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Bières Rubé, le pari de la proximité et du naturel

RubéChaque mois, trois brassins de 250 litres chacun sont mis en bouteilles. Une production certes confidentielle mais qui va croissant et qui donne force et courage à Arthur Voisin et Samira el Haddadi. “Un brassin c’est comme une fournée chez le boulanger”, explique Arthur. Le jeune couple incarne très bien le retour de l’agriculture urbaine qui, comme les micro-entreprises, réinvestissent les centres-villes. “L’idée de faire de la bière nous est venue d’un ami qui, revenant des Etats-unis, nous a expliqué que le marché du brassage amateur était en pleine expansion”. Surfant sur la vague du do-it-yourself, Arthur et Samira se sont mis “à bricoler 20 litres par ci, 30 litres par là. On ne vendait rien, juste à quelques copains” confessent-ils. Mais peu importe, le duo prend conscience d’une demande de consommation différente, et pas industrielle : – C’est ce côté artisanal qui nous a séduits”.

RubéVoilà 2 ans, ils entament quelques travaux et aménagent la cave de leur immeuble marseillais typique du XIXe siècle ainsi que le lavoir au fond de leur jardin. Trente mètres carrés en tout au milieu des poules avec un potager. Sorte de témoignage du souci de préservation de l’environnement des deux entrepreneurs. Les premiers brassins, suivront en 2018. “Nous avons baptisé notre marque Rubé car nous brassons à la rue Bénédit, nous avons voulu insister sur notre identité de brasserie de quartier”, sourit Arthur. De fait, chaque type de bière revêt un nom de rue alentour : la Jobin (une american pale ale), la Bernardy (une Stout, bière noire) et bientôt la Bernex, une bière au blé.

Ultra local
“Les brasseries artisanales ont de plus en plus de mal à trouver de la matière première locale voilà pourquoi, pour la Bernex, nous avons opté pour le blé d’un paysan-boulanger de Cucuron” raconte le jeune brasseur de 34 ans. Arthur et Samira n’ont pas de voiture et ont fait le pari de livrer avec un diable, “soit un périmètre assez restreint. Sinon, les clients peuvent venir avec leur propre camionnette” sourit-il.
Antithèse des produits standardisés, “les Rubé” revendiquent des bières avec de la personnalité, un caractère appuyé et qui titrent à 5 degrés. “Nous vendons 5 € nos bières en 50 cl au marché du lundi de la Friche Belle-de-Mai, sinon c’est 4 € sur place, il suffit de nous contacter avant de venir” souffle Samira. Le grand retour de l’artisanat et de la micro-production en centre-ville…

Rubé brasserie, 10, rue Benedit, Marseille 4e arr. Infos au 06 49 80 42 90.

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Le premier livre de Mérouan Bounekraf intitulé Accords, Mets et Vannes est sorti ! Chef trentenaire connu depuis sa participation à Top chef en 2018, et actuellement aux côtés de Julia Vignali, sur M6, en 2e partie de soirée du Meilleur Pâtissier, Mérouan est un cuisinier de talent. Il combine sa passion à un sens de humour prononcé, faisant le show et abordant avec légèreté des recettes sérieuses et techniques. Il se présente comme un cuisinier comique et prouve que dans la profession, on peut être très rigoureux et blagueur. C’est aussi un compétiteur dans l’âme qui manie la langue française avec talent, panache et humour. Son péché mignon ? Les jeux de mots qui foisonnent dans l’ouvrage. Dans ce livre, Mérouan se fait plaisir et prend une revanche sur ses jeunes années, lui qui a subi brimades et humiliations lors de son 1er CDI chez un étoilé pour lequel il a travaillé 5 ans. C’est un livre bienveillant comptant 35 recettes classiques retravaillées (avocat-crevettes commis d’office, bi-joues de bœuf, poisson-panais ou encore cigar’misu), un cadeau gourmand et drôle qui se fera une jolie place au pied du sapin.
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