Restaurants en Provence

Chez Etienne, Pascal a décidé que ce serait encore et toujours la même histoire

Chez Etienne

Hasard des chiffres, la pizzaria fondée par Monsieur Cassaro, en 1943, a toujours pignon sur rue au 43, rue de Lorette. Il y a eu le grand-père fondateur, puis le père, Etienne, qui a donné son nom à cette cantine de quartier et a construit sa réputation. Voici désormais Pascal, le fils, le portrait de son père. A la peine de voir s’éteindre Etienne Cassaro ce soir de 8 août 2017 s’est ajoutée la peur de voir s’étioler une des plus magnifiques adresses de la culture siciliano-marseillaise. Le souffle de la grâce est venu balayer la devanture de la pizzaria : Pascal n’a trahi ni sa famille, ni son quartier. Les pizzas à la pâte fine demeurent, toujours aussi belles, croustillantes dessous, fondantes dessus, et juste cramées ce qu’il faut sur les bords.

Chez EtienneOn vient pour elles mais, comme le chant des sirènes, on ne résiste pas au reste : ainsi des fameux supions qui font toujours la fierté des Cassaro. Ils sont restés “un peu plus longtemps” à la poêle, ils ont rissolé et se sont nourris des sucs de cuisson aux puissants relents aillés. Il y a aussi la viande de boeuf servie en brochettes qui transitent par le four à bois, ce sel qu’on jette au jugé, ces saveurs rustiques, dures, brutes qui résonnent jusqu’à la salade baignant dans l’huile.

supions Chez EtienneA la table de derrière, quatre Anglais. Ils découvrent une gastronomie authentique ; pas cette authenticité du petit doigt en l’air avancée par le Michelin, non, une gastronomie historique, celle des ouvriers et immigrés italiens qui méritaient comme les autres de bien manger. Ils n’en reviennent toujours pas les Anglais. La tarte est passée par le four elle aussi, elle en est ressortie la pâte feuilletée juste chaude, les pommes tièdes. On aurait pu commander un flan, presque par provocation pour confirmer l’évidente impression du fait maison.

Dire qu’il y a du monde chez Etienne est un pléonasme ; sa photo surveille le service avec un oeil goguenard. Pascal tient la barre, son serveur aussi, ils sont super tous les deux. Une dame gère l’autre salle ; tous sont attentionnés, parfois rieurs. On les aime. Et ça dure depuis ce jours de 1983 où, seule la petite salle existait alors, un équipage d’Air France à peine atterri à Marignane déboulait dans la pizzaria : – Mangez les brochettes de boeuf, elles sont piquées au romarin et avec du gros sel” nous avaient-ils recommandé. Et depuis, rien n’a changé. Quant à nos voisins Anglais, ils ont juré de revenir chez Etienne.

Chez Etienne, 43, rue de Lorette, Marseille 2e arr. Infos au 04 91 54 76 33. Pizzas à partir de 10 € ; carte environ 25 €.

En bref

Jazz en vignes Pour la 10e édition de Jazz en vignes, Jean-Luc et Elisabeth Dumoutier, propriétaires du domaine de l’Olivette, organisent deux concerts exceptionnels en juillet et août. Précédés par la dégustation de leurs vins accompagnée de produits du terroir, ces deux concerts de jazz auront lieu mercredi 17 juillet (avec Nirek Mokar et ses Boogie Messengers ; un pianiste de 16 ans éblouissant, prodige du Rythm and Blues) et mercredi 7 août 2019 (avec Lluis Coloma , un virtuose du piano, et Sax Gordon, au saxo, avec une fougue et un enthousiasme dévastateurs). Comptez 36 € par personne ; 519, chemin de l’Olivette, le Brûlat, 83330 Le Castellet ; résas au 04 94 98 58 85.

Les Musicales dans les Vignes jusqu’au 30 août, vingt-cinq domaines de renom célèbrent la noblesse du vin en musique avec des concerts uniques au fil de l’été… Des instants musicaux suspendus dans des lieux d’exception. Et il y en a pour tous les goûts : jazz, classique, tango argentin, flamenco, musique tzigane, klemer, russe, etc. Un tour du monde. Infos et inscriptions 06 60 30 32 90 et http://lesmusicalesdanslesvignes.blogspot.com/

Rire en vignes La 6e édition de ce festival épicurien et intimiste sera 100% féminine. Au programme, le 24 juillet, un one woman show désopilant, porté par Doully, personnalité atypique, à la voix particulière et à l’énergie sans faille qui nous raconte, dans “L’addiction c’est pour moi”, son passé en utilisant ses addictions pour en faire une force. Le 25 juillet, Leslie Bevillard, Marie Cécile Sautreau et Vanessa Fery joueront “Et elles vécurent heureuses”, une comédie férocement joyeuse sur les femmes, le bonheur, l’amour, l’amitié… Mais surtout pas sur les contes de fées ! Tarif spectacle : 25 € /personne, 40 € les deux soirées. Château de Saint-Martin, route des Arcs, 83460 Taradeau ; infos au 04 94 99 76 76 et 06 42 10 71 72.

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