
Sur le feed Instagram des restaurants, on « mange des yeux » les assiettes qui nous font envie. Avec l’exposition Manger les images au MuCem, on prend l’expression au pied de la lettre. Jusqu’au 12 avril 2027, le musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée montre que l’ingestion d’un objet figuré permet de loger dans la nuit de son corps ce qui est susceptible de nous soigner, nous protéger, nous transformer. Avec le Grand Pastis, voici trois « bons » arguments pour y aller…
Parce que l’idée est aussi saugrenue que vertigineuse Avaler une image : l’idée paraît farfelue, jusqu’à ce que l’on s’aperçoive combien elle est ancienne. Dévorer un livre, manger l’effigie d’un saint ou avaler un dessin pour conjurer le mal… L’image a longtemps été autre chose qu’un objet pour les yeux. Pour les commissaires de l’expo, incorporer un objet figuré revient à « loger en soi ce qui peut soigner, protéger ou transformer, mais aussi apprendre, résister, jouer et rêver ». L’exposition n’a donc rien d’une simple curiosité. Elle fait dialoguer l’acte de manger avec les imaginaires religieux, philosophique, littéraire, artistique et politique. Un gâteau peut fonder une famille ou faire tomber un puissant, selon qui confectionne l’effigie, qui la mange et ce que sa disparition autorise. Parce que la matière se prête à la gourmandise Pour un amateur de table, c’est la meilleure surprise. Le parcours réunit 435 œuvres, dont 250 sont issues des collections du MuCem : peintures, sculptures, photographies, films, mais aussi hosties, gaufres, pains figurés, gâteaux, moules et amulettes. Le musée dispose pour cela d’un atout rare : ses chambres froides conservent une très importante collection de gâteaux et de pains figurés, que l’exposition pourra montrer en nombre, avec les moules et les images populaires. Le patrimoine culinaire y est traité comme un objet d’art et un objet de croyance à part entière.
Parce que le casting réunit le sacré, le pop et l’inattendu Le propos est porté par un spécialiste ; Jérémie Koering, professeur à l’université de Fribourg, en est le commissaire général, avec Raphaël Bories, conservateur du pôle Croyances et religions au MuCem. Le premier a publié chez Actes Sud, en 2021, une histoire de l’ingestion des images. Côté artistes, la liste annoncée fait passer des maîtres aux provocateurs. On y trouve des noms pressentis comme Ingres, Daumier, Alonso Cano, Meret Oppenheim, Michel Journiac, Dennis Oppenheim ou David Cronenberg. Le parcours ne s’arrête pas aux rites anciens, et il pose une question très contemporaine à l’heure du flot d’images : à force de les manger, finiront-elles par nous avaler ?« Pourquoi a-t-on toujours eu envie de croquer les images ?
Pour se soigner, se protéger, apprendre, résister, jouer, rêver… ou faire la fête »
Manger les images au MuCem, J4, 7, promenade Robert-Laffont, Marseille 2e arr. Du 28 octobre 2026 au 12 avril 2027. Tarifs : 11 € en plein tarif, 7,50 € en tarif réduit, 18 € le billet famille. Fermé le mardi.


► Les Dimanches chez Zouzou.- Au Zouzou Riviera, le dimanche prend des airs de Riviera des années 1930. La formule « Les Dimanches chez Zouzou » mise sur un déjeuner joyeux et décontracté, rythmé par la musique et la gourmandise. Elle débute par un mocktail signature offert à chaque convive, suivi d’entrées à partager au centre de la table, que chacun compose parmi cinq ou six propositions. Au choix ensuite, un plat du moment : risotto verde, rigatoni burrata, filet de daurade ou viande. Le dessert se joue en spectacle, avec des pâtisseries minute, des montages réalisés sous les yeux des convives, des chariots gourmands et des créations XXL. Un grand juice bar propose jus pressés et fruits frais, pendant qu’un groupe de strolling traverse la salle.
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