Restaurants en Provence

L’Inclassable, un resto éphémère première classe

L’Inclassable a accueilli ses premiers clients lundi 17 juin. Un restaurant a donc posé ses tables et aménagé un comptoir au sein même de l’ancien Café parisien. Ce restaurant vivra quelques mois, jusqu’au 30 septembre, le temps d’un été MPG2019, année de la gastronomie en Provence ; il sera la vitrine de ce que le département des Bouches-du-Rhône peut proposer de meilleur. Produits locaux et saisonniers, cuisinier(e)s des Martigues, de Cassis, d’Aix ou de Marseille se sentiront ici chez eux, reçus par le duo Laëtitia Visse et Sébastien Richard en cuisine et qui assureront le continuum tout au long de ces prochaines semaines. Pour étancher notre soif… de curiosités vinicoles, c’est encore une femme qui s’y colle avec Sabrina Thuillier qui, en grande complice de Sébastien, fera chanter sa partition de vins bio et nature. Voilà pour le décor que le grapheur Nhobi, débordant de talent, a agrémenté d’une magnifique fresque de cochonailles en gloire.

Dans le droit fil de la cuisine nikkei qui fusionne les cuisines péruvienne et japonaise, le tiradito de saumon est une parfaite illustration de la subtilité du cru sur la puissance des assaisonnements. Un trait de citron, quelques oeufs de lompe, de l’aneth et des cébettes pour la note verte, des fraises délicatement sucrées pour contrebalancer l’assaisonnement, Laëtitia marche sur un fil sacrément tendu et donne le vertige. Parce qu’elle aime les cochonneries, la cuisinière donne à goûter un boudin presque confit, réveillé par une compote de pommes comme un chutney et des oignons façon pickles croquants tendres. Les oeufs mimosa parfumés au haddock achèvent de convaincre : de ses jeunes années dans la haute cuisine et les palaces, la jeune femme a gardé le meilleur. Elle cuisine avec son intelligence dans un milieu où la virilité se mesure -à tort- aux prouesses techniques.  L’épaule d’agneau confite et ses légumes de saison (remarquables courgettes jaunes et vertes encore charnues en dépit d’un vif passage à la plancha puis au four) est accompagnée d’une polenta au beurre et à l’ail inoubliable.

InclassableAlors faut-il y aller ? Définitivement oui pour ceux qui aiment les bistrots contemporains et l’art qu’ont certains cuisiniers de renouveler les classiques sans les dénaturer. Oui encore pour la mousse au chocolat qui a été salée mais qui aurait eu tout autant d’intérêt, voire plus, dans sa version traditionnelle. Oui pour le service délicieux, efficace et très patient. Oui finalement parce que ce restaurant est très mal nommé ; si d’aucuns le jugent Inclassable, vous, vous le classerez assurément dans le tiroir des bonnes tables.

L’Inclassable, 1, place Sadi-Carnot, Marseille 2e arr. Du 11 juin au 30 septembre 2019, du mardi au dimanche. Mardi, carte végétale ; mercredi, cochon ; jeudi, ravioli ; vendredi, poisson ; samedi, agneau et dimanche (parfois), le brunch. Environ 30 €.

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Aix-en-Provence

Jean-Luc Le Formal n’est plus. 2002-2022, le  plus breton des chefs provençaux a mis 20 ans dans la cité du Roy René pour gravir tous les échelons de la notoriété. Las, ce samedi 3 décembre, le cœur de Jean-Luc Le Formal a décidé de siffler la fin de la partie. Au Grand Pastis qui lui avait demandé s’il avait des regrets, Le Formal avait répondu : – Je n’en ai pas. Il faut assumer ce qui a été fait car on ne peut plus revenir dessus ». Fort de sa devise, « Profiter du moment présent à 100%, vivre et partager sa passion », Jean-Luc Le Formal a vecu pleinement pour la cuisine avec une douleur et une incompréhension : le mutisme du guide rouge à son encontre. Généreux dans le verbe et en actes, solidaire et confraternel, Le Formal tire définitivment le rideau sur son restaurant de la rue Espariat. En ces journées pénibles, chacun pensera à Yvonne sa compagne ; une cérémonie sera célébrée à Aix, jeudi 8 décembre.
Son interview au Grand Pastis.

Marseille-Cassis

EXCLUSIF. – C’est bien le chef des Roches Blanches, Alexandre Auger, qui succédera à Dominique Frérard au piano du restaurant les Trois Forts du Sofitel Marseille-Vieux-Port. Auger est arrivé à Cassis le 7 juin 2021 et devrait en partir tout début janvier 2023. Avant d’acter son départ, deux soirées seront organisées dans le 5 étoiles cassidain les 15 et 16 décembre. Le 15 décembre, Alexandre Auger et Randy Siles, chef costaricien, créateur du concept « Agro-Marino », serviront un dîner à 4 mains sur la thématique « Agro-Marino ». Le 16 décembre, le cuisinier Randy Siles s’associera cette fois au chef italien Gabriele Boffa, 2 étoiles au guide rouge, originaire du Piémont en Italie, pour un dîner à 4 mains. Valentin Fabry, chef pâtissier des Roches Blanches, quant à lui, proposera deux desserts uniques pour clore subtilement ces deux rendez-vous sur une belle note sucrée… Et dire au-revoir au chef Auger. Emule de Yannick Alléno avec qui il a travaillé au Meurice, Auger a aussi dirigé la brigade du Sofitel Faubourg, rue Boissy d’Anglas (Paris VIIIe), voisin de l’Elysée.

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L’Isle-sur-la-Sorgue

Œuf mayonnaise. Le concours du meilleur œuf mayo  du monde s’est tenu à Paris le 14 novembre dernier. Le vauclusien Jérémi Fontin est monté sur la deuxième marche du podium, porté par un œuf fermier bio de gros calibre, cuisson en 8 minutes, « dans de l’eau très salée pour garder un jaune orangé et onctueux » révèle le chef de l’Atelier du Jardin dans le quotidien La Provence. Le grand gagnant 2023 du concours créé par l’Association de sauvegarde de l’œuf mayonnaise (Asom) est la Grande Brasserie de Bastille, à Paris. Pour ceux qui le souhaitent, la recette œuf-mayo de Jérémi Fontin est proposée au restaurant à 8 € les quatre demi-œufs. L’Asom a été créée par feu le chroniqueur gastronomique et fondateur des Guides Lebey, Claude Lebey. Elle a été relancée en 2018 par quatre gastronomes avertis, soucieux de préserver et promouvoir ce monument de la cuisine bistrotière française.
• L’Atelier du Jardin, 34, avenue de l’Égalité,  84800, l’Isle-sur-la-Sorgue.

Marseille

Le lycée hôtelier de Marseille Bonneveine a soufflé ses 40 bougies le 29 novembre 2022. L’établissement de formation a annoncé qu’il sera renommé du nom de Jean-Paul Passédat, décédé le mercredi 10 août dernier, à l’âge de 88 ans. Ce 29 novembre, Gérald Passédat, est venu rappeler que son père avait compté à l’époque parmi les plus fervents soutiens de la création d’un lycée hôtelier à Marseille. Le président de la région Sud, Renaud Muselier, figurait parmi les invités.

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