Marseille Restaurants en Provence

La Piazza des Frangins, ambiance brasserie au pays de Pagnol

Eoures, les Camoins, Les Accates… autant de lieux-dits qui figurent rarement dans les pages des magazines et des guides, tant on est peu habitué à fréquenter les restaurants de ces quartiers qui firent les grandes heures du cinéma de Marcel Pagnol. Et pourtant. La Piazza des Frangins connaît un succès inversement proportionnel au silence dans lequel cette adresse est contenue depuis toujours. Alors pourquoi la clientèle afflue-t-elle ici ?

piazza des frangins

Première raison de circonstance, un très vaste espace à l’air libre, qui n’est ni une cour ni un jardin, permet d’accueillir la clientèle tout en respectant les règles sanitaires. Ce qui est très important au vu de l’effarant comportement de certains troquets de centre-ville, qui ne respectent rien et surtout pas la santé publique. Deuxième raison, parce que la carte est compréhensible et annonce sans trahir ce que l’on va nous servir. A la différence de quelques-uns de ses semblables, le chef n’ambitionne pas d’inventer des plats ni encore la cuisine. C’est fatigant tous ces types qui s’imaginent Escoffier et qui sombrent dans les limbes lorsqu’ils partent en retraite.

Antipasti, salade César, pizzas pour les entrées ou les petites faims, bocconcini, escalope milanaise, supions sautés, pâtes aux moules de buchot pour les plats… Voilà ce qu’on mange à la Piazza. Ici le chef ne travaille pas à la pince à épiler mais avec une brigade qui envoie de belles frites croustillantes et dorées, une très convenable tagliatta de boeuf parfaitement cuite accompagnée d’une polenta sans reproche et d’une roquette – ô bonheur- qui assume son huile d’olive à l’ail. La salade façon tataki de thon est parfaite de fraîcheur (la cuisson du poisson saisi et cru à coeur est irréprochable) est bien plus intéressante que l’andouillette demandée très grillée et qui tournera court.

piazza des franginsSans surprise là encore mais parce que ce type de repas l’impose, on partagera les profiteroles avec un très bon café (ah, cette chantilly qu’on ramasse à la cuillère pour la plonger dans l’expresso !) parce qu’un dessert à plusieurs c’est toujours meilleur. Alors faut-il y aller ? Oui pour le cadre, la fluidité du service et l’ambiance bon enfant de cette adresse qui aligne couramment les 100 couverts sans (dé)faillir. Oui pour cette cuisine de brasserie bien faite, contenue, aux cuissons chronométrées et assaisonnements calibrés. Oui enfin car on rangera cette Piazza des Frangins dans la catégorie des tables qui respectent le client et parce qu’on peut y manger pour moins de 30 €. Et ça, ça nous plaît.

La Piazza des Frangins, 1, place du Monument – Les Camoins, Marseille 13e arr. Infos au 09 50 04 13 09. De 20 à 40 €.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.