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Casa Massilia, la parenthèse corse de Denis Bove dans le 5e arrondissement

C’est une enclave corse dans un quartier où les bonnes adresses abondent. Denis Bove a ouvert en septembre 2016 ce « magasin de proximité » comme il aime à se décrire ; une boutique qui mêle la boulangerie, le traiteur, la pâtisserie, la farcetteria, un ovni qui ne ressemble à rien d’autre. « Je sais ce que je veux faire, avertit ce Corse de 44 ans. C’est une boutique gourmande qui propose toutes les recettes traditionnelles élaborées avec le respect des marchandises, du process, où on prend le temps des cuissons et des préparations ».
En vitrine, des spécialités sans lactose, des recettes végétariennes ou sans gluten à l’image de la gamme de tourtes individuelles canard-pot-au-feu, quinoa-sanglier-châtaigne et baie de myrthe ou sanglier grand veneur et de quelques viennoiseries. Les fritelli oignon-poivron-figatellu ou poulet-poivron-baies de myrthe ont leurs adeptes : « Je conseille aussi les caldi, des chaussons brousse-parmesan, et les migliacci cuits sur des feuilles de châtaigniers, une spécialité à base de brebis frais au délicat goût fumé », poursuit Denis Bove, l’oeil rieur.

Fils d’une maman corse et d’un papa italien, Bove est originaire de Patrimonio et s’affiche « chef cuisinier de métier autodidacte à 100%. J’ai tenu le Valentinu à Talasani, près de Folelli, et le Capo Rosso à Piana », dit-il. Mais la pression des services devenait impossible et a progressivement incité Denis à réorienter sa carrière : « Je travaille entouré de passionnés, c’est le minimum pour faire passer les émotions et ne jamais manquer de rigueur ».

« Un ami qui travaille sur les bateaux »
Au fil des saisons, Denis Bove transmet sa passion à Daniel le pâtissier, Angélique à l’accueil et à son second, Bastien. Dans une joyeuse abondance, un décor kitsch et généreux comme sait l’être le patron, les canistrelli fondants et pas croquants (« c’est la recette du village »), voisinent avec les fougasses jambon cru-tomate-mozza ou figatellu-brousse-courgette. « J’ai beaucoup de petits fournisseurs en Corse. J’ai un ami qui travaille sur les bateaux et il me ramène tout ce dont j’ai besoin » assure Bove qui donne à goûter un morceau de nougat amandes-pistaches et grué de cacao.

Adepte des mélanges, chantre des assemblages, dans sa pâtisserie, Denis-le Corse adore « combiner les ingrédients entre eux à l’image de l’abricot confit par mes soins-confiture de lait et pomme d’amour ou l’amandine noix-café et crème brûlée ». Lorsqu’arrive le soir, le four à bois dispense sa douce chaleur et voici que débute la valse des farcetta : « Dans l’esprit d’une pizza, ce sont des disques ovales, individuels de pâte à base de brocciu et de ricotta. C’est léger, moelleux et juteux » assure Denis Bove. Reste à choisir les garnitures de figatellu, tomate confite, chèvre-miel, lardons, reblochon, crème tartare… Avec toujours autant de générosité.

Casa Massilia, 2, rue Briffaut, Marseille 5e arr. Infos au 09 80 89 22 02.

2 commentaires

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  • Excellent article qui reflète bien le génie de Denis BOVE… et je vous invite à passer à Casa Massilia pour savourer ses créations tant salées que sucrées ou ses spécialités Corse :o)

  • Vous avez très bien rendu l’atmosphère du lieu et je m’y rends souvent pour découvrir ces spécialités toutes aussi gouteuses les unes que les autres.

