer parce que j’ai acheté des produits chimiques’. »

► La fête de la Châtaigne de Collobrières animera la commune les dimanches 11, 18 et 25 octobre, de 9h à 18h. Trois dimanches avec, pour chacun, un programme festif, gourmand et porté sur la sensibilisation aux circuits courts, aux produits de saison et à la valorisation de la filière agricole varoise. Dimanche 11 octobre, un marché réunira une vingtaine de producteurs et artisans varois venus présenter leur savoir-faire : miels de Didier Maiffret, figues blanches et calissons d’Angèle confiserie, vins du Domaine de l’Avellan et du Domaine de Capelude, fromages de chèvre des Caprines d’Eole et de Jo Léone, châtaignes et crème de marrons de Nostre Terraire, huile d’olive des Granges de Sophie, escargots de Callas de l’Espigaou, ou encore agrumes de PME Agrumes. Grenades, gingembre de Hyères, confitures et pistou artisanal complèteront l’offre. Le chef Cyril Aveline, du restaurant Hestia à Bormes-les-Mimosas, cuisinera les produits des artisans présents. Maître de la cuisson à la flamme, il cuisinera en public. Au menu : caillette à la châtaigne, échine de cochon confite puis snackée à la flamme, chèvre frais au miel et au gingembre. Les visiteurs se procureront sur place, le jour même, un pass gastronomie à 15 € pour accéder aux dégustations. A 16 heures, le public participera au premier championnat de France d’épluchage de châtaignes. Avec dégustation à la clef.


Ajoute un commentaire