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Philippe Savinel, le président-directeur général des sociétés Ricard et Pernod se confie au Grand Pastis

Il se réclame épicurien et hédoniste, revendique ses origines bretonnes et confesse ne plus vouloir quitter la région. Lui, c’est Philippe Savinel, le président-directeur général des sociétés Pernod et Ricard, emblèmes de la Provence sur fond bleu de mer et jaune de soleil. “Etre épicurien, c’est très difficile ; c’est un état d’esprit, un concept cérébral qui s’inscrit dans la projection” détaille cet ancien de l’Essec. Emaillant son propos de locutions latines et de citations qui synthétisent une pensée alerte, enjouée et souvent drôle, Savinel confesse : “J’ai pris des cours pour parler en public, j’ai un naturel très timide”. Dans une entreprise qui cultive la mémoire de son fondateur, Philippe Savinel entend perpétuer l’esprit humaniste des premières heures : “Je dois faire en sorte que les gens soient heureux dans cette société, c’est un souci pour moi. Je suis un paternaliste moderne, j’insiste sur l’épithète moderne” poursuit-il. A l’heure du déjeuner, le patron se laisse aller à la confidence et raconte ses années passées en Irlande : “J’y ai vécu 5 ans, ça me rappelait ma Bretagne natale. J’y ai retrouvé mes racines gaéliques, des gens qui aiment la terre et sont adorables. A Dublin, on ne passe pas 5 minutes seul au comptoir d’un pub, il y a toujours quelqu’un pour venir vous parler” et de citer le poète irlandais William Butter Yeats, “There are no strangers here only friends you haven’t yet met” (1) en irlandais, dans le texte…

Philippe Savinel

Les deux sociétés Ricard et Pernod pèsent 870 millions d’euros de chiffre d’affaires hors droits et hors taxes en France. A Marseille, le site de Sainte-Marthe emploie 450 personnes. Pernod et Ricard revendiquent presque 30% de parts de marché des spiritueux en France. Ricard réunit 30 marques et Pernod 25.
La greffe en Provence est heureuse, “cette région est un théâtre permanent. La beauté des paysages, les gens, la mer, la montagne, le Luberon, l’Italie… tout est à portée de main. Je ne me vois pas prendre ma retraite ailleurs qu’ici”, reconnaît le patron de Pernod et Ricard qui se réjouit de voir revenir en Provence ses 3 enfants parisiens à chaque fois qu’ils le peuvent. “C’est important la famille, dit-il le ton grave. C’est un facteur d’équilibre ; en famille, on partage tout sans arrière-pensées”.
Dans quelques jours, le premier tour de l’élection présidentielle 2017 conduira ce chef d’entreprise aux quelque 870 millions d’euros pour le seul marché français, devant l’isoloir : ‘Tout ce qui est extrême est insignifiant’, disait Talleyrand, lâche-t-il en guise de réponse. Puis il ne peut réprimer une réflexion supplémentaire : Le progrès social ne passe que par le développement économique. Je défends ceux qui prônent le retour de la fertilité économique en France”.

Joueur d’échecs chevronné, “je peux jouer jusqu’à deux heures par jour”, Philippe Savinel est classé “première catégorie. Je travaille pour maintenir le niveau” et pousse plus loin la comparaison : “Forces/faiblesses, décisions irrévocables, adversaire/concurrent, les échecs c’est comme la vie en entreprise et puis ‘Il y a plus d’aventures sur un échiquier que sur toutes les mers du monde’ disait Mac Mahon”. Depuis 5 ou 6 ans, Philippe Savinel s’est fait discret, n’accordant presque plus d’entretien : “Avec l’âge, on devient sage, je préfère voir les gens de mon entourage évoluer et progresser”. Lui demandant quels sont ses 3 restaurants préférés, Philippe Savinel balaie toute réponse d’un revers de main : “C’est impossible car tout dépend des convives, du moment et de l’humeur”. Devant une vitrine réunissant des marques prestigieuses, le président-directeur général confesse une préférence pour le Ricard et le Lillet… Et puis revient sur la question de son restaurant préféré : “Il faut reconnaître que je suis très sensible au prix et le bon trop cher tempère mon enthousiasme”. Finalement, un client comme tous les autres…

(1) Il n’y a pas d’étrangers, il n’y a que des amis que tu n’as pas encore rencontrés.

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Solidarité

  Solidarité avec les trisomiques La  Marche des 21 est partie de Lyon dimanche 13 octobre dernier. Durant 21 jours, un groupe de familles et amis de l’association Trisomie 21 Rhône et Métropole de Lyon parcourront la France pour aller à la rencontre d’autres associations et structures privées pour mettre en avant leurs initiatives à l’endroit des personnes porteuses d’un handicap et plus particulièrement d’une trisomie 21. Chaque étape est l’occasion de participer localement à un événement organisé par une association ou un établissement privé local. Ces événements ont pour point commun de promouvoir la rencontre entre le grand public et les handicapés mentaux. Tout au long de ce parcours, les membres de Trisomie 21 Rhône et Métropole de Lyon rédigeront une liste de 21 propositions d’amélioration afin de les remettre au au gouvernement et députés. Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées recevra cette liste au terme de l’événement. Rendez-vous à Marseille à la salle des Lices (12, rue des Lices, 7e arr.) vendredi 18 octobre à 19 heures. C’est Lionel Guarnaccia du restaurant le Papillologue (225, bd Paul-Claudel, 10e arr.) qui offrira le buffet avec le soutien de généreux fournisseurs.

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