Restaurants en Provence

L’Hemingway à la Londe-les-Maures, quand un repas se fait voyage

Hemingway ambianceLa cuisine d’Extrême Orient a gagné nos côtes et cet été les tables d’influence asiatique auront la cote. Dernier exemple en date, l’Hemingway, plage privée, restaurant et bar à La Londe-les-Maures qui fête sa 3e saison et renoue avec l’art d’accommoder les épices. Dans une ambiance tropicale que n’aurait pas reniée le fameux globe-trotter écrivain américain, l’Hemingway fait la part belle aux matières naturelles, bois, rotin ou teck dans un style indo-mauricien cher à Nicolas Colangelo, maître des lieux.
Le temps s’est arrêté, les sabliers se sont déversés sur la plage et ici plus qu’ailleurs, chaque journée ressemble à un dimanche. Le personnel, calme et détendu, parfois timide, s’occupe des tables avec application. La carte est orchestrée par François Blot, ex-Bouddha bar qui a couru le monde 16 années durant, de Saint-Petersbourg à Dubaï, de Paris à Budapest. Le cuisinier a accosté sur cette plage et semble n’en plus vouloir partir. Et c’est tant mieux car l’évasion est au coin de chaque intitulé : ceviche de poisson à la thaï-citron vert, oignon et poivrons rouges jus de yuzu et sauce soja, salade de papaye verte-carottes, poivrons rouge, menthe coriandre et cacahuète vinaigrette ananas, un filet de bar miso-yuzu quinoa aux agrumes, un bo bun boeuf-nems de poulet vermicelles de riz poivrons rouges et pois gourmands.

Hemingway dessertsIl en résulte un travail des épices et des cuissons très maîtrisé comme dans le curry rouge de gambas et riz basmati. Bols et assiettes sont conformes à la promesse, les compositions sont puissantes et avec du caractère à l’instar du filet de daurade-riz coriandre poêlée de légumes émulsion carotte-gingembre. Les saveurs sont appuyées, assumées mais rien n’emporte la bouche, la saveur et l’identité du gingembre, la sensualité d’un curry et le velouté des laits de coco font le reste…

Le soleil est au zénith, les îles d’or n’ont jamais aussi bien porté leur nom. Le riz au lait de coco cubes de mangue est parfait mais la saveur coco devrait être plus évidente. L’île flotte sur une crème anglaise épaisse et veloutée, quelques éclats de nougatine croustillent et contrastent avec le blanc en neige aérien. Alors faut-il y aller ? Oui car le confort du restaurant n’a d’égal que celui de la plage ; oui pour cette carte évasion qui respire le voyage et le dépaysement ; oui pour le remarquable travail de cuisine fusion qui, ici, mérite bien son nom.

L’Hemingway, plage de l’Argentière, 83250 La Londe-les-Maures ; infos au 06 32 50 02 57 (transats, 15 € la demi-journée et 22 € la journée ; supplément serviette 4 €). Restaurant, menu découverte 45 € ; carte 52 €.

Numa Muller chez Madame Jeanne Longtemps annoncée et attendue, l'arrivée de Numa Muller chez Madame Jeanne, le restaurant de la Maison Buon, rue Grignan (6e arr) est officielle. Le chef a pris possession de la cuisine et propose pêle-mêle une tête de thon de ligne, un loup-concombre compressé et abricot fermenté-lait ribot et chips de riz-seiche, un thon et abricot au sel-herbes et fleurs du littoral et huile de feuilles de figuier eau de concombre. A suivre, 86, rue Grignan, Marseille 1er ; infos au 04 86 26 54 16.

Elie Kalamouka n'est plus Son nom restera indéfectiblement attaché au Mas, restaurant de la rue Lulli (1er) qu'il avait cofondé avec Robert Lenoir. Elie Kalamouka s'est éteint vendredi à 87 ans non sans susciter une vive émotion chez tous ceux qui avaient pris l'habitude de dîner chez lui. Le Mas était l'une des rares tables ouvertes toute la nuit, attirant noctambules et artistes qui, en fin de spectacle, venaient s'y détendre. Il était paar ailleurs administrateur du festival Jazz des Cinq Continents. La crise sanitaire a été fatale au Mas qui a été placé en liquidation judiciaire. Ce décès tourne définitivement la page des années 1980 à Marseille...

Abonnez-vous à notre newsletter