
C’est le ventre de gravité de l’île de Bendor, un point de ralliement pensé comme une place de village. Sur la terrasse du Nonna Bazaar, on se prélasse sur les transats et banquettes, on rit avec ses potes et on admire le port de Bandol, si près, si loin. A son nom seul, cette brasserie assaisonnée comme à Minorque, parvient à enlacer toute la Méditerranée : Italie, Grèce, Maghreb, Provence… Tous les rivages défilent dans un décor dont on ignore s’il tient plus des pueblos blancos andalous ou des iposkafa grecques.
On n’est pas à Paris et ici on ne déjeune pas à midi ; l’ambiance commence à s’échauffer vers 13 heures au rythme du va-et-vient des serveurs et du tintement des verres de vin, rosé ou blanc, des châteaux Saint-Maur ou Sainte-Marguerite. Ile de Bendor oblige, beaucoup optent pour un Ricard, noyé de glaçons, pour coller à l’esprit des lieux. En cuisine, les chefs Jean-Christophe Saintonge et Lionel Lévy entrainent leur brigade dans une sardane qui enchantera le service.




Chez la Nonna, tout est matière : terre cuite, bois, murs chaulés… Chaque saveur est un marqueur identitaire : mezzés, panisses-aïoli, chakchouka et carpaccio de gambas marinées donnent le ton. On aime les légumes de la soupe au pistou au Sabih Zhoug, on plonge en mer avec ce poulpe rôti à la puttanesca piccante, on visite le potager en savourant quelques petits farcis à la niçoise. L’Italie voisine invite aux spaghettis au homard et à la pizza (superbe pizza della nonna à la mortadelle et pistaches torréfiées, lahmajun arménienne à la viande épicée).


L’anchoïade est parfaite en tout point, excessive en sel, forte et idéalement « contrastante » avec la fraîcheur et le croquant des légumes. Beaucoup moins audacieuses, les croquetas au fromage, aux chipirons et au jambon cru n’ont pas grand intérêt et plairont surtout aux enfants. La pastilla de légumes aux épices douces surprend par sa subtilité, sa discrète croustillance, le juste dosage en sucre… Un exercice de haute volée. Restent les desserts avec un magnifique et léger tiramisu et des chichis, sucrés, gourmands, régressifs et rassurants, qu’il conviendra de partager tellement l’assiette est généreuse.

S’il est une adresse à découvrir sur cette île de Bendor nouvelle époque, c’est bien le Nonna Bazaar dont vous aimerez l’exécution assumée des recettes. Les saveurs sont franches, les plats d’une grande intégrité respectent la tradition de leur pays d’origine, le service est cool et convient à cette nonchalance élégante qui nimbe les lieux. Vivement, très vivement, recommandé.

► La fête de la Châtaigne de Collobrières animera la commune les dimanches 11, 18 et 25 octobre, de 9h à 18h. Trois dimanches avec, pour chacun, un programme festif, gourmand et porté sur la sensibilisation aux circuits courts, aux produits de saison et à la valorisation de la filière agricole varoise. Dimanche 11 octobre, un marché réunira une vingtaine de producteurs et artisans varois venus présenter leur savoir-faire : miels de Didier Maiffret, figues blanches et calissons d’Angèle confiserie, vins du Domaine de l’Avellan et du Domaine de Capelude, fromages de chèvre des Caprines d’Eole et de Jo Léone, châtaignes et crème de marrons de Nostre Terraire, huile d’olive des Granges de Sophie, escargots de Callas de l’Espigaou, ou encore agrumes de PME Agrumes. Grenades, gingembre de Hyères, confitures et pistou artisanal complèteront l’offre. Le chef Cyril Aveline, du restaurant Hestia à Bormes-les-Mimosas, cuisinera les produits des artisans présents. Maître de la cuisson à la flamme, il cuisinera en public. Au menu : caillette à la châtaigne, échine de cochon confite puis snackée à la flamme, chèvre frais au miel et au gingembre. Les visiteurs se procureront sur place, le jour même, un pass gastronomie à 15 € pour accéder aux dégustations. A 16 heures, le public participera au premier championnat de France d’épluchage de châtaignes. Avec dégustation à la clef.
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