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Anthony Bernadac, à Pélissanne, un chef hors des sentiers battus

Anthony Bernadac a été marqué par les chefs Stéphane Toughay et Stéphane Smith lors de ses années d’apprentissage. Dès l’obtention de son CAP en septembre 2005, il intègre le Petit Nice à Marseille où il restera un an. Après un bref passage chez Rabanel à Arles, il part pour La Réunion. Ce séjour d’un an et huit mois changera sa perception de la cuisine : « Là-bas je me suis libéré en découvrant de nouvelles cultures », et les fondamentaux qui influencent sa cuisine désormais.
Vous le trouverez hors des sentiers battus, toujours soucieux de tracer sa propre voie, aimant « casser les codes et revenir à l’essentiel avec chaque chose à sa place » comme il aime à le dire. Anthony Bernadac a fondé l’Essentiel le 25 mai 2019 et a transformé ce petit restaurant en lieu couru des Pélissannais d’abord, puis des communes d’Eyguières, Lambesc, Saint-Chamas et « des cadres, des chefs d’entreprises qui me disent se sentir chez moi comme chez eux » se réjouit le cuisinier, heureux de fédérer une clientèle de tous les horizons. « On m’a parlé de ce restaurant en décembre, j’étais employé et je cherchais un local accessible alors je me suis jeté à l’eau. Je ne regrette rien, je vis ma meilleure vie, c’est la plus belle des expériences » lance ce cuisinier de 33 ans heureux, même en période de pandémie.
Les débuts ont été difficiles, Anthony passant de la cuisine à la salle tel un chef d’orchestre sur les épaules duquel tout repose. « Maintenant, Amandine vient me donner un coup de main, tempère-t-il. Elle n’est pas du métier mais c’est une passionnée qui en veut ». La cuisine de l’Essentiel est ouverte sur la salle, le chef garde un œil sur les réactions de ses clients et passe en salle pour raconter l’histoire d’un plat, d’un ingrédient, une anecdote liée à une recette.

« Il suffit que les gens aillent à droite pour que j’aille à gauche. La tradition, c’est un risque : celui de répéter bêtement sans avoir cherché à comprendre par soi-même »

Anthony Bernadac

Anthony Bernadac n’a pas de plat signature. En cet automne, le voici servant un velouté de châtaignes huile d’argan inspiré par une promenade dans les Cévennes, une pressade de cochon ibérique fumée et confite et un mousseux chocolat fève tonka et jus de mangue thaï. « Je travaille sans crème ni lait, sans sucre raffiné, prévient-il. Je ne me sers du beurre que pour les pâtes à tarte ». Mais le goût fumé c’est la touche du chef, distillant toujours ici et là une saveur fumée comme une marque, le fil conducteur qui peut se retrouver dans un, deux ou trois plats.

Aimant les vents contraires et caresser à rebrousse poil, Bernadac appréhende la tradition avec distance : « Beaucoup se reposent sur la tradition  pour ne pas chercher, pour ne pas travailler et explorer de nouvelles choses au prétexte qu’on a toujours fait ainsi. C’est dangereux » justifie-t-il. Né à Salon-de-Provence et passé par l’école hôtelière d’Avignon, Anthony Bernadac assure s’être pris beaucoup de claques tant dans sa vie personnelle que professionnelle : – Tout ceci m’a permis de prendre du recul. Inutile de se ronger les sangs pour des choses qui ne dépendent pas de nous. J’ai banni le négatif et je prends la vie avec légèreté mais aussi avec passion, amour et envie ». C’est l’essentiel…

L’Essentiel, 12, rue de la République, 13330 Pélissanne. Infos au 06 08 01 09 44. Déjeuner 20 et 27 €. Soir, 45 €.

