Magazine

Vincent Dubreucq, le chantre de la « pâtisserie traditionnelle »

Vincent DubreucqDe la boulangerie à la pâtisserie, il a franchi le cap. Avec succès à en juger par l’intérêt croissant des amateurs toujours en quête d’une nouvelle adresse, avec talent à en juger par le bel alignement de gâteaux en vitrines témoignant d’une passion pour le moins avouée de la pâtisserie. Marseille compte un pâtissier supplémentaire depuis le 1er octobre dernier, date à laquelle Vincent Dubreucq a inauguré son petit magasin du quartier de Saint-Barnabé : « Initialement, je ne comptais pas m’installer à Marseille, j’ai cherché un site dans le Var et dans les Bouches-du-Rhône et, finalement, Marseille s’est imposée, raconte ce natif de Digne dans les Alpes de Haute-Provence. Ce qui m’a séduit à Saint-Barnabé, c’était l’ambiance village dans une ville de presqu’un million d’habitants ».

 VERBATIM
Conticini : « C’est mon modèle en pâtisserie »
Sa boutique : « Je travaille dans une petite structure pour repartir de la base, pour gommer les erreurs et tendre vers le traditionnel »
Les autres : « Les gens d’autres continents, d’autres cultures ça me plaît, ils m’apprennent beaucoup »
Les honneurs : « Finalement, on vit très bien sans médaille même si je sais que c’est important quand on a un commerce »
La France : « Il y a des champions du monde partout dans le monde, il faut se méfier et ne pas vivre autocentrés sur la seule France »
Vincent Dubreucq est venu à la pâtisserie sur le tard ; boulanger de formation, son cursus, des plus classiques, a débuté à 14 ans en pré-apprentissage : « J’ai fait mon CAP boulangerie en 2 ans et j’ai poursuivi avec une maîtrise que j’ai arrêtée au bout d’un an parce qu’on m’a proposé un poste de responsable en boulangerie et j’ai accepté », avoue-t-il tout sourire.
D’une nature discrète, Vincent Dubreucq gagne en confiance et se laisse aller à la confidence : être son propre patron, c’était un rêve depuis qu’il avait 17 ans mais « manquant de moyens, il a fallu que je fasse mes preuves et à 22 ans, la banque m’a octroyé mon premier prêt, dit-il. J’ai eu ma première affaire en 2002, la seconde en 2009″.

Dubreucq a fait sa carrière à Digne, Marseille c’est son expatriation : « Je me définis comme un boulanger qui, pendant 10 ans, n’a pas voulu entendre parler de pâtisserie. C’est ma compagne d’alors qui m’a ouvert les yeux sur ce qui se faisait dans ce monde. Elle m’a montré ce que les pâtissiers parisiens façonnaient, nous allions à Paris « voir de près » chez Hermé, Lignac, et tout doucement j’y suis arrivé ». De sacs de farine en pétrin, Dubreucq va se passionner pour le métier de tourier avant de se pencher sur le travail de Philippe Conticini, « c’est lui qui m’a convaincu, il m’a donné envie, c’est mon modèle en pâtisserie ».

Vincent DubreucqBoulanger, tourier, voilà Vincent Dubreucq pâtissier ; un parcours en toute logique : « La pâtisserie c’est un métier qui évolue à l’infini, analyse-t-il. Le décor ça me plaît bien sûr mais ce sont le goût et les textures qui m’intéressent le plus, le visuel n’est pas mon point fort, je ne prétends pas à la modernité ». Accoudé à son comptoir, Dubreucq peine à se définir, « je dirais que je suis un millefeuille, une pâte à chou, une forêt noire, s’amuse ce puriste de l’artisanat. Je ne suis pas tombé dans le panneau de l’industrie et je n’ai jamais vendu de croissant surgelé, je travaille avec mon beurre AOP… Je reste campé sur cette idée que le client veut des produits simples et vrais et mon baba, il est authentique, même si je le propose carré ».

« C’est difficile de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie, la puissance d’influence de l’industrie agroalimentaire est redoutable »

« Ma mère me dit toujours que je dois travailler et vivre, alors que moi je vis pour le travail » confie ce professionnel « simple à l’image de [son] parcours ». Vincent Dubreucq affiche une nature humble, « je fuis les paillettes et suis un cow-boy solitaire, à tort peut-être ? ». Curieux, l’homme a visité beaucoup de confrères, il a aussi goûté leur travail parce qu’il aime échanger, apprendre de l’expérience des autres et confesse une certaine perplexité face à des « jeunes qui sont obnubilés par les émissions télé mais ignorent tout de la réalité du métier ». Alors, comme pour replonger dans la réalité du métier, le pâtisser donne à goûter sa tarte « infiniment café » enrichie d’un crumble à la fève tonka… A moins qu’on ne jette son dévolu sur le fameux baba carré généreusement imbibé cachant en son coeur une crème aux fruits exotiques. Less is more.

