Restaurants en Provence

Le Poisson rouge avait la façade bleue

poisson rouge 2C’est une pépite comme rarement on en découvre dans l’année et dont l’enseigne annonce un poisson rouge… avec une façade bleue. Déjà, en novembre 2014, on regardait avec attention cette ardoise qui revendique fièrement « Produits locaux et de saison ». Parmi les indices qui prouvent le sérieux des tenanciers : la petitesse de la carte proposant une entrée, un plat de viande ou de poisson et un dessert. Autre signe qui ne trompe pas : tout est écrit sur une ardoise ; preuve que le chef travaille avec ce qu’il trouve au marché, ce qui explique les petits prix de la formule déjeuner (12,50 et 16 €).
A la carte ce jeudi, des couteaux flambés au pastis, des côtes d’agneau aux herbes et une crémeuse assiette de gorgonzola. La formule alignait une très jolie salade de poulet façon César, une épaule d’agneau confite aux épices cajun et une poire bio choco Toblerone. La salade est joliment amenée, jouant sur la fraîcheur et l’acidulé de quelques graines de grenade ; vous aimerez le poulet pané, croustillant et tendre qu’on se surprendrait presque à chiper avec poisson rouge 4les doigts. L’agneau est impeccablement cuit, la polenta crémeuse et moelleuse réchauffe les corps meurtris par les morsures du mistral. Le dessert témoigne d’une très belle idée mais il n’y a pas assez de poire et l’ensemble est trop sucré. Accident en cuisine ? Il suffit de poisson rouge 3commander un café et de le boire tel quel, sans sucre, pour rétablir l’équilibre en bouche. Alors faut-il y aller ? Oui parce que les gens qui dirigent les lieux sont sympas, pleins de bonnes intentions et respectueux de leurs clients. Les prix ? On y mange le fameux triptyque entrée-plat-dessert pour 16 €. Rien que pour ça, ils méritent le Panthéon !

Le Poisson rouge,  47, rue Edouard-Delanglade, Marseille 6e arr. ; résas au 04 91 54 36 07.
Formules déjeuner 12,50 et 16 €. Le soir, on mange avec les doigts de 6 à 8 €. Vin au verre de 2,5 à 3,5 €.

Ajouter un commentaire…

Click here to post a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

pub jeudi

Suis-nous sur les réseaux

Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.