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Nouveau chef et grande réorganisation au domaine de Baumanière

Jean-André Charial
Jean-André Charial réorganise tout son groupe

Après le départ de Sylvestre Wahid des cuisines de l’Oustau de Baumanière, et les soubresauts que cette annonce avait provoqués en 2014, le propriétaire de l’adresse mythique, Jean-André Charial, procède actuellement à une refonte complète de son groupe hôtelier.
« Je fusionne la Cabro d’or et l’Oustau de Baumanière en une seule entité », déclare le maître des lieux. Une réception unique pour un grand domaine qui comptera deux restaurants sobrement baptisés la Cabro d’or et l’Oustau de Baumanière : « Je réorganise mes maisons sous une seule entité juridique au lieu de  trois auparavant pour une optimisation des forces » confirme Charial. L’entrée et le parking de « l’ancienne » Cabro d’or sont remaniés et partiellement réaménagés en jardins, l’ancien bureau de Jean-André Charial déménage et devient la réception de ce vaste ensemble ; coût des travaux : 700 000 euros au bas mot.

Un nouveau chef

Grand chambardement en cuisine également. A la suite du départ de Wahid, c’est Charial qui a enfilé la chemise blanche et la toque mais de nombreux grands noms se sont manifestés pour prendre la place laissée vacante par le Pakistanais. Philippe Labbé (ex-Shangri-La, ex-cuisinier de l’année Gault-Millau 2013), Michel Del Burgo (dont le passage éclair à la bastide de Gordes reste dans toutes les mémoires) ont fait acte de candidature. Mais Charial leur a préféré un cuisinier moins « exposé » médiatiquement : Glenn Viel.

glenn viel
Glenn Viel, habitué des deux étoiles, devra les conserver à l’Oustau

Viel est un habitué des palaces : du Meurice en 2000 (brigade de Marc Marchand), jusqu’au Plaza avenue Montaigne, deux ans plus tard. En 2003, sa route croise celle de Nicolas Sale dont il est le second à l’Hôtel Hyatt Regency Madeleine. Il part ensuite au Hyatt Regency à Casablanca, puis au grand hôtel du Castelet dans le Var puis rejoint les cuisines du restaurant Péron sur la Corniche à Marseille. Le chef a la bougeotte et, en 2007, on le croise à L’Aromate à Nice. Il rejoint les cuisines de la Caravelle à Bonifacio en saison puis devient chef des cuisines du Kilimandjaro en 2011. C’est là, à Courchevel, que Charial fait sa connaissance. La suite tout le monde la connaît : « Il m’a fait la cuisine et j’ai beaucoup aimé » confesse, laconique, Jean-André Charial. « Une chose est sûre : je veux rester maître chez moi, je veux continuer à donner le ton à ma cuisine » avertit Charial… Viel est prévenu.

Domaine de Baumanière, chemin départemental 27, 13520 aux Baux-de-Provence ; 04 90 54 33 07.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.