
Ce lundi matin, 19 octobre, il pleure sur Marseille. Quarante-huit heures après les émeutes qui ont défiguré le cœur des grands centres urbains de l’Hexagone, Marseille est abasourdie. La plus vieille ville de France ne comprend pas ce qui s’est passé mais mesure l’ampleur des dégâts et la solidarité entre commerçants prend forme. Boulevard Paul-Peytral, le Café de la Banque offrait dès le matin le café aux commerçants voisins. Sur la terrasse, l’un d’eux a confié sous couvert d’anonymat n’avoir pas dormi depuis samedi soir, les images « d’un centre-ville livré à lui-même, d’une population tétanisée face à la violence et au jeune âge des casseurs encagoulés ».
Rue Haxo, Camille et Nicolas du restaurant Mauvaise herbe ont décidé d’offrir le déjeuner du lundi à tous les voisins qui ont vu leur commerce pillé. A leur côté, le tabac Le Régent, La Fiancée, Ko Sei et Cantoche ont emboîté le pas et accueillent à leur table tous les confrères épuisés. « Samedi, nous avions préparé des plats en vue du service et on ne pouvait pas tout jeter alors il faut partager et se remonter le moral entre nous », explique Camille. « Les gens ont besoin de se revoir, de parler », complète Nicolas, son compagnon.
Clients cloîtrés pendant les émeutes de Marseille
« Samedi vers 11h45, on a commencé à entendre de grosses détonations dans les rues, on nous a dit que le pillage du magasin de sneakers JD rue Saint-Fé avait commencé. Nous avons immédiatement rentré la terrasse et rapatrié les clients à l’intérieur. Nicolas s’est fait gazer à ce moment-là. Nous avons baissé le rideau et nous sommes tous restés là, sans rien voir, et en entendant les cris, les bris de verre, sans trop comprendre ».
A 13 heures, première accalmie, Nicolas et Camille ont pris la décision d’évacuer le restaurant et de faire partir le personnel. « Les gens étaient hagards, il y avait de la colère, de l’étonnement » …


« On a abandonné le restaurant, la boule au ventre »
Une version corroborée par Louise et Julia Toche. « Vers 11h30, on a envoyé une employée jeter les poubelles et c’est à son retour qu’on a pris la décision de fermer le restaurant. On a senti le vent mauvais dès le matin et on n’a pas sorti la terrasse. On avait anticipé que ça allait mal se passer. On a gardé clients et personnel à l’intérieur jusqu’à 13 heures. Là, nous sommes partis, on a fermé et abandonné le restaurant avec la boule au ventre », raconte Louise. Julia poursuit : – On voulait protéger le personnel et les clients. On savait que ça allait mal tourner, le matin, ma sœur et moi sommes venues à pied, on n’a pas pris de scooter. Jusqu’à vendredi (16 octobre, NDRL) 20 heures, on hésitait à ouvrir le restaurant. On espérait un arrêté préfectoral qui aurait mis le centre-ville sous cloche… Cet arrêté n’est jamais venu ».
D’une seule et même voix, les deux sœurs Toche avouent « tirer la langue » depuis plusieurs semaines et fermer est une décision difficile mais « il aurait mieux valu ». Et demain ? « Nous n’avons aucune vision de ce à quoi vont ressembler les prochains jours. On parle encore d’émeutes le week-end prochain ». En attendant, de nombreuses boutiques resteront « fermées et démolies ». « A peine venait-on de se remettre des émeutes de 2023 que ça recommence, pleure une restauratrice. Nous serons plusieurs à ne plus pouvoir rouvrir ».


► La Meilleure Partie, biscuits à suivre.- Djilali Berrahou a 29 ans. Ce jeune entrepreneur marseillais a eu l’idée géniale de commercialiser des cornets de gaufrette remplis de chocolat. « Cette idée m’est venue lors d’une soirée entre cousins quand ma nièce a insisté pour finir le cône de ma glace », dit-il. Flairant la bonne opportunité, Djilali a décliné sa gamme en 5 références : cornet 73% choconoir, 39% chocolait, 31% chocoblanc, un blanc pistache et un blond caramélisé. Jamais en reste d’une bonne idée, le fondateur de « la Meilleure partie », réfléchit à commercialiser des roses des sables croustillantes enrobées de chocolat fondant. Du mordant et une bonne humeur à toute épreuve, Djilali Berrahou est sur tous les fronts, de la production à la commercialisation. Ses cornets sont en vente en grandes et moyennes surfaces et les débuts sont déjà très prometteurs !

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