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« De la table au tableau », tous les goûts de la Provence en couleurs

Eugène Baboulène De la table au tableau
Eugène Baboulène, La poissonnière, 1947, Huile sur toile 188 x 114 cm.

Année de la gastronomie en Provence oblige, les premières manifestations commencent à éclore. Le musée Regards de Provence a ouvert le feu en montant l’exposition « De la table au tableau », réunissant 75 oeuvres des XIXe et XXe siècles issues des collections de la fondation elle-même et de musées français. Très orienté sur l’art de vivre en Provence, « De la table au tableau » met en exergue le patrimoine gastronomique, les traditions et l’art de recevoir en Provence. Le témoignage des artistes sur l’activité des poissonnières, des marchands d’oursins, des marchés de fruits et légumes, met en évidence une production régionale riche, variée et colorée, qui illustre les traditions locales et la forte identité régionale. Une manière de glorifier la région, ses us et coutumes chez ces créateurs qui ont en commun d’être nés en Provence (Jean-Baptiste Olive, Seyssaud, Eugène Baboulène) ou d’y avoir séjourné (Félix Ziem, Ulrich Lamsfuss, Raoul Dufy, Frédéric Montenard).

Ludovic Alussi De la table au tableau
Ludovic Alussi, Maquereaux, Poulpe, 2017, Photographie 60 x 80 cm, collection de l’artiste.

Natures mortes, memento mori
Outre l’émotion artistique, on abordera l’exposition comme un témoignage ethnographique ; les oeuvres racontent les objets rustiques du quotidien ou plus exotiques, montrent de la nourriture, des fruits, des aliments sucrés, salés, des poissons et viandes. La thématique des natures mortes, ces « vies silencieuses » à travers les époques et les changements de styles, révèle des compositions classiques, romantiques et modernes. Ces oeuvres maîtresses sont des prouesses de réalisation dans la précision des reflets, les transparences du cristal, le velouté de la peau d’une pêche, une fraise qui paraît tellement réaliste qu’elle suscite l’admiration. La restitution quasi parfaite, voire en trompe-l’oeil, du réel provoque un sentiment de plaisir. Face à la table dressée devant lui, le spectateur est invité à un repas qui n’a ni début ni fin.
Pourquoi les victuailles (fruits, légumes, poissons, gibiers), sont-elles autant représentées ? “Parce qu’elles ont une signification proche de celle d’une fleur flétrie, une bougie fumante, le sablier, tous de symboles associés à la notion de disparition, de l’éphémère condition humaine” peut-on lire en parcourant les salles.

Grâce à l’arrivée de nouveaux produits à Marseille – Portes de l’Orient – qui ont métamorphosé les tables provençales, comme la tomate et la pomme de terre d’Amérique du Sud, l’orange venue de Chine ou la banane d’Inde, les marchés si pittoresques d’Aix, Allauch, Maussane, Aubagne ou Cassis ont pris d’autres couleurs, d’autres odeurs, inspirant de nouvelles recettes culinaires. Certaines natures mortes, comme celles de Jean-Baptiste Olive ou Ludovic Alussi, ne sont pas sans évoquer les natures mortes hollandaises, représentant des tables opulentes et variées.

Chabaud De la table au tableau
Auguste Chabaud, “Un café en Provence”, huile sur toile 52 x 64 cm, collection fondation Regards de Provence.

Au fil des siècles, les styles changent, comme dans les oeuvres de Pierre Ambrogiani, Louis Valtat ou Louis-Mathieu Verdilhan. Les fruits et légumes sont devenus le sujet, le motif unique du tableau, ils sont présentés frontalement, en faisant l’économie du décor. On simplifie, on épure, on suggère et, chez Chabaud par exemple, on cerne de noir ou de bleu foncé les motifs en délimitant chaque objet comme dessiné donnant davantage de force aux formes colorées.
D’autres artistes présentés tels Aurrens, André, Allegre, Crémieux, Canepa, Ducros, Friesz, Grivolas, Manguin, Maire, Pomerat, Tobiasse, Valls,  Guin, Mathigot, Alberola et Fort constituent le récit pictural de cet art de vivre en Provence.
Afin d’apporter une note humoristique et décalée à l’ensemble de l’exposition, trois dessinateurs caricaturistes des XIXe et XXe siècles également, sont mis en lumière : Honoré Daumier, dessinateur satirique – Albert Dubout, virtuose inégalable dans le maniement des foules – et Roger Blachon, grand dessinateur et illustrateur doté d’un humour contemplatif décalé, cynique… Leur vision d’un réveillon, d’un banquet érotique ou de l’art de déguster le vin vaut vraiment le détour…

De la Table au Tableau, Regards de Provence, allée Regards de Provence-rue Vaudoyer, Marseille 2e arr. Infos au 04 96 17 40 40. Du mardi au dimanche, de 10h à 18h.
Tarif normal 2 expositions : 6,50 € – Tarifs réduits : 5,50 € – 4,70 € – 2 €.

Vite lu

Un nouveau chef au Chardon Du 21 mars au 1er avril Mickael Arnaud prend possession du Chardon à Arles. Mickaël a appris la cuisine dans le Sud de la France et s’est formé chez Marc Veyrat à Megève à “la Ferme de mon Père”, enchaînant ensuite les postes de second puis de chef de cuisine dans plusieurs bistrots parisiens : la Fleur bleue, Café de l’Époque, la Closerie des Lilas, Chacun Fait, Alf et Billili. Il organise régulièrement des événements où il invite d’autres potes chefs comme lui. Son approche très naturelle de la cuisine, favorise la cuisson des produits frais et saisonniers. C’est au Chardon, du jeudi soir au lundi soir (19h30-22h30) et du vendredi au lundi midi (12h30-14h30) ; infos au 09 72 86 72 04.

ProWein 2019 37 domaines des appellations côtes-de-Provence, coteaux d’Aix-en-Provence et coteaux varois en Provence étaient réunies sur le stand du Comité interprofessionnel des vins de Provence à ProWein à Düsseldorf, leader des salons professionnels internationaux des vins et spiritueux. Près de 2 000 visiteurs se sont rendus sur l’espace libre de dégustation, soit une hausse de 100% par rapport à 2018. Un engouement des professionnels qui confirme la notoriété et les bons résultats des vins de Provence à l’export. L’export, 1er débouché des Vins de Provence avec 429 171 hl (équivalent à 57 millions de bouteilles) exportés en 2018 toutes couleurs confondues.

Conticini Salon du chocolat à Arles Arles accueille du 30 mars au 1er avril son salon du chocolat. Venus de tout l’Hexagone, pâtissiers, chocolatiers et biscuitiers se partageront 1700 m2 du palais des congrès. En tablettes, rochers, à tartiner, à fondre, au lait ou noir, le chocolat sera présenté sous toutes ses formes. En outre, des stands de vins doux, de champagne, des jus de fruits, arts de la table et autres sucreries compléteront l’offre. Démonstrations, ateliers, animations, défilés de mode ponctueront ces journées. Par ailleurs, le pâtissier Philippe Conticini sera présent le samedi de 10h à 16 heures et viendra à la rencontre des visiteurs qui lui poseront des questions à la fois pâtissières et professionnelles. Du 30 mars au 1er avril, de 10h à 19h, ave de la Première Division de la France libre ; infos au 04 90 99 08 08. Entrée : 5 € et 3 €.

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