Restaurants en Provence

Iod’in à Allauch, les goûts de la cuisine italo-corse d’aujourd’hui

iod'in

Heureux comme un poisson dans l’eau. Anthony de Fiilippo est arrivé à 21 ans dans ce restaurant d’Allauch et a construit, pendant 7 ans, une relation de confiance avec Sonia Murolo, sa propriétaire. Corse originaire du village d’Afa, aux portes d’Ajaccio, Anthony travaille en toute liberté : – Je me plais ici car je ne suis pas bridé », dit celui qui a travaillé pour Dominique Frérard (Sofitel), Lionel Lévy (Intercontinental) et Jérôme Polo (New hôtel Pharo). Circuits courts, produits frais et suggestions concises composent l’identité de sa carte, instinctive et renouvelée chaque mois. Iod’in

Quelques accras de légumes, une poêlée d’encornets persillade et de remarquables panisses aux olives noires qu’on trempe dans une parfaite mayonnaise à l’ail noir dessinent à grands traits les contours de l’été 2022. Repas d’affaires au déjeuner, dîners en famille ou entre amis le soir, le clientèle s’enrichit depuis quelques jours de touristes, américains souvent, débarqués là on ne sait comment mais visiblement ravis de s’être perdus dans la ceinture verte de Marseille. Le service souriant confirme l’impression première d’esprit familial qui domine ici. Les assiettes se succèdent, les allusions méditerranéennes aussi : fleurs de courgettes farcies à la ricotta, trilogie de tomates sur focaccia grillée presto frais et mozza.

Les tagliatelles truffées aux gambas, bisque et éclats de parmesan attirent tous les regards, mais c’est le risotto de lotte rôtie au figatellu, spécialité du chef qui raffole de ce mode de cuisson du riz, qui l’emporte. « Les encornets à la provençale, jus à l’anis sont délicieux » confie une voisine de table. Riz crémeux, cuisson croustillante et terre-mer maîtrisé… On savoure la dernière fourchette sur une pointe de regret. Et pour la route ? Un crémeux citron sur sablé breton généreux en beurre-meringue et sorbet citron très vigoureux, une assiette aussi jolie que gourmande à partager pour les petits appétits.

Alors faut-il réserver chez Iod’in à Allauch ? Oui bien sûr car on reste encore surpris par la qualité de cette table discrète. Oui bien sûr pour le service, les sourires de l’équipe et la bienveillance de Sonia qui garde un œil sur tout tout le temps. Oui pour la justesse de ton de la cuisine qui s’efforce de travailler en local. Et oui, enfin, pour la tonalité générale de l’ensemble, professionnelle, sérieuse sans jamais se prendre la tête, toujours efficace, ce qui s’avère précieux pour les repas d’affaires.

Iod’in, 602, avenue du 7e Régiment de Tirailleurs algériens, 13190 Allauch ; infos au 04 91 07 67 80. Carte 40-50 €.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.