Aix-en-Provence

Jean-Luc Le Formal n’est plus. 2002-2022, le  plus breton des chefs provençaux a mis 20 ans dans la cité du Roy René pour gravir tous les échelons de la notoriété. Las, ce samedi 3 décembre, le cœur de Jean-Luc Le Formal a décidé de siffler la fin de la partie. Au Grand Pastis qui lui avait demandé s’il avait des regrets, Le Formal avait répondu : – Je n’en ai pas. Il faut assumer ce qui a été fait car on ne peut plus revenir dessus ». Fort de sa devise, « Profiter du moment présent à 100%, vivre et partager sa passion », Jean-Luc Le Formal a vecu pleinement pour la cuisine avec une douleur et une incompréhension : le mutisme du guide rouge à son encontre. Généreux dans le verbe et en actes, solidaire et confraternel, Le Formal tire définitivment le rideau sur son restaurant de la rue Espariat. En ces journées pénibles, chacun pensera à Yvonne sa compagne ; une cérémonie sera célébrée à Aix, jeudi 8 décembre.
Son interview au Grand Pastis.

Marseille-Cassis

EXCLUSIF. – C’est bien le chef des Roches Blanches, Alexandre Auger, qui succédera à Dominique Frérard au piano du restaurant les Trois Forts du Sofitel Marseille-Vieux-Port. Auger est arrivé à Cassis le 7 juin 2021 et devrait en partir tout début janvier 2023. Avant d’acter son départ, deux soirées seront organisées dans le 5 étoiles cassidain les 15 et 16 décembre. Le 15 décembre, Alexandre Auger et Randy Siles, chef costaricien, créateur du concept « Agro-Marino », serviront un dîner à 4 mains sur la thématique « Agro-Marino ». Le 16 décembre, le cuisinier Randy Siles s’associera cette fois au chef italien Gabriele Boffa, 2 étoiles au guide rouge, originaire du Piémont en Italie, pour un dîner à 4 mains. Valentin Fabry, chef pâtissier des Roches Blanches, quant à lui, proposera deux desserts uniques pour clore subtilement ces deux rendez-vous sur une belle note sucrée… Et dire au-revoir au chef Auger. Emule de Yannick Alléno avec qui il a travaillé au Meurice, Auger a aussi dirigé la brigade du Sofitel Faubourg, rue Boissy d’Anglas (Paris VIIIe), voisin de l’Elysée.

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L’Isle-sur-la-Sorgue

Œuf mayonnaise. Le concours du meilleur œuf mayo  du monde s’est tenu à Paris le 14 novembre dernier. Le vauclusien Jérémi Fontin est monté sur la deuxième marche du podium, porté par un œuf fermier bio de gros calibre, cuisson en 8 minutes, « dans de l’eau très salée pour garder un jaune orangé et onctueux » révèle le chef de l’Atelier du Jardin dans le quotidien La Provence. Le grand gagnant 2023 du concours créé par l’Association de sauvegarde de l’œuf mayonnaise (Asom) est la Grande Brasserie de Bastille, à Paris. Pour ceux qui le souhaitent, la recette œuf-mayo de Jérémi Fontin est proposée au restaurant à 8 € les quatre demi-œufs. L’Asom a été créée par feu le chroniqueur gastronomique et fondateur des Guides Lebey, Claude Lebey. Elle a été relancée en 2018 par quatre gastronomes avertis, soucieux de préserver et promouvoir ce monument de la cuisine bistrotière française.
• L’Atelier du Jardin, 34, avenue de l’Égalité,  84800, l’Isle-sur-la-Sorgue.

Marseille

Le lycée hôtelier de Marseille Bonneveine a soufflé ses 40 bougies le 29 novembre 2022. L’établissement de formation a annoncé qu’il sera renommé du nom de Jean-Paul Passédat, décédé le mercredi 10 août dernier, à l’âge de 88 ans. Ce 29 novembre, Gérald Passédat, est venu rappeler que son père avait compté à l’époque parmi les plus fervents soutiens de la création d’un lycée hôtelier à Marseille. Le président de la région Sud, Renaud Muselier, figurait parmi les invités.

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