Voilà deux ans maintenant que les Jouvaud ont ouvert cette épatante boutique-atelier-concept-store déco à l’Isle-sur-la-Sorgue, énième avatar d’une dynastie pâtissière qui, depuis 3 générations, essaime des magasins à Carpentras, Avignon et… Tokyo. Pour être charmant, le site n’en est pas moins sacrément intelligent, donc professionnel, donc réussi. La vitrine présente une foule de petits objets déco à (s’)offrir ; juste derrière, la vaste salle s’organise autour d’ilôts centraux qui présentent les gâteaux, les chocolats et les confiseries. On entre par curiosité dans la maison Jouvaud et on y reste pour déjeuner. Une autre salle aligne des tables de jardin et du mobilier campagne : on tire la chaise, on rit, on s’émerveille de tous ces petits trésors qui fabriquent le spectacle.
On pioche à la carte une délicieuse part de tarte aux carottes et pois gourmands, une quiche lorraine, des clubs sandwiches nordiques au jambon cru et une pissaladière. C’est dimanche, la tablée a envie de liberté, un repas à mi-chemin entre le brunch et le pique-nique. Les pâtes feuilletées beurrées croustillent, s’effritent avec gourmandise, la quiche dégage un parfum de lardons grillés et de fromage râpé qui picote la langue. Idemn de la pissaladière débordante d’oignons confits et d’anchois. La bande de tarte aux légumes fait entrer les végétariens dans la danse avec des légumes fermes et fondants, affichant de belles couleurs au coeur de l’hiver pluvieux. Mais le plus beau arrive : les desserts et ce rarissime Ménélik, un gâteau au chocolat qui a totalement disparu des pâtisseries et qui, pourtant, appartient au panthéon de la pâtisserie française (1).
Mais le must chez Jouvaud, ce sont les meringues, de belles grosses meringues tout juste cuites avec un coeur tout mou et collant qui vont accompagner le premier café, puis un second café tellement la meringue est grosse. Les années passent mais les Jouvaud les réussissent toujours aussi bien, leurs meringues : vanille, amandes et pralines roses, chocolat et nougat blanc, on a l’embarras du choix. La version chocolat est enrichie d’éclats de grué de cacao qui tempèrent les ardeurs du nougat. C’est une volupté pas très éloignée dans l’esprit des fameux « merveilleux » qui affolent les sugar addicts à Paris. Alors faut-il y aller ? Oui bien sûr parce qu’on raffole de ce mélange des genres qui dépoussière la restauration ; on aime ces classiques de la gastronomie qui surprennent encore et le service très attentionné, gentil, souriant et délicat d’une équipe jeune et toujours souriante. Banco les Jouvaud !
La maison Jouvaud, 5 avenue des 4-Otages, 84800 l’Isle-sur-la-Sorgue ; infos au 04 90 26 72 97. Déjeuner de 15 à 20 €.
(1) Longtemps à Marseille, du temps de Linder, du Poussin bleu et de Castelmuro, une pâtisserie de la rue Paradis, baptisée le Ménélik, dépositaire de la marquise de Sévigné, a proposé ce merveilleux gâteau devenu introuvable aujourd’hui.



► La Meilleure Partie, biscuits à suivre.- Djilali Berrahou a 29 ans. Ce jeune entrepreneur marseillais a eu l’idée géniale de commercialiser des cornets de gaufrette remplis de chocolat. « Cette idée m’est venue lors d’une soirée entre cousins quand ma nièce a insisté pour finir le cône de ma glace », dit-il. Flairant la bonne opportunité, Djilali a décliné sa gamme en 5 références : cornet 73% choconoir, 39% chocolait, 31% chocoblanc, un blanc pistache et un blond caramélisé. Jamais en reste d’une bonne idée, le fondateur de « la Meilleure partie », réfléchit à commercialiser des roses des sables croustillantes enrobées de chocolat fondant. Du mordant et une bonne humeur à toute épreuve, Djilali Berrahou est sur tous les fronts, de la production à la commercialisation. Ses cornets sont en vente en grandes et moyennes surfaces et les débuts sont déjà très prometteurs !




