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Avec Dorian en cuisine, les Amateurs préparent la terrasse du 19 mai

les Amateurs
Dorian (assis) et Jean, affichent déjà complet pour le 19 mai

Dorian a rejoint l’équipe des Amateurs début février dernier. A quelques jours de la réouverture des terrasses, le jeune chef cuisinier de 31 ans, fourbit ses ustensiles et se prépare à attaquer la saison. Titulaire d’une licence d’anthropologie et formé au métier à l’école parisienne Ferrandi, Dorian a travaillé au côté d’Alexandre Mazzia et a même été le chef, 14 mois durant, de son restaurant aixois, le Pointe noire. “J’étais à la recherche d’un chef. Ma compagne a activé son réseau et c’est ainsi qu’on s’est rencontré” explique Jean Pichinoty. Jeune papa, Dorian a fait ses trois pas de côté pour équilibrer vies de famille et professionnelle. “Ici, on change de plats tous les jours, alors il faut se ménager des temps de pause, oublier le métier pour mieux s’y replonger” explique le cuisinier.

“Lors de son embauche, Dorian m’a dit qu’il ne passerait pas plus de quatre mois ici, jusqu’à la fin du confinement”, rappelle Jean Pichinoty. “Mais finalement, je me plais bien ici et nous partageons la même philosophie”, reconnaît Dorian comme pour expliquer sa décision de rester. Alors demain comme depuis le mois de février, Dorian s’appliquera à proposer des combo plat-dessert à emporter à 15 €, voire légèrement plus s’il s’agit de déjeuner sur place. A l’ardoise, trois plats et deux desserts renouvelés entièrement tous les trois jours voisineront avec une assiette de coquillages ou crustacés en guise de hors-d’œuvre.

“L’absence de connaissance du produit résulte souvent de l’absence de connaissance du producteur”

Dorian, chez les Amateurs

“Ma cuisine, c’est ma cuisine et c’est difficile de la définir ; je donne des axes, je souhaite que les assiettes soient les plus appétantes possible” explique le chef qui travaille sur la couleur et les produits de la mer. “Faire du végétarien pour faire du végétarien, n’a pas de sens” tonne le chef Dorian, émule d’Alexandre Gauthier chez qui il a travaillé 6 mois, à la Grenouillère, dans le Pas-de-Calais. Très au fait du paysage culinaire français, Dorian estime que depuis une trentaine d’années la France se défait peu à peu de ses carcans et que le monde de la cuisine se libère des héritages avec un retour à la sensibilité. Le bio, le local, la place de l’humain, “je réfléchis beaucoup et je ne trouve pas de solution. Les solutions, je n’aime pas ça car elle sont trop souvent caricaturales et débouchent sur des problèmes”.

Pour l’accompagner en cuisine, Dorian a recruté Djibril, un Tchadien qui “comprend et appréhende la cuisine. Travailler avec un type qui vous est diamétralement opposé, ça peut faire sens, il y a un respect mutuel entre nous, remarque Dorian. Plus qu’une personne formée, il faut quelqu’un sur qui je peux compter, et Djibril, c’est un peu comme un petit frère”. Celui qui devait rester quelques mois, finalement, a décidé de rester et s’avoue ravi : – Faire un détour par l’autre pour mieux se connaître” dit-il, pour le plus grand bonheur de Jean Pichinoty.

Les Amateurs, 1, rue Méry, Marseille 2e arr. ; infos au 06 79 28 36 26.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.