Art de vivre

Les treize desserts sont nés au pied du Garlaban

les 13 dessertsLa tradition des 13 desserts est bien vivante ; il suffit de taper “13 desserts” sur google pour que le moteur de recherche rende son verdict : 106 000 résultats. Mais quantité ne rime pas avec vérité, et chacun y va de sa version, ajoutant la confusion aux contrevérités. On a tout dit et tout lu sur les 13 desserts ; la croyance la plus répandue affirme qu’ils symbolisent les 12 apôtres et le Christ. En manger un de chaque apporterait bonheur et prospérité durant l’année. En réalité cet usage n’a qu’un siècle, “leur naissance est datée du début du XXe siècle expliquait feu Marion Nazet, historienne des coutumes de la région. J’ai trouvé un article de journal de l’époque, le premier à faire référence à 13 desserts. C’est une association de bourgeois marseillais, baptisée Lou Cremascle, qui a eu l’idée de ces 13 douceurs et de leur charge symbolique”, expliquait-elle dans le quotidien La Provence en décembre 2011. Une affirmation corroborée par Georges Mérentier, membre de l’association des amis du Vieil-Aubagne : “Mistral qui a eu l’intelligence d’écrire sur l’ensemble des coutumes provençales (…) ne parle pas de 13 desserts, il évoque les desserts mais ne cite jamais le chiffre 13. J’ai lu en revanche par deux fois que l’abbé aubagnais Joseph Fallen aurait été le premier à écrire à ce propos dans le journal la Pignato, daté du 21 décembre 1925″. Il aurait donc peut-être inventé cette coutume affirme ce grand amateur d’histoire et fin connaisseur des traditions provençales.

Il n’y a pas de liste précise des 13 desserts, ceux qui l’affirment se trompent forcément et ne disposent d’aucune archive écrite pour le prouver. En revanche, il y a 6 présences impératives parmi lesquelles la pompe à l’huile, les nougats noir et blanc (qui comptent pour un), les 4 mendiants (figues et raisins secs, amandes, noisettes) pour rappeler les 4 ordres religieux éponymes. Ensuite, libre à vous d’ajouter pommes, poires, fruits venant de loin (dattes, oranges). Selon les régions où l’on vit, on ajoutera à sa composition des calissons, des oreillettes, des fruits confits, de la pâte de fruits ou des pruneaux. La coutume veut qu’on les savoure au retour de la messe de minuit, servis avec du vin cuit ou de la cartagène (moût de raisin avec du sucre et de l’eau de vie).

Enfin, n’oubliez jamais qu’en ce temps de Noël, beaucoup d’entre nous connaissent la faim et en souffrent. Partagez vos desserts, offrez-les aux malheureux que vous croiserez dans la rue. C’est surtout ça le sens de la fête de Noël.

2 commentaires

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  • Merci ! la vérité vraie finira bien par s’imposer un jour ! Je connaissais tous ces détails et il faut tordre le cou à ces affirmations sans fondement qui voudraient que ce soit “une antique tradition de Provence”.
    Ce qui n’enlève absolument rien à cette belle tradition !

Infos express

Le grand banquet de quelque 600 couverts, qui devait être servi sur la corniche Kennedy à Marseille le 20 septembre prochain a été annulé. Les services de la préfecture des Bouches-du-Rhône ainsi que plusieurs directions d’établissements hospitaliers, se sont émues de cet événement qu’avaient initié Provence Tourisme, les Apprentis d’Auteuil, les Jardins du cloître, les Casseroles solidaires et Gourméditerranée. Au vu de l’aggravation des conditions sanitaires et d’un risque accru de contaminations, le banquet a été annulé et reporté sine die. Du côté de Provence Tourisme, on affichait, ce mardi, une grande déception.

Table du potager au Chêne Bleu le vendredi 18 septembre , table du potager pop-up au domaine du Chêne Bleu à Crestet. A partir de 19h, découvrez la cuisine des chefs Victor et Eric pour une soirée spéciale autour du grenache ! Contact : Camille Flahaut, au 04 90 10 06 30.

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