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Pendant deux mois, David Mijoba joue sa partition au Bar des Amis

Bar des Amis

Au fil des mois, le Bar des Amis s’est posé comme l’un des rendez-vous cool les plus en vue de la Vieille Chapelle. Après avoir accueilli en résidence Laëtitia Visse, Ivan et Mélanie ont ouvert grand leurs bras à David Mijoba venu, pour juin et juillet, distiller ses assiettes herbacées et végétales. Une ardoise simple de 3 ou 4 suggestions renouvelées chaque jour, qui voisinent en bonne intelligence avec les fameux pan bagnat dont Mélanie a seule le secret et qui font venir de (très) loin les amateurs de fraîcheur.

Bar des AmisA l’ardoise cette semaine, David a eu la délicate idée de proposer un consommé de lentilles, servi frais, agrémenté d’un émincé de poulpe « pêché au large » travaillé à la façon d’un ceviche. Assaisonnements au cordeau, joliesse de la composition, le cuisinier conserve cette patte inimitable en parfaite adéquation avec la terrasse proche de la plage. Pour toujours plus de verdure, le carpaccio de courgettes jaunes et violon-citron vert et olives noires-câpres et parmesan fait vibrer la corde végétarienne et peut même se partager avec un petit verre de vin blanc aux notes minérales de silex.
Les tronçons de chair de merlu, servi chaude, sur des aubergines rôties arrosées d’huile d’olive est un petit bonheur de vivacité, fouetté par un petit jus acidulé aux herbes.  Une salade de courgettes jaunes crues et de jeunes pousses vient en complément. Elle est décorée d’un demi oignon grillé et, quelle belle idée, de quelques cerises pour apporter de l’acidulé. Tout est joyeux, vigoureux, acidulé, citronné, verdoyant, c’est une vague de fraîcheur qui enchante la terrasse. De temps à autres, Mijoba, depuis sa cuisine ouverte, jette un oeil sur les sourires et sait que les conversations enjouées sont la plus belle preuve d’un service réussi. La nage de fraises et cerises est parsemée de feuilles d’estragon et transforme ce petit menu en guirlande bucolique printanière…

Bar des AmisAlors faut-il y aller ? Oui parce que Mélanie et Ivan, en bons maîtres de maison, ont recruté un super serveur qui n’en fait jamais trop, qui va et vient sans compter ses pas avec des sourires sincères. Oui parce que Mijoba a carte blanche pour décliner ses inspirations dans un bar de quartier devenu référence. Oui parce qu’en fin de repas, un délicieux sentiment de satiété, mêlé à une évidente légèreté végétale, redonne la pêche et la joie de vivre. Et ça c’est vraiment bien.

Le Bar des Amis, 23, avenue de la Pointe Rouge, Marseille 8e arr. Infos au 04 91 96 17 62.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.