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Alexandre Troupel à Châteauneuf-les-Martigues, la terre de grand-père en petit-fils

Alexandre TroupelLe paysage de Châteauneuf-les-Martigues a bien changé : il y a un siècle, “il n’y avait que des exploitations et si aujourd’hui nous sommes dix, c’est bien le maximum” regrette Alexandre Troupel. Du Louis XV au Blue Bay à Monaco en passant par la Cour du Théâtre à Martigues, le château de la Pioline ou Alexandre Mazzia à Marseille, nombreux sont les restaurants qui composent leurs assiettes avec les fleurs comestibles, jeunes pousses, aromates et mini légumes dont ce paysan de 43 ans s’est fait une spécialité.
Dans ses serres où l’on respire un air doux, Alexandre évoque son travail de technicien son et lumière, ses deux années vécues au Nicaragua (“j’étais allé rejoindre ma femme qui y était partie travailler pour une ONG”) et sa formation physique qui l’avait conduit à travailler en laboratoires : “Je travaillais sur le gaz-oil mais ça m’a vite énervé de respirer du benzène toute la journée”, confesse-t-il.

Désormais certifié bio
2009 sera l’année du grand bouleversement ; à son retour d’Amérique centrale, Alexandre Troupel récupère une partie des serres du grand-père, soit 5 000 m2, “c’est avec ça qu’on a démarré” glisse-t-il. Dans la famille, la grand-mère est ravie, les parents d’Alexandre, fonctionnaires, n’y trouvent rien à redire. “Je voulais travailler pour moi et choisir mes contraintes plutôt que les subir”. Aujourd’hui, l’exploitation couvre 2,5 hectares et le paysan s’est associé avec son épouse Aurore Ballée dans un Gaec. “On fait quelques marchés de producteurs pour notre gamme de maraîchage classique, les mini légumes et les aromatiques”, énumère Alexandre Troupel. Depuis le début du mois de février 2020, le GAEC Plaine terre est labellisé bio ; la bouillie bordelaise, le purin, le savon noir et les bactéries protectrices des plantes ont remplacé les produits systémiques de l’agriculture conventionnelle.

basilic“Nos journées débutent au lever du soleil, on ramasse pour les marchés et les commandes des restaurants, on entretient les plantations, énumère Troupel désormais assisté d’un salarié et de deux saisonniers. Aurore s’occupe de toute la paperasserie, des livraisons, elle emballe… Nous sommes très complémentaires”. Quant aux enfants du couple, 9 et 4 ans, ils seront libres de faire le métier de leur choix, “on ne les obligera à rien pourvu qu’ils soient heureux” dit Alexandre, toujours épris de liberté.

Gaec Plaine Terre, quartier la Damiane, route de lAure, 13220 Châteauneuf-les-Martigues ; infos au 06 33 39 79 78 et 6 51 41 03 62. Visites uniquement sur rendez-vous.

Photos DR et Markus Spiske

Numa Muller chez Madame Jeanne Longtemps annoncée et attendue, l'arrivée de Numa Muller chez Madame Jeanne, le restaurant de la Maison Buon, rue Grignan (6e arr) est officielle. Le chef a pris possession de la cuisine et propose pêle-mêle une tête de thon de ligne, un loup-concombre compressé et abricot fermenté-lait ribot et chips de riz-seiche, un thon et abricot au sel-herbes et fleurs du littoral et huile de feuilles de figuier eau de concombre. A suivre, 86, rue Grignan, Marseille 1er ; infos au 04 86 26 54 16.

Elie Kalamouka n'est plus Son nom restera indéfectiblement attaché au Mas, restaurant de la rue Lulli (1er) qu'il avait cofondé avec Robert Lenoir. Elie Kalamouka s'est éteint vendredi à 87 ans non sans susciter une vive émotion chez tous ceux qui avaient pris l'habitude de dîner chez lui. Le Mas était l'une des rares tables ouvertes toute la nuit, attirant noctambules et artistes qui, en fin de spectacle, venaient s'y détendre. Il était paar ailleurs administrateur du festival Jazz des Cinq Continents. La crise sanitaire a été fatale au Mas qui a été placé en liquidation judiciaire. Ce décès tourne définitivement la page des années 1980 à Marseille...

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