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Citronnade Sissi, l’exceptionnelle passion au goût de citron de Jean-Pierre Mangani

citronnade SissiDes enfants courent et jouent dans une ruelle de Salammbô-Carthage. Sous le soleil tunisien, l’enfance est insouciante, loin des calculs et complots du monde adulte. Au coin de la rue, un vieil homme vend une citronnade. Fraîche, jaune, désaltérante… 51 ans plus tard, cette image d’un bonheur fugace, reste bien ancrée dans le coeur de Jean-Pierre Mangani. C’est peut-être pour ramener le monde “aux choses essentielles” que Jean-Pierre a décidé de commercialiser la recette de sa citronnade “artisanale” insiste-t-il. “Le monde de l’artisanat est incompatible avec l’industriel” avertit cet ancien ouvrier dans la rénovation de bâtiments. “Il y a plusieurs recettes de citronnade, je propose la mienne, celle de ma famille qui se confondait avec celle de mon quartier d’enfance lorsque je vivais en Tunisie” poursuit cet homme au regard sombre.
“La citronnade Sissi, ce n’est pas un citron pressé avec du sucre, prévient Mangani qui ne lâchera rien de ses secrets de fabrication. La clientèle, trop habituée au sucre, a perdu le sens de l’amertume”. La citronnade de Jean-Pierre est marquée par l’amertume des écorces blanches d’agrumes, la pulpe du fruit et quelques grains de vanille prouvent qu’elle n’a pas été filtrée ; elle est exceptionnelle. “Son goût varie au gré des approvisionnements, tous les citrons ne se valent pas, il y en a avec une peau épaisse, d’autres avec peu de jus, d’autres très acides… Chacune de mes bouteilles est différente car c’est un produit vivant” assure-t-il.

La citronnade Sissi est née à la fin 2014 du ras-le-bol d’un artisan épuisé par des clients toujours avides “du prix le plus bas au détriment de la qualité”. Appuyé sur son comptoir, à côté d’une caisse de citrons bianchetti de Sicile, Jean-Pierre Mangani se confie : “Plus on avance en âge, plus on revient aux rêves d’enfance ; quand j’étais gosse on vivait en équilibre, en harmonie, aujourd’hui la société s’impose aux individus”. Remplissant un verre de citronnade pour la faire goûter, Jean-Pierre Mangani reproduit sans s’en rendre compte, les gestes qu’il voyait jadis chez les adultes : “C’est une boisson du Proche-Orient que tout le monde fabriquait à la maison. elle demande un état d’esprit simple et propre. Tant qu’on me laissera travailler en liberté, je continuerai mais si on doit m’imposer des schémas, je m’arrêterai” prévient-il.

Le matin, Jean-Pierre Mangani va chercher ses fruits, “juste ce qu’il faut pour répondre aux commandes, il n’est pas question de stocker” ; ensuite, “comptez une grosse, grosse matinée pour produire”. Pour découvrir cet exceptionnel produit, loin des clichés sucrés véhiculés un peu partout, il faut téléphoner à jean-Pierre pour qu’il puisse vous accueillir dans son mini laboratoire. “Venez avec votre propre bouteille, il vous en coûtera 4€ le litre ; sinon, c’est 4,50 € avec notre bouteille Sissi… Et c’est encore mieux si vous venez avec votre propre bouteille en verre” ajoute ce chantre de la simplicité vraie. Un profil rare pour un produit rare ; l’étonnement né de la noblesse d’un homme avec son humble produit.

Citronnade Sissi, 22, rue de Bruys, Marseille 5e arr. Prévenir au 06 18 28 60 45 avant toute visite.
Citronnade : 4 € le litre avec votre bouteille en verre ; 4,50 € si vous venez les mains libres.
En vente à l’épicerie paysanne (51, bd Chave, 5e arr. ; 09 73 17 00 56) et au bar à pain (18, cours Joseph-Thierry, 1er arr. ; 06 87 04 02 51).

Numa Muller chez Madame Jeanne Longtemps annoncée et attendue, l'arrivée de Numa Muller chez Madame Jeanne, le restaurant de la Maison Buon, rue Grignan (6e arr) est officielle. Le chef a pris possession de la cuisine et propose pêle-mêle une tête de thon de ligne, un loup-concombre compressé et abricot fermenté-lait ribot et chips de riz-seiche, un thon et abricot au sel-herbes et fleurs du littoral et huile de feuilles de figuier eau de concombre. A suivre, 86, rue Grignan, Marseille 1er ; infos au 04 86 26 54 16.

Elie Kalamouka n'est plus Son nom restera indéfectiblement attaché au Mas, restaurant de la rue Lulli (1er) qu'il avait cofondé avec Robert Lenoir. Elie Kalamouka s'est éteint vendredi à 87 ans non sans susciter une vive émotion chez tous ceux qui avaient pris l'habitude de dîner chez lui. Le Mas était l'une des rares tables ouvertes toute la nuit, attirant noctambules et artistes qui, en fin de spectacle, venaient s'y détendre. Il était paar ailleurs administrateur du festival Jazz des Cinq Continents. La crise sanitaire a été fatale au Mas qui a été placé en liquidation judiciaire. Ce décès tourne définitivement la page des années 1980 à Marseille...

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