Boutique de desserts Vincent Dubreucq, 128, rue Montaigne, Marseille 12e arr. Infos au 04 91 43 10 52.

Photos Priscilla / Fully Funny

1 Comment

Ecris ici pour poster ton commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  • Aucun regret d’être « monté sur Marseille » pour découvrir cet artiste pâtissier… quel bonheur de vivre l’aventure à chaque dégustation…

Aix-en-Provence

Jean-Luc Le Formal n’est plus. 2002-2022, le  plus breton des chefs provençaux a mis 20 ans dans la cité du Roy René pour gravir tous les échelons de la notoriété. Las, ce samedi 3 décembre, le cœur de Jean-Luc Le Formal a décidé de siffler la fin de la partie. Au Grand Pastis qui lui avait demandé s’il avait des regrets, Le Formal avait répondu : – Je n’en ai pas. Il faut assumer ce qui a été fait car on ne peut plus revenir dessus ». Fort de sa devise, « Profiter du moment présent à 100%, vivre et partager sa passion », Jean-Luc Le Formal a vecu pleinement pour la cuisine avec une douleur et une incompréhension : le mutisme du guide rouge à son encontre. Généreux dans le verbe et en actes, solidaire et confraternel, Le Formal tire définitivment le rideau sur son restaurant de la rue Espariat. En ces journées pénibles, chacun pensera à Yvonne sa compagne ; une cérémonie sera célébrée à Aix, jeudi 8 décembre.
Son interview au Grand Pastis.

Marseille-Cassis

EXCLUSIF. – C’est bien le chef des Roches Blanches, Alexandre Auger, qui succédera à Dominique Frérard au piano du restaurant les Trois Forts du Sofitel Marseille-Vieux-Port. Auger est arrivé à Cassis le 7 juin 2021 et devrait en partir tout début janvier 2023. Avant d’acter son départ, deux soirées seront organisées dans le 5 étoiles cassidain les 15 et 16 décembre. Le 15 décembre, Alexandre Auger et Randy Siles, chef costaricien, créateur du concept « Agro-Marino », serviront un dîner à 4 mains sur la thématique « Agro-Marino ». Le 16 décembre, le cuisinier Randy Siles s’associera cette fois au chef italien Gabriele Boffa, 2 étoiles au guide rouge, originaire du Piémont en Italie, pour un dîner à 4 mains. Valentin Fabry, chef pâtissier des Roches Blanches, quant à lui, proposera deux desserts uniques pour clore subtilement ces deux rendez-vous sur une belle note sucrée… Et dire au-revoir au chef Auger. Emule de Yannick Alléno avec qui il a travaillé au Meurice, Auger a aussi dirigé la brigade du Sofitel Faubourg, rue Boissy d’Anglas (Paris VIIIe), voisin de l’Elysée.

Suis-nous sur les réseaux

L’Isle-sur-la-Sorgue

Œuf mayonnaise. Le concours du meilleur œuf mayo  du monde s’est tenu à Paris le 14 novembre dernier. Le vauclusien Jérémi Fontin est monté sur la deuxième marche du podium, porté par un œuf fermier bio de gros calibre, cuisson en 8 minutes, « dans de l’eau très salée pour garder un jaune orangé et onctueux » révèle le chef de l’Atelier du Jardin dans le quotidien La Provence. Le grand gagnant 2023 du concours créé par l’Association de sauvegarde de l’œuf mayonnaise (Asom) est la Grande Brasserie de Bastille, à Paris. Pour ceux qui le souhaitent, la recette œuf-mayo de Jérémi Fontin est proposée au restaurant à 8 € les quatre demi-œufs. L’Asom a été créée par feu le chroniqueur gastronomique et fondateur des Guides Lebey, Claude Lebey. Elle a été relancée en 2018 par quatre gastronomes avertis, soucieux de préserver et promouvoir ce monument de la cuisine bistrotière française.
• L’Atelier du Jardin, 34, avenue de l’Égalité,  84800, l’Isle-sur-la-Sorgue.

Marseille

Le lycée hôtelier de Marseille Bonneveine a soufflé ses 40 bougies le 29 novembre 2022. L’établissement de formation a annoncé qu’il sera renommé du nom de Jean-Paul Passédat, décédé le mercredi 10 août dernier, à l’âge de 88 ans. Ce 29 novembre, Gérald Passédat, est venu rappeler que son père avait compté à l’époque parmi les plus fervents soutiens de la création d’un lycée hôtelier à Marseille. Le président de la région Sud, Renaud Muselier, figurait parmi les invités.

Abonne-toi à la newsletter