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Manger à l’Oeil au Mucem : ces photos qui plongent dans les us et coutumes alimentaires des Français

Imaginez la scène : Fred et Marie-Laure mangent assis par terre, devant une table basse, et regardent le 20h de France2. Sur leurs genoux, un plateau composé d’un yaourt dans un pot en plastique, une bouteille d’eau minérale dans une carafe d’eau filtrée Brita, un reste de coquillettes au jambon que Fred a passées au micro-ondes et deux kiwis. Instant banal ? Ne croyez pas ça car cette scène était inconcevable il y a 40 ans à peine.

manger à l'oeil
Scénographie “Manger à l’oeil”, S. Massot, Juillet_2018, F. Deladerriere
La première fois… 1823, première photographie de repas par Nicéphore Niépce.
1903, les frères Lumière déposent le brevet de l’autochrome, dit « procédé de photographie en couleur ».
1906, invention de la Blédine.
1907, premier bouillon Kub.
1916, naissance du réfrigérateur.
1948, le concours de la Meilleure ménagère devient le concours de la Fée du logis.
1954, première émission culinaire à la télévision : “Art et magie de la cuisine” avec Raymond Oliver.
1963, premier supermarché. 1969, premier restoroute et naissance des fiches cuisine Elle.
1979, premier McDonald’s.
2010, arrivée d’Instagram…
Avec son exposition justement dénommée “Manger à l’Oeil”, le Mucem raconte en images l’évolution du comportement des Français à table pendant 200 ans ; deux siècles où rien n’a changé et où tout a changé. Le parcours débute par la première photo alimentaire de l’Histoire : “La table servie”, soit une reproduction d’une héliographie sur verre réalisée par Nicéphore Niépce dans les années 1820. Cette image a été perdue au début du XXe siècle, et on ne dispose à ce jour que d’une publication datant de 1893… On est loin de la pornfood véhiculée par Instagram.
De la ville à la campagne, de l’ouvrier au bourgeois, chaque photo raconte un univers et des usages qui perdurent jusqu’aux années 1980 : le repas du dimanche midi pris en famille en est un bon exemple. Il semble qu’à l’aube du XXIe siècle, ce sacro-saint déjeuner où souvent était invité Monsieur le curé tende à s’effacer. C’est ce repas-là, le fameux repas français composé d’un hors- d’oeuvre, d’un plat de poisson et/ou de viande, une salade suivie de fromages et d’un dessert qui est typique de l’art de vivre à la française. En 2010, l’Unesco a classé le repas gastronomique des Français au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Par «gastronomique», l’Unesco ne signifiait pas « bonne » ou « haute cuisine », mais la mise en discours de règles du manger et du boire qui structurent encore aujourd’hui le repas des Français.

La frise photographique nous conduit en Bretagne où les banquets de mariage réunissant plus de 1000 personnes n’étonnent guère les Français de 1900 ; dans le même temps, en ville, loin des tenues paysannes, hommes en cravates et dames chapeautées conversent à table dans de beaux appartements lambrissés où les lustres symbolisent les débuts du confort moderne. La Grande Guerre s’est achevée et, en 1923, le salon des arts ménagers raconte le besoin d’émancipation des femmes et de cette société lasse des privations et souffrances. La cuisson vapeur et les premières cocottes minutes simplifient la tâche et permettent de cuisiner plus vite. Les carnets de recettes s’enrichissent et, en 1936, l’avènement des congés payés va inviter les Français à s’initier aux joies du pique-nique voire du camping. La fin des années 30 salue les progrès de la photographie, les appareils se faisant plus légers, pratiques et maniables, on assiste à une augmentation du nombre de tirages qui illustrent plus richement les habitudes d’alors.

De la privation à la gabegie
Survient alors la Seconde Guerre mondiale,  une large partie de la nourriture produite en France est exportée en Allemagne condamnant les Français aux rutabagas et topinambours. Le pain manque, la viande aussi. Au sortir de ces années noires, répondant au rationnement et aux pénuries, vient le temps de la surconsommation qui trouvera écho durant 50 années de consommation débridée. Nous y sommes, les industriels vont s’en donner à coeur joie répondant à un pouvoir d’achat en constante augmentation. Le nouveau credo : il faut aller vite et se simplifier la vie. La femme se « libère », comme l’affirme le fameux slogan de Moulinex et le magazine Elle publie ses premières fiches cuisine en 1969. De la nationale 7 au premier restoroute, du premier supermarché en passant par les balbutiements des émissions de cuisine à la télévision, l’exposition “Manger à l’oeil” raconte l’ère des excès et du plaisir sans compter.

