Restaurants en Provence

Chez Monsieur Brun à Cassis, coquillages et crustacés

Monsieur Brun

C’est probablement l’une des plus belles terrasses du port de Cassis, avec vue rasante sur les bateaux et la colline du château. Les tables sont rouge laqué, triangulaires et assorties aux chaises basses type metteur en scène. On flâne, on refait le monde et on rajoute une table pour les copains qui se joignent à nous. Chez Monsieur Brun appartient au patrimoine cassidain. Non que l’on y propose une carte sophistiquée ou très imaginative mais ce sont les plateaux de fruits de mer, comme autant de vagues iodées, qu’on vient savourer ici en buvant une bière ou un vin blanc, forcément cassidain. Ce chauvinisme, aussi charmant soit-il, garantit aux vignerons l’écoulement de la quasi-intégralité de leur production, ce qui les dispense de tout effort. Les millésimes se suivent avec une étonnante régularité comme les jours ensoleillés sur la terrasse de Monsieur Brun.

Pour respecter la tradition, on partagera les bulots à l’apéro trempés dans une mayonnaise relevée. Le plateau se composera ensuite de quelques huîtres (Gillardeau, des vertes de claires, des Isigny) et d’oursins pour appuyer sur la note iodée. Palourdes, moules et crevettes achèveront la décoration et la dégustation. Le magret de canard sauce mandarine impériale et le tartare de daurade aux agrumes suggèrent le goût des cuisines pour les acidulés. Et si les enfants n’aiment pas les coquillages ? Quelque penne sauce au pistou et lamelles de jambon cru et parmesan leur rendront le sourire.

Monsieur Brun

Alors faut-il y aller ? Comme toujours dans ce type d’établissements, les desserts pêchent par manque d’originalité (tatin, mi-cuit chocolat, assiette de fromages, salade de fruits). Pour conserver la saveur incisive des agrumes dessinée par petite touches depuis le début du repas, vous opterez pour une tarte au citron meringuée, parfaite pour accompagner le café. Alors oui on peut y aller pour le service attentionné et prévenant, la direction ayant à cœur d’entretenir la bonne réputation de la maison. Oui pour le site, le confort et la qualité des coquillages et fruits de mer d’une remarquable fraîcheur. Et puis, par les temps qui courent, si on ne va plus au restaurant le soir, il faut les fréquenter au déjeuner. Il s’agit-là de la plus évidente des solidarités avec les plus sérieux.

Chez Monsieur Brun, 2, quai Calendal, 13260 Cassis ; infos au 04 42 01 82 66. Carte à partir de 30 €.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.