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Avec Michel Portos, ils cuisinent pour les SDF : “L’autre urgence qui peuple nos rues”

Michel PortosIl y a dans nos rues désertées des individus assis sur des bancs, des silhouettes qui marchent sans but précis… Lorsqu’on s’en approche, les regards vides, souvent dénués d’espoir nous rappellent qu’en période d’épidémie, les sans domicile fixe ont faim, eux aussi. “C’est en regardant un reportage sur France2 sur la situation des SDF à Marseille que je me suis senti interpellé… Comme s’il n’y avait qu’à Marseille où il y a des SDF… se désole le chef marseillais, Michel Portos. Alors j’ai eu envie de cuisiner pour eux, de leur donner ce qu’on donne aux autres”.
Immédiatement Portos s’est rapproché d’Arnaud Castagnède co-fondateur des Jardins du Cloître pour mener à bien les discussions. Il fait appel également à son “amie d’enfance”, Caroline Pozmentier, qui se rapproche de la préfète à l’égalité des chances pour mettre en oeuvre les réseaux et circuits de distribution.

“Mon grand souci, c’est de manquer de marchandises”
Michel Portos

“Nous nous sommes rapprochés de la banque alimentaire qui est déjà sursollicitée par d’autres associations, explique Portos. Le principe est simple : la banque alimentaire reçoit des denrées alimentaires et les redistribue des associations. Donc nous allons récupérer de quoi manger, des pâtes, du riz, des conserves, des fruits et légumes et on imagine des plats avec ce qu’on nous donne” poursuit le cuisinier. Dans la semaine du 6 avril, Michel Portos a cuisiné pas moins de 400 repas par jour et il s’inquiète: – Les demandes affluent de toute part, je pense que nous allons atteindre les 1 500 couverts par jour à partir du 14 avril”.

“On a besoin de dons, de tous les dons”
Assisté de bénévoles à commencer par Lionel, le chef du Cloître, William, un ancien cuisinier de la marine en retraite, d’une autre cuisinière et d’une stagiaire, Portos cherche à joindre les deux bouts. “La banque alimentaire nous demande en outre 23 centimes par kilo de produits achetés, nos besoins sont immenses”… L’opération a débuté le 6 avril et, pour plus d’équité, c’est la préfecture qui valide les demandes des associations venant en aide aux SDF. Ainsi, les Petites soeurs des pauvres, le Secours populaire, Marseille proximité dans les quartiers nord, le Samu social, les Restos du Coeur et la Fraternité Bernadette figurent-ils parmi les bénéficiaires de cette action entièrement bénévole.

Pour l’heure, les effectifs en cuisine sont au complet mais Michel Portos lance un appel aux dons fussent-ils en argent comme en produits alimentaires de base : fruits, légumes, conserves, viandes, poissons. “Nous avons besoin de tout, les dons seront les bienvenus, dit-il. Nous cuisinons un repas par jour pour les nécessiteux, il faut du riz, du thon, des légumes, un fruit, une protéine… bref tout ce qui va les caler en proposant quelque chose de frais et équilibré”. Sans rien dire de plus, Michel Portos teinte son discours de pudeur mais on le devine inquiet. L’urgence ne se limite pas aux hôpitaux, elle est aussi assise, dans nos rues.

Pour les dons en produits alimentaires et pour les dons financiers, merci de contacter a.castagnede@lecloitre13.fr et le 06 21 01 66 80.

Numa Muller chez Madame Jeanne Longtemps annoncée et attendue, l'arrivée de Numa Muller chez Madame Jeanne, le restaurant de la Maison Buon, rue Grignan (6e arr) est officielle. Le chef a pris possession de la cuisine et propose pêle-mêle une tête de thon de ligne, un loup-concombre compressé et abricot fermenté-lait ribot et chips de riz-seiche, un thon et abricot au sel-herbes et fleurs du littoral et huile de feuilles de figuier eau de concombre. A suivre, 86, rue Grignan, Marseille 1er ; infos au 04 86 26 54 16.

Elie Kalamouka n'est plus Son nom restera indéfectiblement attaché au Mas, restaurant de la rue Lulli (1er) qu'il avait cofondé avec Robert Lenoir. Elie Kalamouka s'est éteint vendredi à 87 ans non sans susciter une vive émotion chez tous ceux qui avaient pris l'habitude de dîner chez lui. Le Mas était l'une des rares tables ouvertes toute la nuit, attirant noctambules et artistes qui, en fin de spectacle, venaient s'y détendre. Il était paar ailleurs administrateur du festival Jazz des Cinq Continents. La crise sanitaire a été fatale au Mas qui a été placé en liquidation judiciaire. Ce décès tourne définitivement la page des années 1980 à Marseille...

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