Magazine

L’étonnant essor des monnaies locales : la roue, une réponse aux futures crises ?

La RoueEt si les monnaies locales étaient une réponse aux crises monétaires récurrentes ? Et si, pour protéger la production et l’élevage locaux, on utilisait tous une monnaie locale ? Loin de refléter les délires de doux rêveurs régionalistes, les monnaies locales sont en train de marquer des points dans la conscience collective. Un juste retour en grâce puisque les premières « monnaies autonomes » ont fait leur apparition en 1929 et les plus brillantes expérimentations, en Autriche, datent de 1933 (lire ci-dessous).
La roue est une monnaie en vigueur dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, les Alpes de Haute-Provence et les Hautes Alpes. Le Var et les Alpes-maritimes ont fait le choix de commercer en cavalier seul, avec la fève et le cigalon. La roue, monnaie tout à fait légale en France, circule de main en main, hors des circuits bancaires, et irrigue donc le tissu local. Ne faisant l’objet d’aucune spéculation, cette monnaie régionale, comme toutes ses homologues, circule de 5 à 6 fois plus vite que les euros et crée donc de la richesse. « Les euros peuvent être placés pour rapporter des intérêts alors que la Roue, si on la thésaurise, ne rapporte rien, rappelle Christelle au nom de la Roue marseillaise. Quant à sa valeur, elle est indexée sur la valeur de l’euro, soit 1 roue vaut 1 euro », poursuit la jeune femme.

La Roue, comment ça marche ?
« Il vous suffit de vous rendre dans un comptoir référencé et d’échanger vos euros en Roues. Les euros iront à la Nef, une banque étique qui consacre cet argent au financement de projets dans l’écologie, le social ou le solidaire, raconte Christelle. En retour, avec vos roues, vous pourrez acheter des biens et services auprès des entreprises qui acceptent cette monnaie ». Et finalement, la parité euro/roue facilite aussi bien des transactions. Si vous achetez des fruits et légumes pour 12,50 roues vous pouvez payer 12 roues et 0,50 cents d’euros. Il en va de même, en sens inverse, pour le rendu de monnaie : pour un achat de 14 roues, si vous donnez un billet de 20 roues, le commerçant peut vous rendre 5 roues et un euro…

« L’idée consiste à développer l’économie locale mais pas le repli sur soi. Nous voulons sortir du tout-international », Christelle

« Il n’est pas question d’opposer les monnaies entre elles, insiste Christelle. Une monnaie locale est complémentaire de l’euro ; ce n’est pas parce qu’on est attaché à son territoire qu’on n’est pas ouvert sur l’extérieur ». Les faussaires s’intéressent-ils à la roue ? « Nous ne diffusons pas de monnaie, seulement des billets qui sont dotés de 5 verrous de sécurité parmi lesquels un papier spécial, une bande réfléchissante, un numéro de série. Non, les Roues ne sont pas victimes des faussaires » rassure Christelle.

D’une région à l’autre, des passerelles apparaissent entre les monnaies locales de Paris, de Bretagne, d’Alsace, de Franche-Comté ou du Puy de Dôme pour n’en citer que quelques-unes et le phénomène est appelé à gagner en ampleur. « Il y a un an, au printemps 2019, seules deux entreprises à Marseille adhéraient à la roue. Douze mois plus tard, elles étaient 120, se réjouit Christelle. En revanche, il est très difficile de dire combien de consommateurs adhèrent à la démarche ». En pleins remous, pour contrer les effets d’une crise mondiale destructrice d’emplois, les monnaies locales apportent une réelle réponse, un rempart solide contre les ravages de l’inflation. Tous gardent en tête l’expérience autrichienne… qui pourrait être plus que jamais d’actualité.

Plus d’infos sur le site de la roue ici.

Charte de la Roue et bulletin d'adhésion

A Wörgl en Autriche, une première expérience étonnante

Wörgl est une petite ville d’Autriche de 4 000 habitants qui, la première, a eu l’idée d’introduire un système de bon local durant la Grande Dépression des années 1930. En 1932, le taux de chômage à Wörgl battait des records et la municipalité était endettée à hauteur de 1,3 million de schillings autrichiens entraînant l’arrêt de tous les projets municipaux de construction et d’entretien. Michael Unterguggenberger, maire de la ville, fit alors imprimer 32 000 bons-travail portant un taux d’intérêt négatif de 1 % par mois (monnaie fondante), et pouvant être convertis en schillings pour 98 % de leur valeur faciale. Un montant équivalent en schilling était déposé à la banque locale pour couvrir les bons en cas de rachat en masse et de réclamation des intérêts par le gouvernement. Les bons circulèrent si rapidement, que seuls 12 000 d’entre eux furent mis en circulation. Le système de bons connut un grand succès auprès des commerçants du bourg et de la population. Ces bons financèrent pour 100 000 schillings autrichiens de projets de travaux publics. Le bon eut également cours légal pour le paiement des taxes locales. Pendant l’année où la monnaie fut en circulation, elle servit de catalyseur à l’économie de toute la province et le chômage fut éradiqué alors qu’il battait des records dans le reste du pays.

Ajoute un commentaire

Ecris ici pour poster ton commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

L’Isle-sur-la-Sorgue

Œuf mayonnaise. Le concours du meilleur œuf mayo  du monde s’est tenu à Paris le 14 novembre dernier. Le vauclusien Jérémi Fontin est monté sur la deuxième marche du podium, porté par un œuf fermier bio de gros calibre, cuisson en 8 minutes, « dans de l’eau très salée pour garder un jaune orangé et onctueux » révèle le chef de l’Atelier du Jardin dans le quotidien La Provence. Le grand gagnant 2023 du concours créé par l’Association de sauvegarde de l’œuf mayonnaise (Asom) est la Grande Brasserie de Bastille, à Paris. Pour ceux qui le souhaitent, la recette œuf-mayo de Jérémi Fontin est proposée au restaurant à 8 € les quatre demi-œufs. L’Asom a été créée par feu le chroniqueur gastronomique et fondateur des Guides Lebey, Claude Lebey. Elle a été relancée en 2018 par quatre gastronomes avertis, soucieux de préserver et promouvoir ce monument de la cuisine bistrotière française.
• L’Atelier du Jardin, 34, avenue de l’Égalité,  84800, l’Isle-sur-la-Sorgue.

Guide Fooding

Le nouveau Guide Fooding, édition 2023, qui sera disponible, partout en France, dès ce jeudi 17 novembre, dévoile son palmarès. A Marseille, le titre de meilleur Sophistroquet est attribué à Regain (Sarah Chougnet-Strudel et Lucien Salomon) et le titre de Meilleur esprit d’équipe échoit au restaurant l’Idéal (Julia Sammut, Aurélien Baron et Jérémy Nguyen).

Abonne-toi à la newsletter

Suis-nous sur les réseaux