Restaurants en Provence

Pizzéria Chez Jo, à Aix-en-Provence

Finalement, même si ça ne leur plaît pas, les Aixois sont comme les Marseillais en ce qu’ils ont leurs adresses, leurs restaurants, au sein desquels ils se retrouvent et cultivent l’entre-soi. Beaucoup encore cultivent la nostalgie d’Antoine Côté cour, lorsqu’à l’époque Monique recevait le Tout-Aix. pizzeria chez JoChez Jo donc, il y a encore un wall of fame, un mur sur lequel sont punaisées toutes les photos de personnalités, comédiens, acteurs, chanteurs et footeux qui sont venus ici une fois au moins manger la pizza.  Le four à bois trône en plein milieu de la salle ; c’est un spectacle de voir le pizzaiolo s’agiter enfourner et « défourner » les pizzes à la pâte ultra fine et richement garnie. Dans un décor italiano-provençalisant on se délecte des bords passablement brûlés qui rendent délicieusement addictive la pizza. La carte imprimée et plastifiée résiste aux saisons. Immuable, elle propose ravioles en salade, harengs fumés pommes à l’huile, des côtes d’agneau, un contre-filet, de très bonnes alouettes sans tête et le fameux filet pizzaïole aux anchois écrasés. Ici, comme ailleurs dans les bonnes pizzérias, les desserts sont ratés. C’est devenu une tradition, un usage de servir des desserts quelconques dans les bonnes pizzérias. C’est dommage car tout le reste est délicieux… Un jour ou l’autre, il faudra nous expliquer ce mystère. Alors peut-on y aller ? Trois fois oui car les pizzes sont délicieuses, fines et garnies. Attention, elles sont tellement bonnes qu’une petite ne suffit pas : optez pour une grande et régalez-vous.

Chez Jo, 59, rue Espariat, 13100 Aix-en-Provence ; résas au 04 42 26 12 47. Carte 25-30 €.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.