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Chocolaterie Françoise, le moral au beau fixe pour Pâques

A quelques jours du week-end pascal, la chocolaterie Françoise s’apprête à fêter ses cinquièmes fêtes de Pâques. Toute l’équipe a le sourire sachant que 30% du chiffre d’affaires annuels se jouent dans les trois semaines qui précèdent la fête de la Résurrection. Pour Céline, la chocolatière, Marion et Alex, à la vente ainsi que Claude, l’amie qui vient donner la main, le millésime 2021 sera radicalement différent de ce que l’équipe avait connu jusqu’ici. L’effet Covid est passé par là. Si Françoise pouvait se réjouir d’entretenir de bonnes relations avec sa clientèle de quartier, la mise en place d’un site web marchand a fait bouger les lignes « et beaucoup de clients dans la ville et sa périphérie sont ravis de commander leurs chocolats sans avoir à se déplacer désormais » explique Marion qui reconnaît à demi-mots tous les bénéfices que le web a apportés au chiffre d’affaires de la chocolaterie.

Le deuxième effet Covid se trouve dans les partenariats : « Nous sommes vendus chez le caviste les Canons de Vauban, chez certains boulangers de Saint-Julien et chez Popote, poursuit Marion. Comme nous achetons une partie de nos chocolats auprès de la Baleine à Cabosse, en retour, ils vendent nos rochers praliné et nos pâtes à tartiner ». Ces passerelles entre artisans ont pour effet de « mieux nous faire connaître et d’augmenter le volume de nos clientèles respectives », conclut la vendeuse de la boutique.

Beaucoup ont pensé que les fêtes de Pâques 2020, frappées par le confinement et un pays à l’arrêt, avaient été catastrophiques pour les chocolatiers. Si les industriels ont beaucoup souffert, du fait de la mise en rayons de leurs chocolats beaucoup trop tard, chez les artisans, les Pâques 2020 ont été exceptionnellement bonnes et ces bons chiffres de vente se sont maintenus dans les mois qui ont suivi au point que l’activité a été, en 2020, bien supérieure à 2019. « Cette année, on reste sur la lancée de 2020, analyse Céline Corbier. Noël a été très bon et Pâques 2021 sera au niveau de l’an dernier voire supérieur ».

Au-delà de ces nouvelles encourageantes pour l’artisanat, l’équipe de la chocolaterie Françoise accueille avec enthousiasme une nouvelle clientèle, plus jeune, récemment installée dans le quartier. Fête des enfants, Pâques est aussi la fête du chocolat au lait qui représente 60% des moulages pour 40% en volume pour le noir. Les années passent et les modes avec, les cloches (de 10 à 15% des achats) et les poissons (moins de 10%) sont en perte de vitesse chez les consommateurs. Les moulages d’oeufs et de lapins, en revanche, trustent les ventes. Pâques et après ? « On vient de sortir les ‘Carrés Françoise’, ce sont des petits carrés plats de chocolat 100% marseillais que nous proposons dans un joli emballage pour accompagner le café », dit Marion jamais à court d’une bonne idée.

Françoise, 47, rue Pierre-Béranger, Marseille 12e arr.  ; 04 86 94 52 34.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.