Art de vivre

Avec « Non essentiel », Gaëtan Marron vit dans une boîte le confinement artistique

gaetan marron

Gaëtan Marron, l’artiste parmi les plus en vue de la scène contemporaine marseillaise, s’enfermera dans une boîte transparente, du 7 au 17 décembre prochain, dans une cellule des Docks Village. « Notre société vit aujourd’hui un tournant sans précédent dans son histoire moderne. Confinements, couvre-feu, des situations que nous n’avions jamais vécues pour la plupart et qui sont appelées à se reproduire dans le futur, ont bouleversé nos vies. La question de nos libertés, des choix que nous faisons mais aussi du rôle que nous octroyons à nos gouvernements se pose, explique Gaëtan Marron. Sommes-nous encore maîtres de nos choix ? Quel avenir pour le contact humain à l’heure de la distanciation sociale ? Quid des activités jugées non essentielles, de la culture, de l’art ? » interroge-t-il.

Cette œuvre artistique, baptisée « Non essentiel », interroge sur cette période trouble, bouleversée et bouleversante : – En me confinant de mon plein gré à l’heure du déconfinement progressif, je questionne notre libre arbitre et la manière dont nous suivons les règles à titre individuel et collectif tout en nous invitant à la réflexion ».

Le chef cuisinier marseillais Jérémy Julien a été intéressé par la démarche et s’est attelé à son financement : – Beaucoup de restaurateurs se plaignent mais il y a bien pire que nous, assène-t-il. Tout le secteur de la culture s’apparente à une terre brûlée ». Jérémy Julien étaye son argumentaire selon lequel, « les artistes n’ont pas de chiffre d’affaires, ne peuvent revendiquer aucune rentabilité et sont donc exclus des réseaux d’entraide ». Pour palier les carences de l’Etat dans le domaine de la culture (commandes publiques, mécénat), le restaurateur invite la société à s’emparer de la question et à participer au financement d’œuvres d’art : – C’est aux particuliers de sauver le secteur sinon c’est la fin de la culture et il ne nous restera plus rien que les galeries commerciales ouvertes le dimanche ».

« On ne lâche pas nos artistes, il faut soutenir le process créatif, ils doivent produire de l’art. Le théâtre, la musique, la littérature et les expos sont menacés »

Jérémy Julien, restaurant Matière Brut

« L’œuvre et l’exposition ont été entièrement financés par mécénat, reconnaît ainsi Gaëtan Marron. Des commerçants et restaurateurs directement impactés par des fermetures liées à la crise sanitaire, participeront au financement de l’exposition. « A ce jour, c’est moi qui finance les dépenses mais au fil des jours, d’autres confrères restaurateurs et des commerçants vont contribuer à l’opération, explique Jérémy Julien. Pour l’heure, nous contactons d’éventuels mécènes pour financer le projet et de 15 à 20 partenaires sûrs ont été approchés ».

gaetan marron

Peu importe le montant du don, « 10 €, une boîte de cookies ou 100 € », l’important c’est que l’aide provienne de personnes qui connaissent, elles aussi, des difficultés « car on est dans le symbolique, dit Jérémy Julien. Cette opération ne coûtera pas grand chose. Ce qui est intéressant, ce sera de voir comment Gaëtan va gérer le monde extérieur lorsqu’il sera enfermé dans sa boîte, comment il fera pour gérer les dons en nourriture, les dons en argent et comment il se débrouillera si rien n’arrive ». Le confinement mené dans sa version la plus dure et la plus violente. Une expérience à admirer, de l’autre côté de la paroi…

Non essentiel, Gaëtan Marron, du 7 au 17 décembre 2020, cellule 60, les Docks Village, 10, place de la Joliette, Marseille 2e arr.
Pour soutenir l’initiative : 07 82 92 49 00 et gaetan.marron@gmail.com Lors de l’exposition seront mis en vente, sur place et sur le site internet, des œuvres et objets d’art à prix réduit ainsi que des collaborations permettant de soutenir et mettre en avant le travail d’autres artistes.
Photo Sophie Vernet

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Arles

► Céline la camarguaise. Elle s’est fait connaître en chantant les charmes du nomadisme en cuisine mais, finalement, Céline Pham a posé ses valises à Arles, l’été dernier. Suivant à la lettre les conseils de l’ami Armand Arnal qui lui a conseillé l’adresse, face à l’hôtel Voltaire, la cuisinière a jeté son dévolu sur une ancienne chapelle de 1224, ouvrant sa cuisine sur la salle. Fini le pop-uping et les restos éphémères : bistrot à la mi-journée, Inari se fait bistronomique en soirée. En référence à la déesse japonaise du riz et de la fertilité, Inari sert une cuisine inspirée des origines vietnamiennes de Céline. Thon rouge de ligne, aji verde, riz de Camargue soufflé, cébettes, shiso rouge, matcha et huile de sésame expliquent son succès.
Inari, 16, place Voltaire, 13200 Arles ; 09 82 27 28 33. Déjeuner 21, 35 et 41 € ; soirée, 51 €.

Var

Automne des Gourmands.- Le samedi 8 octobre, la 7e édition du festival sera parrainée par Pascal Barandoni, vainqueur d’Objectif Top Chef et chef au Mas du Lingousto. Cette journée mettra à l’honneur la saisonnalité, le terroir local et la découverte du goût. Rendez-vous esplanade Charles De Gaulle où seront installés la cuisine des chefs, le Bar des Gourmands et le marché de producteurs et artisans. L’après-midi, la cuisine accueillera Magali Armando,chef à domicile, et Guillaume Lecomte, chef chez Olives & Beurre Salé à Sanary-sur-Mer. A ne pas manquer non plus, de 10h à 13h, des ateliers peinture avec des ingrédients de cuisine animé par « Avec les mains » (3-6 ans). De 10h à 17h, ateliers sur le recyclage alimentaire et la confection de pâtes de fruits. Toute la journée, commerçants, producteurs et artisans proposeront leurs produits du terroir à savourer sur place ou à emporter. Au déjeuner, les visiteurs savoureront leurs trouvailles à l’espace pique-nique ou dans les restaurants du village.
Samedi 8 octobre 2022 de 10h à 18h au Beausset dans le Var, accès gratuit, infos au 04 94 90 55 10.

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Marseille

Une mozzarella 100% marseillaise.-  La Laiterie marseillaise reste fidèle à sa vocation pédagogique visant à voir et comprendre comment on fabrique des produits laitiers. Aussi, la boutique s’est-elle dotée d’un laboratoire visible depuis une grande baie vitrée. Nouveauté de la rentrée, la Laitterie lance des ateliers de fabrication de mozzarella et burrata pour adultes. À travers la fabrication de ces deux fromages, toutes les étapes de la transformation fromagère seront abordées et réalisées par les participants. Audelà de l’aspect ludique, c’est une vraie acquisition de savoirfaire qui est proposée : après ces 2 heures d’atelier, chacun repartira avec ses réalisations et un livret récapitulatif. Inscription sur le site web de la Laiterie Marseillaise ou se rendre en boutique !

www.lalaiteriemarseillaise.fr Tarif : 55 € par personne.