Les années 1970 marquent le début de la “schyzophrénie française” : la société balance entre surconsommation (merci les supermarchés) et les balbutiements d’une cuisine santé épaulée par la prise de conscience bio. La suite ? Il suffit de regarder chaque image pour s’y retrouver et là, nul n’est besoin de décryptage.

Alors, faut-il y aller ?

Chacune des photos demande de longues minutes d’observation : les détails vestimentaires, l’hygiène, l’organisation des invités autour de la table laissent songeur. Ainsi de ces spahis marocains préparant le couscous en 1914 dans un campement de l’Oise qui laissent deviner combien ce plat est enraciné dans la culture française. Des cantines des usines Citroën en 1917 jusqu’à nos cantines actuelles, le sentiment de repas pris en communauté est omniprésent. En revanche, la solitude qui apparaît à table depuis les 20-30 dernières années nous interroge. Mise en scène aussi bien pour les passionnés de gastronomie que pour les néophytes, cette exposition est aussi faite pour les enfants qui auront besoin d’adultes qui leur décrypteront certains codes. Une expo incontournable pour ceux qui pensent et mangent avec le même plaisir.

“Manger à l’oeil”, réservations et Renseignements au 04 84 35 13 13 de 9h à 18h. Billets Mucem expos permanentes et temporaires : 9,5€ & 5€ (valable pour la journée).
Billet famille, expos permanentes et temporaires : 14€ (valable pour la journée). Visites guidées (billet Mucem inclus), 1h30 : 14 – 9,5 & 4,5€ (moins de 18 ans)
Dates et réservation sur www.mucem.org Audioguide, 3,50 €.

Infos express

Brunches du dimanche À partir du 27 septembre, et jusqu’à la fin de l’année, La Benvengudo propose aux gourmands (et aux lève-tard) un brunch concocté par la chef Julie Chaix. Sous forme de buffet, les hôtes disposeront d’une sélection de mets salés et sucrés, cuisinés à partir de produits locaux et de saison. Une pause gourmande parfaite avant de partir se balader dans le village des Baux-de-Provence. Brunch servi tous les dimanches de 11h30 à 15h, prix : 49 € par personne. Infos au 04 90 54 32 54.

Glenn Viel, chef du restaurant l’Oustau de Baumanière, aux Baux-de-Provence, a été élu « chef de l’année 2020 » par ses pairs à l’occasion de la 34e édition des Trophées du magazine Le Chef ce lundi 21 septembre. Né en janvier 1980 dans une famille de militaires, son aventure à Baumanière a démarré en 2015 quand Jean-André Charial, le propriétaire, l’a appelé pour redonner vie à ce restaurant mythique. Dès son arrivée, Glenn Viel a mis en place une cuisine écoresponsable avec le développement d’un potager bio, de ruches ainsi qu’une ferme pédagogique. En janvier 2020, il décroche sa 3e étoile. Il est aussi distingué au titre de la “gastronomie durable”, lancé par le guide rouge qui honore les restaurants ayant une démarche écoresponsable. Côté pâtisserie, c’est Brandon Dehan du même restaurant qui est distingué. Originaire de Noyon dans l’Oise, il avait été désigné jeune chef pâtissier de l’année en 2019 par le guide Gault et Millau. Ce sont les chefs référencés dans le Guide Michelin qui votent chaque année pour élire les meilleurs de la profession lors de cette 34e édition des Trophées du magazine Le Chef, seule élection des professionnels de la gastronomie française par leurs pairs.

Samedi 10 octobre « Plus beau village de France » du nord Vaucluse, Séguret organise toute la journée, une dégustation des vins du village, une découverte de nombreux artistes et créateurs du village, une découverte de boulange à l’ancienne avec démonstration en direct (confection de pains, de brioches et de tartes au sucre à l’ancienne dans le four banal du village). A 10 h, accueil au portail de la Bise pour la remise du programme de la journée. À 10 h, 11 h, 15 h et 18 h : visites guidées du village médiéval au départ du portail de la Bise. Durée environ 1h (3 € par adulte et gratuit pour les mineurs).
10 h 30 et 15 h 30 : atelier « la vie des Abeilles » suivi d’une dégustation des miels bio de Jérôme Busato au château Cohola à Sablet. A 11 h et 16 h : atelier « les 3 goûts de l’huile d’olive en Provence » à l’atelier les 3 Souquets à Séguret.  12 h : dégustation des bières artisanales de Jean-Pierre Meffre de Chante-Grenouille. A 16 h 30 : cooking show sur le thème des Traditions de Séguret avec présentation de plusieurs mini recettes (au restaurant Le Mesclun – durée 1 h, gratuit, 20 personnes max). 17 h 30 : petit historique sur le métier de santonnier avec explication des différentes étapes de création artisanale d’un santon avec Denis Voeux. Plus d’informations au 04 90 46 91 06.

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