Restaurants en Provence

Ouréa chez Jogging, le fabuleux délire de Matthieu et Camille

OuréaCe qui était un secret d’initiés est en train de devenir le nouveau place to be de tous les happy few qui, à défaut de se refiler l’adresse sous le manteau, claironnent sur tous les toits y avoir mangé. On (re)plante le décor : le concept-store Jogging a aménagé son mini jardin, à l’arrière du magasin, en terrasse d’été improvisée. Devant une table en béton faisant office de plan de travail, assisté d’une simple gazinière et d’un four de fortune, Matthieu Roche cuisine. A son côté, la ravissante Camille Fromont qui assure le service, assiste le dressage des assiettes, accueille les clients et sélectionne les vins. Dès qu’il le peut, le chef fait le tour des tables et salue ses clients. Tout ceci dans un mouchoir de poche qui ne doit guère excéder les 30 m2.
Pour qui connaît le parcours du jeune couple, cette situation est incongrue : il y a un an, le voici qui officiait en plein Saint-Germain-des-Près à Paris, au Sémilla. Une clientèle exigeante et gâtée, une brigade de 20 personnes en cuisine, une armée en salle… Et puis l’envie d’envoyer valser l’étoile du Michelin, de changer de vie et de laisser la barque les ramener sur les rives du Lacydon.

Matthieu fait donc ce qu’il sait faire : cuisiner et mettre en accord ses convictions avec sa prestation. Toujours en quête de producteurs à l’éthique irréprochable, il s’est constitué un solide répertoire de fournisseurs haut de gamme. Le cuisinier et son épouse sont des intègres du produit, des respectueux de la saison, des fanas du local. Il en ressort des assiettes à dominante végétale, fines et délicates à l’image des sardines roulées ricotta-citron et pommes de terre fondantes pousses de pak choï en guise d’entrée. Une pointe acidulée tempérée par la saveur ronde et grasse d’une pomme de terre, un peu de romarin râpé… Tout est délicat, suggéré plus qu’affirmé. On marche sur le fil et pourtant quelle assurance. Le minestrone de légumes-pancetta corse et vierge de tomates-melon respirent la fraîcheur à plein nez. Ici des effluves de basilic, là des perles d’huile d’olive fruité vert qui brillent comme de l’or. Un beau travail de mesure et de suggestion alors que la timidité du chef transparaît dans les assiettes. Sur une crème d’amandes, le sablé breton, les abricots frais et compotés racontent un été ensoleillé. Comme pour s’amuser, les graines de tournesol caramélisées apportent le craquant qui vient en écho au croustillant du sablé.
Alors faut-il y aller ? Comment peut-on encore se poser la question ?
Il est urgent de réserver chez Ouréa car ce bonheur ne durera pas plus d’un été. Vous êtes prévenus.

Ouréa chez Jogging, 103, rue Paradis, Marseille 6e. Résas au 04 91 81 44 94. Service déjeuner du lun au ven. Le soir uniquement sur privatisation. Midi 21 et 25 €.

Abonnez-vous à notre newsletter

Suis-nous sur les réseaux

Vite lu

Le Val labellisé. Avec l’aide du conservatoire méditerranéen, le maire de la commune du Val dans le Var, Jérémy Guiliano, vient de lancer un programme de préservation du Boussarlu, une variété endémique d’oliviers menacée de disparition. Pour un montant de 4 000 €, en plus de fonds européens, le maire veut reconnecter sa population avec ses oliviers et relancer toute une filière. Et pour commencer, le Val vient d’être labellisé « commune oléicole de France ».

(Encore) un nouveau directeur aux Roches Blanches. Comme chaque année, l’hôtel restaurant cassidain présente son nouveau directeur. Il s’agit d’Emmanuel Blanchemanche qui a quitté la direction du domaine de Verchant, près de Montpellier, pour Cassis. « Je suis très heureux de me lancer dans ce nouveau projet de vie, de  surcroît dans cet environnement exceptionnel. Pouvoir écrire un nouveau chapitre pour ce lieu mythique est un privilège et j’ai suivi les conseils de Winston Churchill, qui a résidé aux Roches Blanches : pour s’améliorer, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut avoir changé souvent ». Il n’est pas sûr que dans l’hôtellerie et la restauration ces changements perpétuels soient très rassurants pour les clients.

Sébastien Sanjou au château Mentone. Le chef varois rejoint pour l’été le domaine viticole de Mentone et y ouvre « la Table de Mentone ». Dès les beaux jours arrivés, la table est dressée en extérieur, face au vignoble et aux forêts qui le bordent. La ferme-auberge promet de conjuguer convivialité et partage avec des menus d’esprit provençal composés avec les légumes et herbes fraîches du potager, les fruits des vergers, olives de l’oliveraie du domaine et les œufs du poulailler. Viandes et volailles, fromages et charcuteries sont, eux, issus de producteurs locaux. Les vins de la propriété, classés Côtes de Provence bio, accompagnent les menus. En mai et juin, ouverture du mercredi au dimanche au déjeuner et du mercredi au samedi au dîner.
Château Mentone, 401, chemin de Mentone, 83510 Saint-Antonin du Var ; infos au 04 94 04 42 00.