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Aix-en-Provence

Jean-Luc Le Formal n’est plus. 2002-2022, le  plus breton des chefs provençaux a mis 20 ans dans la cité du Roy René pour gravir tous les échelons de la notoriété. Las, ce samedi 3 décembre, le cœur de Jean-Luc Le Formal a décidé de siffler la fin de la partie. Au Grand Pastis qui lui avait demandé s’il avait des regrets, Le Formal avait répondu : – Je n’en ai pas. Il faut assumer ce qui a été fait car on ne peut plus revenir dessus ». Fort de sa devise, « Profiter du moment présent à 100%, vivre et partager sa passion », Jean-Luc Le Formal a vecu pleinement pour la cuisine avec une douleur et une incompréhension : le mutisme du guide rouge à son encontre. Généreux dans le verbe et en actes, solidaire et confraternel, Le Formal tire définitivment le rideau sur son restaurant de la rue Espariat. En ces journées pénibles, chacun pensera à Yvonne sa compagne ; une cérémonie sera célébrée à Aix, jeudi 8 décembre.
Son interview au Grand Pastis.

Marseille-Cassis

EXCLUSIF. – C’est bien le chef des Roches Blanches, Alexandre Auger, qui succédera à Dominique Frérard au piano du restaurant les Trois Forts du Sofitel Marseille-Vieux-Port. Auger est arrivé à Cassis le 7 juin 2021 et devrait en partir tout début janvier 2023. Avant d’acter son départ, deux soirées seront organisées dans le 5 étoiles cassidain les 15 et 16 décembre. Le 15 décembre, Alexandre Auger et Randy Siles, chef costaricien, créateur du concept « Agro-Marino », serviront un dîner à 4 mains sur la thématique « Agro-Marino ». Le 16 décembre, le cuisinier Randy Siles s’associera cette fois au chef italien Gabriele Boffa, 2 étoiles au guide rouge, originaire du Piémont en Italie, pour un dîner à 4 mains. Valentin Fabry, chef pâtissier des Roches Blanches, quant à lui, proposera deux desserts uniques pour clore subtilement ces deux rendez-vous sur une belle note sucrée… Et dire au-revoir au chef Auger. Emule de Yannick Alléno avec qui il a travaillé au Meurice, Auger a aussi dirigé la brigade du Sofitel Faubourg, rue Boissy d’Anglas (Paris VIIIe), voisin de l’Elysée.

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L’Isle-sur-la-Sorgue

Œuf mayonnaise. Le concours du meilleur œuf mayo  du monde s’est tenu à Paris le 14 novembre dernier. Le vauclusien Jérémi Fontin est monté sur la deuxième marche du podium, porté par un œuf fermier bio de gros calibre, cuisson en 8 minutes, « dans de l’eau très salée pour garder un jaune orangé et onctueux » révèle le chef de l’Atelier du Jardin dans le quotidien La Provence. Le grand gagnant 2023 du concours créé par l’Association de sauvegarde de l’œuf mayonnaise (Asom) est la Grande Brasserie de Bastille, à Paris. Pour ceux qui le souhaitent, la recette œuf-mayo de Jérémi Fontin est proposée au restaurant à 8 € les quatre demi-œufs. L’Asom a été créée par feu le chroniqueur gastronomique et fondateur des Guides Lebey, Claude Lebey. Elle a été relancée en 2018 par quatre gastronomes avertis, soucieux de préserver et promouvoir ce monument de la cuisine bistrotière française.
• L’Atelier du Jardin, 34, avenue de l’Égalité,  84800, l’Isle-sur-la-Sorgue.

Marseille

Le lycée hôtelier de Marseille Bonneveine a soufflé ses 40 bougies le 29 novembre 2022. L’établissement de formation a annoncé qu’il sera renommé du nom de Jean-Paul Passédat, décédé le mercredi 10 août dernier, à l’âge de 88 ans. Ce 29 novembre, Gérald Passédat, est venu rappeler que son père avait compté à l’époque parmi les plus fervents soutiens de la création d’un lycée hôtelier à Marseille. Le président de la région Sud, Renaud Muselier, figurait parmi les invités.

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