Restaurants en Provence

Les Girelles, l’adresse valeur sûre de Sausset-les-Pins

Ludovic Walter

Restaurant iconique de Sausset-les-Pins, les Girelles a dressé ses tables face à la mer. D’un côté le village avec son petit port et, de l’autre, les plages qui s’alanguissent le long d’une route bordée de pins et de villas, conduisant jusqu’à Carry. Bien que né à Genève avec des origines haut-savoyardes, Ludovic Walter avait 6 ans lorsque sa famille a décidé de s’installer sur la Côte bleue. Non dépourvu de talent, Ludovic avait 14 ans lorsqu’il a fait son premier stage-apprentissage aux Girelles ; il a ensuite bossé 3 ans à Londres pour, et avec, Gordon Ramsay avant de s’envoler pour le Brésil. « Nous avons ouvert le premier restaurant français de Copacabana, c’était fantastique , il y avait tout à faire », se remémore-t-il. Mais l’insécurité et l’éloignement de la famille ont convaincu Ludovic et Gaelle de rentrer au bercail. Personne ne s’en plaindra…

Associé un temps à la direction des Girelles, Ludovic a racheté les parts de son associé et a pu dire pour la première fois « mon restaurant », un jour de la fin juillet 2017, c’était il y a 5 ans. « Je ne me considère pas comme un gastro, je suis le chef d’un restaurant qui propose des plats de qualité, avec du goût et de la générosité », lâche-t-il avec une sincérité désarmante.
En semaine, le menu déjeuner met au défi quiconque voudrait proposer meilleur rapport qualité-prix dans le secteur. Une aubergine parmesane-roquette arrosée de sauce tomate acidulée, un veau cuisson longue-polenta crémeuse et champignons et un dessert, à la façon d’un muffin-tatin d’abricots, prouvent plusieurs choses. Ludovic Walter est un bon technicien qui maîtrise les bases comme d’autres le solfège ; le chef sait cuire et assaisonner, ce qui est devenu chose rare (parfait filet de bœuf summer style-ratatouille sauce au vin et framboises). Les assiettes, enfin, trahissent le caractère généreux et partageur du cuisinier qui parle peu mais agit pour gâter ses clients (impressionnant baba très largement imbibé de rhum-crème montée vanille).

Alors faut-il aller déjeuner ou dîner aux Girelles ? Mais oui ! D’abord pour l’accueil et le service, souriants et très amicaux. « C’est tout ce que je veux, je veux que les clients retrouvent ici une ambiance gentille, familiale et détendue » dit Ludovic Walter et c’est réussi. Oui encore pour la qualité des assiettes servies en front de mer, des recettes qui sonnent juste, sans fausse note de l’entrée au café. Oui enfin pour le rapport qualité-prix qui laisse admiratif. Si vous passez par Sausset, vous voilà prévenus.

Les Girelles, 15, rue Frédéric-Mistral, 13960 Sausset-les-Pins ; infos au 04 42 45 26 16. Menu déjeuner 45 € ; formules 45 et 70 €.

2 Comments

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  • Totalement d’accord avec votre article. Une valeur sûre de la Côte Bleue avec un chef à la technique affûtée qui sait se renouveller. Et un cadre incomparable ( ok je suis chauvin)

    • Bonjour/bonsoir Monsieur. Vous avez de la chance, vous habitez une très très jolie région… N’hésitez pas à me donner vos bonnes adresses…

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.