Restaurants en Provence

Un déjeuner à la brasserie Les Panisses à Marseille

panisses os moelleAmbiance de fête dans les rues. Il fait froid, on s’enveloppe dans de grandes écharpes et les bras chargés de paquets, on court les rues décorées. A midi, je vous recommande de pousser la porte d’une des (trop rares) brasseries de la ville. A l’intérieur, les couverts s’entrechoquent. Derrière le comptoir, on s’agite sans jamais se départir d’un sourire jovial. Pour plus de confort, demandez à manger dans les boxes conçus pour quatre personnes, cependant, les tables longeant les banquettes de moleskine sont très agréables. La formule menu au déjeuner propose un bon rapport qualité-prix à 18 euros ; en entrée, une très recommandable poêlée de couteaux sautés en persillade à l’orange, un œuf cocotte aux asperges vertes et saumon fumé-crème d’aneth ou un velouté d’asperges vertes et saumon fumé par le chef-crème d’aneth.
En guise de plat principal, des ravioles de Royans sautées au pesto-émulsion de parmesan et tomates confites, des spaghettis maison aux palourdes-émulsion de roche et sauce vierge, un filet de bœuf sauce trois poivres concassés et frites maison… L’embarras du choix.

panisses andouilletteSans renier la tradition, le chef parsème ses plats de bonnes idées, autant de petites touches qui confèrent à sa carte une discrète modernité : la friture mixte de calamars, joels frais (tout petits poissons) et un rouget s’accompagne d’une pertinente rémoulade au citron, la tranche d’espadon cuite à peine rosée est escortée d’une poêlée de légumes verts sautés et d’une émulsion d’herbes fraîches. Enfin, last but not least, l’andouillette AAAAA grillée nappée de sauce moutarde fraîche est servie avec une purée de pommes de terre sur laquelle ont été jetés des éclats de noisette pour en révéler les notes boisées.

Un conseil ? Privilégiez les desserts qui, en dépit de leur clacissisme, n’en font pas moins preuve de beaucoup de personnalité dans leur exécution : baba au thum ambré-chantilly maison, tarte au citron meringuée-coulis de mandarine (là encore, quelle belle idée), éclair chocolat-chantilly sauce chocolat chaud et éclatant vacherin aux framboises glace vanille et amandes grillées…
Les mois passent mais l’intérêt pour cette brasserie ne faiblit pas. Le très bon rapport qualité-prix du déjeuner incite les curieux à pousser la porte. Venus par hasard, ils reviendront par envie…

Les Panisses, 23, rue Sainte, Marseille 1er ; résas au 04 91 52 86 83 ; formules déjeuner 18 et 22 €.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.